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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 00:05


Tanja M


BAMAKO - La junte ayant pris le pouvoir au Niger lors d'un coup d'Etat "compte organiser des élections", a indiqué samedi à Bamako un de ses chefs, le colonel Djibrilla Hamidou Hima, qui s'est toutefois refusé à donner une date.

"Notre intention est d'assainir la situation politique, de réconcilier les Nigériens. Nous comptons organiser les élections, mais avant, il faut assainir la situation", a-t-il dit à quelques journalistes dont celui de l'AFP.

"Nous ne sommes pas des (Moussa) Dadis (Camara, chef de la junte guinéenne), nous sommes ATT", Amadou Toumani Touré, le président malien qui a pris le pouvoir en 1991 à la faveur d'un coup d'Etat, avant de le remettre aux civils en 1992 et d'être démocratiquement élu en 2002, a-t-il dit.

Le capitaine Dadis Camara avait pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat le 23 décembre 2008 et comptait ensuite se présenter à la prochaine élection présidentielle en Guinée, malgré ses promesses initiales de rendre le pouvoir aux civils.

Il a été blessé lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre et est actuellement en "convalescence" au Burkina Faso, la transition en Guinée étant dirigée par le général Sékouba Konaté.

(©AFP / 20 février 2010 18h23)

 


Coup d’Etat contre coup de force au Niger

(L'Express 19/02/2010)


Le putsch militaire perpétré jeudi à Niamey par des officiers de rang intermédiaire met un terme au règne controversé de Mamadou Tandja, président élu vaincu avant tout par l'ivresse du pouvoir.

Le Niger, pays sahélien de 15 millions d'âmes aux deux-tiers désertique, produit pour l'essentiel de l'uranium et des coups d'Etat militaire. Quatrième du genre depuis l'indépendance, après ceux de 1974, 1996 et 1999, le putsch survenu jeudi à Niamey obéit à un scénario d'un classicisme éprouvé: l'assaut donné par les mutins au palais présidentiel, les tirs à l'arme lourde, la musique militaire diffusée sur les ondes de la radio nationale - la Voix du Sahel - puis à la nuit tombée, le premier communiqué d'un "Conseil supérieur pour la restauration de la démocratie" (CSRD), lu d'un ton grave par un officier entouré de frères d'armes en treillis.

Porte-parole dudit CSRD, le colonel Goukoye Abdoulkarim annonce alors la suspension de la constitution et "de toutes les institutions qui en sont issues". Plus tard, on apprendra l'instauration d'un couvre-feu, la fermeture des frontières aériennes et terrestres et la dissolution du gouvernement, le tout assorti, autre figure de rhétorique traditionnelle, d'un "appel au calme".

Exhortation superflue. Bien sûr, les combats, brefs et meurtriers -une dizaine de soldats loyalistes tués - ont un temps tétanisé le centre ville. Reste que l'éviction du président Mamadou Tandja, promptement emmené dans la caserne de Tondibia, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, suscite plus de soulagement que d'inquiétude. "Au marché, quelques heures après le coup, raconte Maman Abou, directeur du journal Le Républicain, joint en début de soirée, j'ai vu les gens applaudir les militaires de passage, tandis que résonnaient les youyous des femmes. Tandja l'a bien cherché: il a creusé sa tombe politique."

Coup de force constitutionnel

Allusion à l'entêtement du chef de l'Etat déchu, grisé par le pouvoir et auteur l'an dernier d'un grossier coup de force constitutionnel. En théorie, ce septuagénaire natif de la région de Diffa (sud-est) aurait dû s'effacer le 22 décembre, au terme de son second quinquennat. Mais l'ancien officier, associé dès 1974 au renversement de Diori Hamani, premier président du Niger indépendant, par le général Seyni Kountché, tenait trop à son trône pour se soumettre à la loi, fut-elle fondamentale. Au prix d'un référendum boycotté par l'opposition, il s'octroie au coeur de l'été une prolongation de bail de trois ans, ainsi que le droit de briguer ensuite la magistrature suprême autant de fois qu'il lui plaira. La Cour constitutionnelle renâcle? Il la dissout. Le parlement le désavoue? Même motif, même punition. La Cedeao - Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest - suspend Niamey de ses instances? Le Néron sahélien s'en soucie comme d'une guigne.

