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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 23:09


Mme Denise Massi

     Mme Denise Neris Massi

                                                                   

 

Nous publions ci-dessous le cri d’un compatriote qui a requis l’anonymat. Profondément choqué par la brusque mort de Mme Denis Neris Massi trois mois à peine après celle atroce de son mari, ce compatriote a tenu à faire savoir son écoeurement par rapport à ce second meurtre à distance, Mme Massi étant décédée d’une hémorragie cérébrale évidemment liée à la crise d’angoisse aiguë dont elle a été victime depuis la disparition non élucidée de son mari. Le meurtrier est connu et s’appelle François Bozizé, actuel président de la République centrafricaine qui clame ouvertement sa volonté de « dépecer » tous ceux qui s'opposent ou s’opposeront à lui.

La rédaction de C.A.P

 

 

 

  
C’est la mort d’une femme centrafricaine que je ne connais pas particulièrement qui me fait sortir aujourd’hui de mes gonds. La mort de cette femme, quatre mois à peine après  la disparition de son mari dans des conditions non élucidées, interpelle tous les Centrafricains, toutes les consciences car elle rappelle le règne de Bokassa de triste mémoire.  Elle est morte sous le règne de l’ancien aide de camp de Bokassa. Cette femme s’appelle de Mme Massi née Denise NERIS.

  

Pour commencer, il faut être clair : je ne soutiens ni n’adhère aux différents mouvements et partis politiques de Monsieur Massi qui me paraît être un homme politique à convictions variables. Mais je reste viscéralement centrafricain  et c’est à ce titre que je m’élève contre les assassinats comme modes de gestion des contradictions de la société centrafricaine. Quelqu’un peut-il m’expliquer au nom de quoi, de qui, cette compatriote qui s’est rendue à Bangui, dans son propre pays, a-t-elle été expulsée vers la France ? Et pourquoi cette même France qui nous gave de discours sur les droits de l’homme n’a-t-elle pas rendu la monnaie de sa pièce aux autorités centrafricaines ? En faisant ce simple geste de réciprocité, la France aurait mis ces dites autorités devant leurs responsabilités et peut-être sauvé cette pauvre femme. Au lieu de quoi, nous avons une mort supplémentaire qui révèle les ambigüités des relations françaises. La France a des intérêts énormes en Centrafrique en ce qui concerne son parc nucléaire. Ces intérêts qui dorment dans le sol ou le sous-sol centrafricain appartiennent d’abord et avant tout aux Centrafricains. En aucun cas ils ne peuvent être la propriété d’un clan. Miser sur un groupe, armé fût-il, pour pérenniser ses intérêts pour la France serait une politique à très courte vue. Ce qu’un gouvernement a fait, un autre gouvernement peut défaire. Le peuple centrafricain qui a trop souffert, qui a longtemps été brimé, a déjà développé sa mystique de la révolte. Il l’a montrée quand le despotique régime de Bokassa a dépassé les limites en 1979.

 

La mort de Mme Massi donc, symbolise le sort du peuple centrafricain : c’est une femme qui ne cherchait qu’à retrouver son mari ou à connaître les circonstances de sa mort ; toutes choses normales pour n’importe quelle femme dans le monde sauf en Centrafrique. A l’instar de Mme Massi, le peuple veut la paix, la sécurité, la tranquillité sur le sol de ses ancêtres. Il ne faut pas lui envoyer une soldatesque sans foi ni loi, qui ferait mieux d’aller combattre la LRA à Obo, Zémio, Rafaï aujourd’hui et peut-être demain à Bangassou, Mobaye et Bambari …Le sang centrafricain a assez coulé. Basta !

 

                                                                                     Kadé

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion