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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 17:09

 

 

 

 

 

Memorandum-FARE.JPG

 

 

MEMORANDUM SUR LES CIRCONSTANCES

DU DECES DU PRESIDENT ANGE FELIX PATASSE

 

 

A l’occasion du 1er anniversaire de la disparition de feu Ange Félix PATASSE, ancien Président de la République Centrafricaine, le FARE- 2011, se fait le devoir de répondre à travers les lignes suivantes aux propos insolites, surréalistes et méprisants du Général François Bozizé dans l’hebdomadaire Jeune Afrique   (n°  2610 du 16 au 22 Janvier 2012)  à l’égard de l’illustre et digne fils de la République Centrafricaine, décédé le 5 Avril 2011 à DOUALA, République du Cameroun dans des conditions inacceptables.

 

D’entrée de jeu, le FARE – 2011  affirme que le Général Bozizé a proféré des contre-vérités indignes des fonctions d’un Chef d’Etat. La mort du Président PATASSE lui restera collée à la peau et le suivra, tel l’œil de Caïn.

Les multiples fiches mensongères de « coup d’Etat » imputé à PATASSE, fabriquées pour la circonstance par les services ‘’spécialisés’’ de BOZIZE, photocopiées et distribuées aux différents Chefs d’Etat de la sous région et aux responsables des institutions internationales attestent et attesteront de la responsabilité personnelle de ce dernier dans la mort prématurée du Président PATASSE pour non assistance à personne en danger et refus délibéré de le laisser sortir du territoire pour aller se soigner dans des centres médicaux spécialisés.

 

En réponse aux falsifications de la réalité, le FARE – 2011 oppose des faits précis, graves et concordants, conformes à la vérité historique :

 

Déclaration de BOZIZE lors des obsèques Officielles du Président PATASSE

 

Le 21 mai 2011, le peuple centrafricain a suivi avec regret la triste justification sans fondement que le Général Bozizé a cru devoir livrer au sujet des causes réelles du décès prématuré du Président Patassé.

Comme à l’accoutumée, fuyant ses responsabilités multiples au sujet des dérives de son régime en matière de droits fondamentaux de l’homme pourtant garantis par la Constitution et les instruments juridiques internationaux dûment ratifiés par la RCA d’une part.

Devant l’immense émotion et le grand désarroi laissé par le Président Patassé du fait de sa mort prématurée d’autre part, le Général Bozizé a  cherché à se justifier en distillant dans son discours des mensonges éhontés et des accusations fallacieuses à l’encontre :

Ø  Des plus proches collaborateurs du Président Patassé,

Ø  Des leaders de l’opposition démocratique.

Il est vrai, le Président Patassé avait des soucis de santé et souffrait notamment de diabète. Cela est connu de tous les Centrafricains avant son accession à la magistrature suprême de l’Etat en 1993.

Depuis l’arrêt brutal du processus démocratique intervenu le 15 mars 2003 qui l’a contraint à  l’exil jusqu’à son retour fin octobre 2009 à Bangui, il était régulièrement suivi sur le plan médical et son état de santé était jugé satisfaisant.

Enfin, sous le régime de Bozizé, le Président Patassé contrairement à ses prédécesseurs, n’a pas pu bénéficier de son statut d’ancien Chef de l’Etat.

 Feu Président Patassé était très loin de penser que les divergences politiques en Centrafrique  sous le régime de Bozizé riment avec inimitié.

En effet, le retour d’Ange Félix Patassé a contribué à redonner de l’espoir aux centrafricains et à renforcer les rangs de l’opposition démocratique pour une alternance démocratique. Feu Président Patassé s’est résolument investi dans la recherche des voies et moyens pour apaiser le climat politique combien délétère à l’orée des élections prévues d’abord en 2010 puis reportées en 2011.

Pendant ce temps, l’état de santé du Président Patassé nécessitait un contrôle sanitaire approfondi dans un centre de soin approprié. L’Hôpital du Val de Grâce était retenu car cet hôpital disposait déjà d’un dossier médical pour avoir dans le passé traité le patient Patassé.