Le timing du putsch n'a d'ailleurs rien de fortuit: il a été perpétré à la faveur d'un conseil des ministres censé avaliser le retrait du Niger du forum ouest-africain. Ultime péché d'orgueil de Tandja l'autiste. "Trop, c'est trop, commente Maman Abou. Les commandants et les capitaines, formés pour la plupart à l'étranger, acquis au respect de l'Etat de droit, redoutaient les effets néfastes de cet isolement hautain. Voilà des semaines que la rupture entre les jeunes officiers et la haute hiérarchie galonnée était patente. Au demeurant, les mutins ont agi avec la complicité active de la Garde présidentielle. Tout le monde s'attendait à ce que ça bouge." Sauf à l'évidence le principal intéressé qui, le 13 janvier, lors des voeux aux ambassadeurs, accusa ses hôtes d'avoir, pour des "motifs inavoués", transformé un "débat interne en crise profonde", avant de les sommer de se conformer à leurs "obligations protocolaires".

 Les images diffusées nuitamment par Télé-Sahel esquissent un casting éloquent. Ni le chef d'état-major général des armées, ni le chef d'état-major particulier de Tandja ne figurent sur la photo de famille. En revanche, on y repère le colonel Djibrila Hima Hamidou, alias Pelé, patron de la "Zone de défense no1", la plus importante du pays, mais aussi le chef d'escadron Salou Djibo, qui commande la Compagnie d'appui de Niamey, actrice-clé du putsch, ainsi que l'aide de camp du Premier ministre Ali Badjo Gamatié ou l'ex-bras droit de Daouda Wanké, chef de la junte qui exerça un temps le pouvoir au lendemain du coup d'Etat fatal en 1999 au général putschiste Ibrahim Baré Maïnassara...

Un autre facteur a sans nul doute hâté ce dénouement: le blocage total des laborieuses négociations engagées sous l'égide le l'ex-président nigérian Abdoulsalami Aboubacar, médiateur de la Cedeao et partisans d'un tandem qu'auraient formé, au sommet de l'exécutif, Tandja et un chef de gouvernement issu des rangs de l'opposition. Laquelle exigeait en vain le retour à l'ordre constitutionnel antérieur au pronunciamento d'août 2009.

Et maintenant, chef, on fait quoi ? Le CSRD promet comme il se doit d'instaurer au Niger "un exemple de démocratie et de bonne gouvernance". Il est tentant d'ironiser sur ce genre de serment rituel, énoncé en son temps à Conakry par le fantasque capitaine Moussa Dadis Camara, clown tragique et figure de proue, aujourd'hui détrônée, d'une soldatesque criminelle. Pour autant, une dérive à la guinéenne n'a rien de fatal. "A ce stade, je suis plutôt confiant, avoue le directeur du Républicain. D'autant qu'on allait tout droit à la guerre civile. Pour que notre démocratie fonctionne, les élections ne suffisent pas. Il faut que nos leaders politiques, enclins à se comporter en chefs de village dès qu'ils accèdent aux commandes, s'affranchissent de cette culture de l'impunité, répondent de leurs actes et fassent enfin preuve de sens du bien public."

Pour les putschistes et - on peut rêver - les civils élus qui prendront le relais, le chantier s'annonce pour le moins ardu. Assis sur un pactole uranifère colossal, le Niger végète au dernier rang - 182e sur 182, encore bravo - du classement de l'"indice de développement humain" établi par les Nations unies. Tandis qu'en ce début d'année, le spectre de la pénurie alimentaire, fléau récurrent, menace 2,7 millions de démunis, soit près de 20% de la population.

La France, dans tout ça? Exaspérée par l'intransigeance de Tandja, elle cache sa joie sous les communiqués convenus du Quai d'Orsay et croise les doigts. Tout en priant pour un retour rapide à la stabilité. Il serait fâcheux qu'une parenthèse chaotique perturbe l'exploitation du fabuleux gisement d'Imouraren, situé en terre touarègue et arraché au prix fort par Areva, no1 mondial du nucléaire civil et fleuron de l'industrie bleu-blanc-rouge.


Par Vincent Hugeux, publié le 19/02/2010

© Copyright L'Express

Les analystes pensaient qu’il contrôlait son appareil militaire

liberte-algerie.com L’armée fait payer à Tandja ses dérives autoritaires par Djamel Bouatta

Dimanche 21 Février 2010

Ancien colonel, Mamadou Tandja a perdu la main au Niger, pays où il a régné sans partage durant dix ans. Rondement mené par des officiers militaires, un coup d’État a mis hors-course le président de ce pays pauvre du Sahel, menacé aujourd’hui de famine.

