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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:20

 

 

 

carte-RCA-zonessecurit2010

 

 

Depuis le 10 Décembre dernier la RCA est encore secouée par une crise militaire conduite par la coalition SELEKA.

En moins de deux semaines les principales villes du Nord et du Centre ont été occupées, n’eurent été les différentes actions et interventions de la communauté internationale, les rebelles auraient marché sur la capitale Bangui avec toutes les graves conséquences que cela comporte.

Ce mémo fera  un bref historique des crises militaro-politiques qui secouent la RCA  depuis bientôt deux décennies ; ensuite s’appesantira sur les attentes de la société civile centrafricaine et enfin formulera des recommandations.

 

Bref historique des crises militaro-politiques


La RCA, à l’instar de nombreux pays africains francophones, a renoué avec le système multipartite dans les années 90 et a été un bel exemple d’élections démocratiques quand en 1993, le candidat de l’opposition en l’occurrence Mr Ange Patassé allait gagner les élections face au Président Kolingba qui était à la tête du pays à l’époque.

Malheureusement très vite cette belle expérience allait être mise à mal par une série de mutineries démarrée en 1997 accentuée par le coup d’Etat manqué du 28 Mai 2001  initié par le même Kolingba, alors que le Président venait d’être réélu en 1999.

Il convient de noter que même élu démocratiquement, le Président Patassé du moins son régime a brillé par une gestion presque anachronique caractérisée par le népotisme, le clientélisme, l’affairisme bref une mal gouvernance ayant conduit à une situation socio-économique des plus désastreuses avec pour conséquence de longs mois d’arriérés de salaires, pensions et bourses, chutes des productions agricoles et d’élevage, baisse drastique du pouvoir d’achat.

La grogne sociale et le mécontentement général firent le lit de la rébellion conduite par le Général Bozizé qui eut raison du régime par le coup d’Etat du 15 Mars 2003

Baptisé « sursaut patriotique », celui-ci a eu l’adhésion de toute la classe politique qui avait fini par légitimer un régime issu des armes et non des urnes.

Le couronnement de ce consensus national fut le Dialogue National qui a regroupé une bonne partie des forces vives.

En 2005 Bozizé se fait élire au deuxième tour d’une élection transparente et crédible, cependant non seulement les recommandations du Dialogue National avaient été reléguées aux oubliettes, mais encore la gestion de la chose publique devenait anachronique et très vite les mêmes causes produisant les mêmes effets la RCA devait être confrontée de nouveau à des crises politico-militaires.

A telle enseigne qu’un Dialogue Politique Inclusif eut lieu en 2008 avec la participation du Président Patassé et au cours duquel des recommandations pertinentes furent prises avec à la clé un comité de suivi de mise en œuvre de ces recommandations.

Malheureusement celles-ci comme les premières  ne furent que très partiellement exécutées.

Les élections présidentielles et législatives prévues en 2010, ne se tinrent qu’en 2011, après plusieurs atermoiements.

L’organisation a été si catastrophique que les résultats ont été contestés par tous les observateurs tant nationaux qu’internationaux, particulièrement les législatives.

L’opposition ayant boycotté celles-ci, le parlement est quasiment monocolore avec principalement le parti au pouvoir et quelques partis satellites. Il faut noter une forte présence de la famille présidentielle à ce niveau.

En 2012, la situation était si délétère que la Communauté Internationale particulièrement l’OIF s’était investie pour appeler à un nouveau dialogue entre les acteurs politiques. Même le Président du Tchad s’est aussi investi dans ce sens.

Malheureusement le pouvoir a joué à l’autruche et les conséquences ne sont pas faites attendre ; les armes ont pris le relais et la suite nous la vivons.

 

Les attentes de la Société Civile Centrafricaine

 

La société civile est d’abord surprise de ce que, en prônant le dialogue, on privilégie surtout les deux camps protagonistes armés, à savoir la rébellion et le gouvernement.

D’autant plus que l’essentiel des déclarations tournent autour de la constitution d’un Gouvernement d’Union Nationale, donnant l’impression que les problèmes graves  que la RCA connaît depuis deux décennies se résumeraient à un partage de gâteau.

En effet nonobstant plusieurs fora (Grand Débat National, Dialogue National, Dialogue Politique Inclusif……) ; la RCA est toujours en proie avec ce cycle infernal de violence qui revient tous les dix ans.

La société civile est convaincue que la solution aux problèmes centrafricains ne passe ni par les armes encore moins par d’incessants dialogues  sans lendemain.

Les maux qui gangrènent la RCA est connue aussi bien des centrafricains que des observateurs avisés.

La mal gouvernance est la principale plaie de ce pays.

 Le manque de volonté politique des différents acteurs constitue aussi un des problèmes du pays.

La misère et l’immoralité de la plus grande frange de la population sont des facteurs déterminants dans les différentes crises que connaît le pays ces deux dernières décennies.

De ce qui précède, la prochaine rencontre doit non seulement regrouper les différentes franges de la population mais aborder les problèmes de fonds qui sont soulevés ci-dessus.

 

 

Des recommandations


Participation de toutes les franges de la population : Majorité, opposition démocratique, opposition armée, confessions religieuses, société civile, partenaires sociaux ;

Revue des différents accords de paix avec leur actualisation et un nouveau chronogramme de mise en œuvre ainsi que la structure de suivi dotée d’une autonomie administrative et financière et jouissant d’une réelle indépendance, cette structure peut être présidée par une autorité étrangère ;

Mise en place d’un gouvernement de transition renfermant des compétences techniques issues des différentes parties qui mettra en œuvre le programme arrêté en commun ;

Mise en place de la structure de gestion des élections avec un chronogramme précis pour l’organisation des élections municipales, législatives et présidentielles ;

Mise en place d’un Conseil National de Transition en lieu et place de l’Assemblée Nationale qui  doit être dissoute ;

Mobilisation de ressources suffisantes pour la mise en œuvre des actions prévues dans le DSRP2 relatives à la lutte contre la pauvreté ;

Mobilisation des ressources et appui à la société civile centrafricaine pour des actions dans le cadre de la prévention et gestion des conflits et la moralisation de la population

Mise en place d’un groupe de sages médiateurs centrafricains susceptibles d’être les véritables acteurs à l’avenir dans le processus de la consolidation de la réconciliation et de la paix.

 

Personnalités susceptibles de faire partie du groupe des sages

MM. MAIDOU Henri : Ancien Premier Ministre

          GBEZERA BRIA Michel : Ancien Premier Ministre

         TCHENDO Vermont Joseph : Ancien Ministre d’Etat

          ODOUDOU Léon : Ancien Ministre

          BOUNANDELE KOUMBA : Ancien Ministre

          KOMBO YAYA :                  Ancien Ministre

        MOKAMANEDE Godefroy : Ancien Ministre

 

Mmes EPAYE Béatrice :   Député

             GOUMBA Anne Marie : Ancien Député

             SAMBA PANZA Cathérine : Ancienne Présidente du Comité de Suivi du DPI

              MOKODOPO Eliane :   Ancien Ministre

              SOKAMBI Pierrette : Médecin

 

 

 

                                            Godefroy W.MOKAMANEDE


Président du Comité de Pilotage PREGESCO-RCA

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