C’est ainsi que le Ministre de la Défense de la République Française, autorité de tutelle dudit hôpital a bien voulu donner suite à la correspondance du Président Patassé sollicitant son hospitalisation. Cette correspondance indiquait la procédure régulière prévue par les textes réglementaires pour toute personne étrangère ne résidant pas sur le territoire français et souhaitant être admise dans un centre de soin ou un hôpital en France.

Il s’agit de fournir un certificat médical transmis par valise diplomatique qui permettra aux services compétents dudit hôpital de prévoir une réservation qui prendrait en compte le type de traitement et la durée, les examens à pratiquer, mais aussi et surtout de déterminer le coût global de la prise en charge.

Cette procédure normale applicable à tous sans exception n’a pu être entreprise car assujettie à une condition essentielle : le versement d’un acompte équivalant à environ 30% du coût global de la prise en charge.

Toute proportion gardée, le Président Patassé s’est résolu à suspendre cette démarche pourtant salutaire pour sa santé eu égard à l’impossibilité pour lui de verser cet acompte.

Après les élections calamiteuses du 23 janvier 2011, la santé du Président Patassé s’est considérablement dégradée. Point n’est besoin de rappeler le climat malsain, exécrable instauré par Bozizé et son régime suite à ce hold-up électoral ayant profondément entamé le moral du Président Patassé

Malgré ce tableau sombre, le Président Patassé a opté pour l’usage des moyens légaux aux côtés des autres leaders de l’opposition démocratique pour la défense de la démocratie par la déclaration du 04 février 2011 et la signature de la plate-forme politique du 04 mars 2011 créant le Front pour l’Annulation et la Reprise ses Elections de 2011.

Admis d’urgence à la clinique CHOUAIB en date du 5 au 9 mars 2011, l’équipe médicale après avis motivé du médecin personnel du Président Patassé a conclu à la nécessité d’une évacuation sanitaire en urgence en date du 10 mars 2011.

L’humanisme compte beaucoup pour certains hommes d’Etat africains. C’est ainsi que le Président de l’Union Africaine, Président de la République sœur de la Guinée Equatoriale a répondu favorablement au cri de détresse du Président Patassé pour des soins appropriés dans son pays eu égard à l’état alarmant des infrastructures sanitaires de notre pays d’une part, et d’autre part, au refus délibéré des autorités centrafricaines de prendre les dispositions nécessaires pour son évacuation en France  à l’Hôpital du Val de Grâce.

A ce propos, contrairement aux allégations du Général Bozizé aucune initiative officielle  d’évacuation sanitaire du Président PATASSE n’a été prise par le Gouvernement Centrafricain.

La Très Haute Autorité équato-guinéenne a pris sur elle d’informer les autorités centrafricaines et surtout le ferme engagement de supporter l’intégralité des  dépenses relatives aux soins du Président PATASSE.

Autorisation d’évacuation sanitaire prise par le Ministre de la Santé Publique et de la Population

En tant que légaliste, le Président Patassé a instruit son Cabinet à prendre contact avec le gouvernement, de la décision administrative d’évacuation sanitaire. Une délégation du Cabinet accompagnée des deux filles du Président PATASSE est reçue en audience par le Ministre de la Santé le 17 mars 2011. La délégation a eu au cours de cette audience à fournir toutes les explications nécessaires:

  1. Sur les démarches au niveau du Val de Grâce, lesquelles démarches sont suspendues en 2010 puis reprises en 2011 mais qui pour les raisons déjà évoquées, et eu égard à la dégradation de la santé du Président Patassé, étaient inopportunes.
  2. De la nouvelle possibilité concrète d’un accueil rapide au niveau de la Guinée Equatoriale.

Le Ministre de la Santé a indiqué à son tour que rien ne s’opposait à la sortie du territoire du Président Patassé, ajoutant à la même occasion aussi que le Président de la République était parfaitement informé de la situation.