Élu à la tête de ce pays frontalier de l’Algérie en 1999, après un coup d’État auquel il avait pris part activement, réélu cinq ans plus tard, ce militaire de carrière, ancien ambassadeur et plusieurs fois ministre, avait fini par n’en faire qu’à sa guise s’étant décrété, comme la plupart de ses pairs africains, “indispensable à la bonne marche” de son pays, un père providentiel ! Tandja qui a été jusqu’à rêver assurer son remplacement par son fils, à l’image de Moubarak du Caire, Wade de Dakar et Kadhafi de Tripoli.

 En 2007, l’ex-putschiste profite de la rébellion touareg dans le nord de son pays pour imposer la répression tous azimuts, balayant ses opposants, y compris dans son propre camp.
Soutenu par son voisin Kadhafi, qui a des prétentions sur le morceau frontalier du Niger assis sur du pétrole, par Pékin, qui ambitionne mettre la main sur l’uranium, accaparé par la France, qui a soutenu jusqu’au bout Tandja, fermant les yeux sur son autocratisme. Mamadou Tandja a, par ailleurs, fait habilement monter les enchères sur l’uranium, obligeant Areva, le numéro un du nucléaire français, à augmenter l’an dernier considérablement son prix d’achat. En 2009, alors qu’il avait engagé les procédures institutionnelles devant lui garantir un nouveau mandat à la fin de son second et théoriquement dernier mandat, Tandja octroie la concession de la mine géante d’Imouraren, dans le nord désertique du pays, à l’entreprise française. Histoire de s’attirer les bonnes grâces de Sarkozy, un tiers des centrales nucléaires françaises sont alimentées par du minerai extrait au Niger. Les Chinois se sont vus, pour leur part, délivrer quantité de permis d’exploration. Tandja, “intoxiqué”, disait-on à Niamey, par ses proches qui veulent profiter encore des largesses du pouvoir, perd alors toute retenue.
Après avoir étouffé les rebelles touareg, il décide de rester président coûte que coûte. Face à la levée de boucliers au sein de la classe politique nigérienne et d’une bonne partie de la population, il dissous l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle qui n’avaient pas voulu agréer le remaniement de la Constitution, avant d’organiser un référendum sur mesure l’été dernier. La communauté internationale condamne, mais laisse faire. Jusqu’ici, les analystes pensaient que Tandja tenait bien en mains tous les rouages de l’appareil militaire nigérien. Sa destitution a démontré le contraire.

Les auteurs de son renversement, des militaires, disent être intervenus contre lui pour avoir dissous le Parlement dans le but de prolonger son mandat présidentiel en 2009 et ne pas avoir respecté son peuple. Vu sous cette angle, rien de très surprenant, finalement. Le coup d’État était dans l’air à Niamey depuis quelques semaines. Evidemment qu’avec ce coup de force militaire, le continent le plus pauvre et le plus agité replonge, une fois de plus, dans cette Afrique odieuse des colonels et des généraux. Mais Mamadou Tandja l’aura provoqué à vouloir mourir au pouvoir, en faisant admettre que deux mandats ne suffisent pas et en se dotant d’une nouvelle Constitution sur mesure pour continuer à jouir des privilèges du pouvoir.
Ses malheurs ont commencé lorsqu'il a décidé de dissoudre le Parlement l’année dernière, après dix ans de pouvoir, pour imposer une prolongation de son mandat pour trois ans encore et violant ainsi la Constitution.

Si, pendant dix ans, il n’a pas transformé le Niger avec les revenus de l’uranium, bien que pauvre, le pays est le troisième producteur mondial d’uranium, comptait-il le faire en trois ans ? En effet, il avait promis de lâcher les rênes et ses détracteurs le suspectaient de préparer son propre fils à sa succession. Utopie. Illusion. Dérive totalitaire. Il reste que l’Afrique n’est pas sortie de la zone de turbulences. La faute à la mauvaise gouvernance.  



Niger : Mamadou Tandja  Le prix de l’entêtement

Par Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana Observateur Paalga

18 Février 2010

Hier 18 février 2010 en fin de matinée, des tirs sporadiques d'armes légères et lourdes ont été entendus aux alentours de la présidence de la République nigérienne. Simple mouvement d'humeur de la soldatesque ou tentative de coup d'Etat en bonne et due forme s'interrogeait-on. Un évènement qui survient d'ailleurs au lendemain du sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO tenu à Abuja et dont l'un des plats de résistance était justement la situation grippée depuis des mois au Niger à cause du coup d'Etat constitutionnel de Tandja.

