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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 02:54


Niger

 

NIAMEY - La junte militaire au Niger a donné les "garanties nécessaires" pour un retour à l'ordre constitutionnel et une nouvelle constitution sera élaborée, a déclaré dimanche à l'AFP Mohamed Ibn Chambas, président de la Commission de la Cédéao.

"Avec les membres de la junte nous avons discuté de comment faire pour que le pays retrouve dans les plus brefs délais une vie constitutionnelle normalisée", a indiqué le président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

"Ils nous ont donné les garanties nécessaires et tout ceci va se faire avec la participation de la société civile et des partis politiques (...) Il y a un dialogue qui va s'installer avec toutes les forces vives de la nation qui va aboutir à l'élaboration d'une nouvelle constitution et une période de transition", a poursuivi M. Chambas.

Il s'exprimait à l'issue d'une rencontre à Niamey avec les pustchistes qui ont pris le pouvoir jeudi.

M. Chambas est arrivé dans la capitale nigérienne dans la matinée avec Saïd Djinnit, représentant du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest, basé à Dakar, et Ramtane Lamamra, Commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine.

Durant l'entretien avec les militaires putschistes, cette délégation internationale a aussi "reçu des garanties sur le fait que les membres de l'ancien régime ainsi que l'ancien président sont bien traités et dans de bonnes conditions de vie", a indiqué M. Chambas.

MM. Chambas, Djinnit et Lamamra, qui avaient rencontré dans l'après-midi des représentants de la société civile, de partis politiques et des diplomates, devaient quitter le Niger en fin de journée.

(©AFP / 21 février 2010 18h52)



NIGER : Deux mauvaises actions en font-elles une bonne?

DAKAR, 20 février 2010 (IRIN) - Les partis d'opposition, le plus grand syndicat du Niger et les membres de la société civile ont annoncé, le 19 février, leur soutien à un conseil gouvernemental militaire qui a enlevé le président Mamadou Tandja la veille et suspendu une Constitution contestée.

Alors que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a condamné le coup d'État comme étant une « ascension au pouvoir » inconstitutionnelle et l'Union africaine a suspendu le Niger, Chris Fomunyoh, directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest et centrale de l'Institut Démocratique National, une organisation non gouvernementale (ONG) dont le siège se trouve aux États-Unis, a dit que M. Tandja avait gardé le pouvoir illégalement.

  « Je ne dirais jamais qu'un coup d'État est une bonne chose, mais M. Tandja a fait tellement de tort aux Nigériens que si ses torts peuvent être réparés, alors la démocratie peut avoir une chance d'avoir à nouveau gain de cause au Niger ».

Au cours de l'année passée, M. Tandja a dissous le Parlement et la Cours constitutionnelle, organisé un référendum contesté et boycotté en août dernier pour supprimer la limite du mandat présidentiel - ce qui lui aurait permis de rester au pouvoir au moins jusqu'en 2013 - et maintenu les élections législatives en octobre, ce qui a valu au pays d'être suspendu du bloc économique régional, la CEDEAO.

  Aide

L'Union européenne a alors interrompu le versement de plus de 600 millions de dollars annuels de soutien budgétaire et d'aide au développement. Les États-Unis ont gelé environ 50 millions de dollars de soutien non humanitaire.

« Ouf ! Le Niger est sauvé aujourd'hui [le 18 février] », a dit à IRIN Habibou El Hadj Manzo, agent d'élevage à Agadez, un village du désert au nord du pays. « Même s'il y a eu quelques morts, c'est [le coup d'État] pardonnable, puisque si rien n'est fait, c'est le peuple entier qui va mourir de faim et de soif ».

Plus de la moitié des 15 millions d'habitants n'ont plus que deux mois de réserves alimentaires pour patienter jusqu'à la récolte de 2010 - dans neuf mois, selon les Nations Unies.

Le coup d'État a potentiellement sauvé le pays de la violence, a dit à IRIN Oumarou Keïta, deuxième Rapporteur à la Commission nationale des droits de l'homme et des libertés fondamentales. « Ce coup d'Etat intervient dans un contexte de crispation et de tension politique. L'échec du dialogue politique inter-nigérien du fait du président Tandja exposait le Niger à une situation potentiellement conflictuelle. Aussi, l'option choisie par Tandja et ses proches d'isoler le pays de la communauté internationale est lourde de conséquences que les citoyens ».

Un agent du ministère de la Finance qui a préféré garder l'anonymat a dit à IRIN qu'il était soulagé par la prise du pouvoir. « Le président ne cessait de répéter que le pays disposait de ressources, mais les choses s'échauffaient avec la famine que personne n'ose mentionner. Les bailleurs de fonds nous abandonnaient. Nous étions inquiets que les choses arrivent à un point où nous ne recevrions plus de salaires ».

 « Le voleur volé »

Le coup d'État n'est peut-être pas justifié, mais il était inévitable, a dit à IRIN le sociologue nigérien Issouf Bayard depuis la capitale, Niamey. « Nous avons essayé d'utiliser nos institutions politiques pour le pousser à respecter la Constitution, mais M. Tandja les a dissoutes. Nous avons essayé le dialogue, mais il a abouti à une impasse. Les issues probables étaient un soulèvement populaire, des grèves qui auraient paralysé le pays ou un coup d'État militaire ».

Selon M. Bayard, le vote de changement de la Constitution du 4 août 2009 était un acte de vol. « M. Tandja prenait ce qui ne lui appartenait pas de façon légitime en volant ce vote. Nous étions ensuite confrontés à une situation nous obligeant à voler le voleur - même si en principe c'est mal de voler ».

 Régime militaire

Le plus grand syndicat du pays a appelé à un retour rapide à un gouvernement démocratique civil.
Le meneur du coup d'État, Djibrilla Hima Hamidou - qui avait pris part au coup d'État qui avait tué le président Ibrahim Maïnassara Baré en 1999 - a dit à IRIN que le conseil militaire voulait stabiliser le pays, trouver une façon de sortir de la crise constitutionnelle et protéger les Nigériens de tout préjudice supplémentaire.

L'agent du ministère de la Finance a dit à IRIN qu'il croyait que les militaires agissaient en toute bonne foi. « Nous ne voulons pas avoir sur les bras un M. Dadis [meneur du coup d'État guinéen] qui refuse de quitter le pouvoir, mais il est trop tôt pour avoir ce genre de craintes. Nous avons vécu dans une crise politique pendant les six derniers mois. Cela pourrait être notre porte de sortie ».

Les appels à quitter le pouvoir adressés au meneur du coup d'État de 2008 en Guinée, Moussa Dadis Camara, ont régulièrement augmenté et ont atteint leur paroxysme dans une tentative d'assassinat contre lui en décembre dernier.

À la question de savoir si les dirigeants militaires risquaient d'éloigner le pays encore plus loin de la constitutionnalité, l'analyste de la démocratie, a répondu M. Fomunyoh : « Il y a peu d'avantages pour eux. L'armée nigérienne a appris ses leçons de l'assassinat de l'autocrate Ibrahim Maïnassara Baré [en 1999] et du renversement de M. Tanjda, qui n'a pas pu démanteler la démocratie sans impunité ».

 

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