Le lundi 21 mars 2011 après avis motivé du médecin personnel du Président Patassé  et de la Commission  Nationale des Evacuations Sanitaires, le Ministre de la Santé Publique, de la Population et de la Lutte Contre le Sida a autorisé officiellement l’évacuation sanitaire du Président Patassé par  Décision n°107/MSPPLCS/DIRCAB/DGSEH/DDIS/SESE.

Fort de cet acte d’évacuation du Ministre de la Santé, Son Excellence Monsieur Eduardo NDONG ELO NZANG, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Guinée Equatoriale a saisi Francis Bozizé   Ministre délégué à la Défense Nationale en vue de la délivrance de la décision d’autorisation de survol du territoire centrafricain de l’avion médicalisé en provenance de la Guinée Equatoriale.

Cette personnalité étrangère de haut rang est restée  pendant plusieurs heures devant le bureau de Francis Bozizé, sans être reçu. Et c’est avec peine et incompréhension que ce diplomate s’est résolu à quitter les lieux et à adresser ses regrets au Président Patassé.

L’on pouvait peut-être penser que Bozizé avait été  victime des actes inhumains de son entourage et lui trouver des excuses. Mais les agissements non équivoques, directs, personnels et indéniables de celui-ci sont révélateurs de sa responsabilité personnelle.

 Rien n’a été fait pour une procédure d’urgence de mise à disposition d’une caisse d’avance dont le montant est généralement fixé par les procédures budgétaires; La mise en œuvre d’une telle procédure aurait eu l’avantage d’attester une supposée bonne foi du Président Bozizé. Or il n’en a rien été.

C’est à la surprise générale que le Président Bozizé a refusé d’autoriser l’avion médicalisé, affrété par le Chef de l’Etat équato-guinéen de survoler la RCA et d’atterrir à Bangui pour évacuer le Président Patassé en Guinée Equatoriale.

Vu la dégradation rapide et inquiétante de sa santé, le Président Patassé avait décidé d’effectuer le voyage à ses propres frais par un vol régulier de la compagnie aérienne KENYAN AIRWAYS qui devait décoller de l’Aéroport International  Bangui M’poko le mercredi 30 mars 2011 à 09h35. La décision de voyager par un vol régulier fait suite au message de l’Ancien Président burundais Pierre BUYOYA, Envoyé Spécial de l’OIF venu à Bangui le 26 mars  selon lequel, « le Président Bozizé ne s’oppose plus à compter du 28 mars 2011 à l’évacuation sanitaire du Président Patassé et par voie de conséquence de l’ensemble des leaders politiques quant à leur sortie du territoire national. »

Interdiction de sortie faite au Président PATASSE et ses conséquences

Une deuxième fois le 29 mars à 10h30, date anniversaire du décès du Président Fondateur Barthélemy BOGANDA, le Président BUYOYA a reconfirmé cet engagement de Bozizé au cours d’une audience en présence de tous les leaders de l’opposition et du Président Patassé. C’est ainsi que le mercredi 30 mars 2011, le Président Patassé ayant cru à la bonne foi et  à la parole d’un officier général et de surcroît Chef d’Etat, s’est rendu à l’aéroport afin d’effectuer ce déplacement. Le commissaire de l’aéroport et la garde présidentielle affichant un mépris inqualifiable, ont empêché le Président Patassé de voyager. Des renseignements pris, ce Commissaire communique directement avec le Général Bozizé. C’est avec les larmes  aux yeux que les leaders de l’opposition rassemblés au sein du FARE-2011, les collaborateurs du Président Patassé, la population de Bangui venue accompagner le patient, ont assisté la mort dans l’âme à cet évènement exceptionnel que Bozizé et son équipe sont capables de faire subir à un homme  d’Etat malade, fatigué. Pourtant Jules Bernard OUANDET et Faustin Archange TOUADERA avaient rassuré au téléphone que rien ne s’opposait au déplacement du Président Patassé. Ce 2ème refus incompréhensible mettant à nu la cruauté de Bozizé a suscité une très vive émotion dans l’opinion nationale et internationale et par la même occasion une condamnation très ferme.