Toujours hier, sur le coup de 17 heures GMT il semblerait que le putsch soit consommé, même si en la matière la situation reste volatile. En tout cas selon des bribes d'informations recueillies ici et là, tout serait parti d'une mutinerie de militaires qui auraient fait irruption hier à la présidence en plein conseil des ministres (un conseil des ministres extraordinaire qui, soit dit en passant, voulait entériner la sortie du Niger de la CEDEAO), lesquels ministres ont été regroupés sans maltraitance et amenés en un lieu inconnu par les mutins.

Quant au président Mamadou Tandja, il aurait été conduit en un lieu tenu secret. Il aurait échappé au "wankage". Les émissions de la Radio Sahel ont été interrompues et de la musique militaire était diffusée de façon continue. En fait, Tandja aurait été conduit au camp militaire des bérets verts de Tonbidia distant de 15 km de la capitale Niamey, comme nous précisera Mohamed Bazoum, un opposant à Tandja que nous avons pu joindre au téléphone.

Du reste, devant notre attitude dubitative sur la réussite du coup, ce dernier nous martèlera : « Ça y est, le coup a réussi », une option qu'il nous avait brandie en octobre 2009 dans une interview qu'il nous avait accordée. En tout cas le porte-parole du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), le colonel Goukoï Abdul Karim a affirmé "que l'armée a pris ses responsabilités". Autrement dit il assure désormais le pouvoir d'Etat et exit Tandja.

A vrai dire ce coup d'Etat est une demi- surprise car, il était pratiquement attendu par les opposants et redouté par Tandja lui-même. Ce n'est pas sans raison que ces derniers mois, en bon militaire, le colonel Tandja a pratiqué la méthode du camouflage au quel il a adjoint des cadeaux (villas et voitures) et espèces sonnantes et trébuchantes aux gradés de la grande muette au cas où elle aurait des velléités putschistes. Ce qui, à l'évidence, ne l'a pas sauvé pour longtemps...

Comme le dit un adage populaire, quand on trébuche et l'on tombe, il ne faut point regarder le lieu où on a chuté mais sur quoi on a buté. La situation que l'on vit actuellement au Niger est partie de la volonté de l'homme du Tazarché de négocier 3 ans pour terminer ses grands chantiers au grand dam des institutions de la Loi fondamentale, de la communauté internationale qui s'y sont mis toutes pour le décourager. Le colonel Tandja, engoncé dans son bazin et ses certitudes politiques, a passé outre et a poursuivi sa marche forcée en multipliant les actes de forfaiture :

congédiement des députés le 26 mai 2009 ;

dissolution de la Cour constitutionnelle ;

référendum le 4 août 2009 qui fait passer le Niger d'une Ve à une VIe République :

Législatives le 20 octobre qui accoucheront d'une assemblée nationale monocolore ;

autisme du même Tandja lors des négociations inter-nigériennes avec le facilitateur Aboubacar Abdul Salami.

Bref, l'ex-aide de camp du président Séni Kountché avait violé tout ce qui était violable et s'est donc installé de façon ostentatoire dans l'illégalité. Le coup d'Etat ou le contre-coup d'Etat d'hier, il faudrait d'ailleurs que les constitutionnalistes et les politologues nous trouvent un terme approprié à ce genre de situation, étant donné que Tandja avait perpétré un putsch constitutionnel, est le prix de l'entêtement d'un homme qui aurait pu sortir par la grande porte après ses 2 mandats ; mais hélas lui aussi, comme tant d'autres avant lui, a succombé aux vertiges du pouvoir qui est une drogue dure, selon les initiés en la matière.

Au moment où cet éditorial est mis sous presse, l'affaire semblait pliée du côté de Niamey, mais on ne saurait être tranché sur l'évolution des évènements au cours de la nuit. Ce coup d'Etat confine à une affaire de salubrité politique pour le Niger comme le professait le juriste et homme politique burkinabè Laurent Bado, qui trouve certains putschs salvateurs. Un coup d'Etat qui confirme le retour du pouvoir kaki en Afrique occidentale « à une épidémie de putschs », selon le mot d'Alpha Omar Konaré, notamment dans les pays qui portent les oripeaux de la démocratie mais dont les pratiques jurent avec ce mode de gouvernement.

Il s'agit aussi d'un avertissement à peu de frais à tous les chefs d'Etat qui veulent toujours africaniser la matrice constitutionnelle de leur pays pour donner davantage d'élasticité à leur mandat. Le meilleur rempart contre ce genre de surprise demeurant sans conteste la pratique de la vraie démocratie. Moralité : suivre les exemples de Rawlings, de Kérékou, de Konaré...

 

 

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