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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 21:01

 

 

militaires et gendarmes retraités

 

COLLECTIF  DES RETRAITES MILITAIRES ET GENDARMES  DE CENTRAFRIQUE (CRMGC)- PROMOTION  2009-2010

 Tél. (236) 75 38 48 96

         (236) 75 88 67 70

          (236) 75 31 41 13

          (236) 70 98 62 81

E-mail : retraites0910@yahoo.fr

         collectifrmgc@yahoo.fr

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MEMOIRE EXPLICATIF DU PROBLEME DES DROITS LÉGAUX DES RETRAITÉS MILITAIRES ET GENDARMES BÉNÉFICIAIRES D’UN FINANCEMENT DE L’UNION EUROPÉENNE MAIS NON VERSÉ PAR LE MINISTRE DÉLÉGUÉ A LA DÉFENSE NATIONALE A QUI DE DROIT

 

***************************************

Le Collectif des Retraités Militaires et Gendarmes Centrafricains, Promotion 2009-2010

 

VU la Convention de Financement  N°2008/020646 signée le 26 Octobre 2008 entre le Gouvernement centrafricain représenté par le Ministre Délégué à la présidence de la République chargé de la Défense nationale M. Jean-Francis BOZIZE et l’Union Européenne représentée par  M. Jean-Claude ESMIEU, Chef de la Délégation de la Commission de l’Union Européenne en République Centrafricaine;

VU l’article N°9  de ladite Convention;

VU l’Annexe II de la Convention, relative aux Dispositions Techniques et Administratives notamment  les Points 2.1§4, 2.3.1§1 et 4.3.1§6 de l’Annexe II de la Convention;

VU le Motif Unique du financement à savoir : «…atténuer  les  effets sociaux de la restructuration  des  forces armées en  République Centrafricaine en contribuant à la mise à la retraite des militaires et gendarmes » « dans des conditions acceptables et équitables pour un retour à une vie normale» (cf. Points 2.1§4 et 2.2 de l’Annexe II de la Convention).

Le Collectif des Retraités Militaires et Gendarmes de Centrafrique Promotion 2009-2010 vient par le Mémoire Explicatif informer l’opinion nationale et internationale sur les conditions dans lesquelles les retraités militaires et gendarmes sont admis à la retraite et sur les raisons de leur grogne.

 

I – CONTEXTE ET JUSTIFICATION

 

a) Les textes régissant le fonctionnement de l’Armée centrafricaine prévoient une durée de dix huit (18) ans de service pour un soldat et des limites d’âge pour les sous-officiers  et officiers respectivement, au delà desquels les concernés doivent faire valoir leurs droits à la retraite. Cette périodicité n’a pas été respectée dans le contexte actuel dans la mesure où certains retraités de la promotion 2009-2010 n’ont pas épuisé leur durée légale de travail ou atteint les limites d’âge fixées, contrairement à d’autres qui ont dépassé ces limites mais qui sont encore en fonction. Les premiers deviennent ainsi victimes de la discrimination et de l’arbitraire, en violation de la Constitution et des textes en vigueur.

b) Avant de publier la liste des militaires et gendarmes retraités, le gouvernement centrafricain avait entretemps signé une Convention avec les bailleurs de fonds qui engagent ces derniers à accompagner financièrement leur retraite. Il s’agit de la Convention de Financement  N°2008/020646 du 26 Octobre 2008 destinée uniquement à NOUS, MILITAIRES ET GENDARMES ADMIS A FAIRE VALOIR LES DROITS A LA RETRAITE.

Ce financement est arrivé par le biais de l’Union  Européenne mais les bénéficiaires n’ont rien perçu à l’exception, dit-on, de quelques officiers généraux. Information à vérifier.

c) La Convention nous est tenue secrète pendant longtemps et c’est grâce à certaines indiscrétions de sources autorisées que nous avons eu la bonne information en lisant le texte de la Convention dont les termes sont clairs comme l’eau de roche.

d) Après constats avérés du manque de volonté du Ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense Nationale, ci-devant Maître d’œuvre du projet (cf. Point4.1.1§3 de l’Annexe II de la Convention), nous avons tenté plusieurs fois de rencontrer les autorités compétentes et notamment le Ministre délégué à la Défense nationale  avec comme seule intention d’avoir des explications sur les causes du retard dans l’exécution du Programme dont le financement est pourtant déjà acquis et la liquidé disponible, mais nous n’avons eu que silence, mépris et menaces de tout genre.