L’on comprendra aisément les propos de l’extravagant Porte-parole du Gouvernement Monsieur Fidèle NGOUANDJIKA, dans l’émission PATARA qui affirmait que le Président Patassé « faisait des simulacres » et « qu’il n’était pas malade ».

Poussant le cynisme à son paroxysme, le Général Bozizé va déclarer et présenter à une délégation de l’Union Africaine  en mission d’observation électorale du 2ème tour des législatives, un faux document faisant mention d’un projet de coup d’Etat que ferait le Président PATASSE une fois à l’extérieur du pays.

C’est à la faveur d’une double audience accordée à une délégation du FARE-2011 que cette  information est donnée par le Chef de la délégation, Coordonateur de la mission d’observation de l’Union Africaine le 31 mars 2011 au Siège même de ladite Institution à Bangui.

La fille-aînée du Président Patassé qui vit au Canada et descendue à Bangui en urgence pour la cause et ayant été témoin de l’humiliation dont a été victime son père a introduit une demande d’audience auprès du Président Bozizé en date du 31 mars 2011. De même, la famille NGAKOUTOU PATASSE lui a emboîté le pas le vendredi 1er Avril 2011.

 Levée tardive de la mesure d’interdiction de sortie

Suite à un coup de téléphone à Monsieur Michel GBEZERA BRIA le Ministre Chargé des Affaires Présidentielles, par le Cabinet du Président Patassé, une audience a eu lieu cette même matinée en présence des enfants Patassé. L’objet de cette audience concerne l’évacuation sanitaire du Président Patassé.

Aux environs de 15 heures, le Cabinet du Président Patassé est informé de la levée de la mesure d’interdiction de sortie de territoire du Président PATASSE.

Le Président Patassé a pu prendre l’avion le 2 avril 2011 en direction de Malabo via Douala au Cameroun par vol régulier.

De Douala, alors que le Président Patassé s’attendait à une suite heureuse pour être enfin pris en charge, le Général Bozizé avec un cynisme dont il est coutumier, va brandir à son homologue équato-guinéen la menace d’un incident diplomatique entre la RCA et la Guinée Equatoriale au motif que le Président Patassé utiliserait son territoire pour déstabiliser le régime de Bangui.

En jouant sur cette démarche machiavélique, le Général Bozizé a encore fait retarder le Président Patassé qui se croyait sorti d’affaire. En apprenant cette malheureuse nouvelle de son frère équato-guinéen qui voulait par mesure de précaution, prendre 24 heures de réflexion et de contacts diplomatiques nécessaires à son accueil, le Président PATASSE va plonger dans un coma d’où son hospitalisation d’urgence à Douala où il décèdera le 5 avril 2011.

Telles sont les vraies circonstances qui ont été à l’origine de la mort du Président PATASSE.

C’est ici l’occasion de rendre un hommage mérité :

Aux autorités équato-guinéennes pour leur bonne volonté, et l’humanisme qui a guidé le Président OBIANG NGUEMA MBASOGO qui a tout mis en oeuvre  pour venir au secours de son frère malade et abandonné par les autorités de son propre pays dont il a pourtant présidé aux destinées pendant dix ans.

 Aux autorités camerounaises qui ont pris des dispositions nécessaires tant sur le plan médical, sécuritaire et financier pour l’admission du Président Patassé à l’Hôpital Général de Douala d’une part et  pour la prise en charge globale de sa délégation dans un hôtel de ladite ville, d’autre part.

Conclusion

Le FARE 2011 accuse le Général François BOZIZE de non assistance à personne en danger  pour avoir délibérément et par méchanceté, empêché un patient d’aller se faire soigner malgré une décision  ministérielle d’évacuation sanitaire.

Le FARE 2011 rend le Général François BOZIZE personnellement responsable de la mort prématurée du Président Ange Félix PATASSE.

 

                                                                       Bangui le 5 Avril 2012

 

     Le FARE - 2011                                  

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