 

II - LES ACTIONS ET DEMARCHES ENTREPRISES PAR NOUS, AYANTS DROIT DE LA CONVENTION DE FINANCEMENT.

 

-Mercredi 03 mars 2010 : Organisation d’une Assemblée générale de tous les retraités militaires et gendarmes dans l’enceinte de l’Office conventionné centrafricain des anciens combattants (OCCAC) à Bangui pour faire le compte rendu de la rencontre avec le membre du gouvernement. Le lendemain, nous avons suivi à la Radio nationale au cours de l’émission hebdomadaire « Le Magazine des Armées » l’interview de l’Ambassadeur de l’Union Européenne en RCA qui avait clairement déclaré que les fonds sont déjà disponibles et le Ministère de la défense nationale doit prendre toutes les dispositions pour payer les ayants droit. C’est en écoutant cela que nous avons compris que nous avons été dupés depuis longtemps, que notre argent risque de ne pas nous profiter en tant que bénéficiaires.

-Mercredi 10 mars 2010 : Réunion exclusive des retraités militaires et gendarmes de la Promotion 2009-2010 désignés comme bénéficiaires du Programme, à l’OCCAC. Echanges d’information et délibération sur les conduites à tenir. Mise en place du Collectif des retraités et désignation des membres du bureau pour mener des démarches.

-Mercredi 17 mars 2010 : Assemblée générale du Collectif au Stade Municipal en Ville. Echanges d’informations qui confirment nos inquiétudes sur le sort de notre argent ;

-Mercredi 24 mars 2010 : L’Assemblée générale du Collectif prévue au Stade Municipal en Ville n’a pu avoir lieu parce que des éléments de la Garde présidentielle (GP) lourdement armés et de la gendarmerie ont très tôt investi les lieux, nous empêchant de tenir l’AG. Nous avons alors compris que notre argent est devenu un  problème et qu’il y a refus du Ministère de la Défense de nous permettre d’entreprendre des démarches responsables.

Face à cette situation qui n’est qu’une provocation délibérée et irresponsable, nous nous sommes abstenus de poser tout acte susceptible d’être très mal interprété. En tant que responsables et dénués de toute intention de violence ou de provocation, nous nous sommes communiqués de bouche à oreille en disant : puisqu’il en est ainsi, nous allons désormais nous rencontrer sur le terrain en face du Camp Beal où se trouve le siège de notre ministère pour attirer l’attention des autorités compétentes et surtout du ministre délégué à la Défense nationale sur notre situation et de les pousser au dialogue en vue de trouver une solution à notre problème. Mais malheureusement, nous avons toujours été incompris et traités comme des voyous et des petits enfants. On nous chasse et nous menace de mort, et nous nous replions souvent au niveau du Commissariat Central. Ceci pendant des mois. On ne nous répond que par le silence et des menaces. Nous avons donc compris que l’argent qui nous est destiné a pris une autre direction mais où ? Telle est la question. Mais nous avons toujours insisté

D’où la convocation de plusieurs Assemblées générales sur le terrain situé en face du Camp Béal, et l’organisation de plusieurs manifestations publiques pacifiques tout le long de l’année 2010, surtout en septembre, novembre et décembre, dans l’espoir de faire entendre notre voix par qui de droit. Mais à cause des élections, nous avons été les grands oubliés de la République.

 

-Lundi 28 Février 2011 : Les retraités militaires et gendarmes ont assiégé l’entrée du Camp Béal le matin vers 6 heures dans le but de susciter une rencontre avec le ministre pour tirer l’affaire au clair parce que nous ne comprenons pas pourquoi on refuse de nous recevoir pour nous parler du sort de notre argent. Mais nous avons été traités de tous les noms d’oiseaux.

-Mercredi 02 Mars 2011 : Rencontre des délégués du Collectif des retraités militaires et gendarmes avec le Ministre délégué à la Défense nationale. L’autorité a confirmé la réception des fonds de l’Union Européenne mais a déclaré avoir utilisé une partie des fonds pour, a-t’il dit, «régler un contentieux». Il a par ailleurs promis nous payer nos dus dès qu’il remettra l’argent pris à la place et ce, dans un bref délai. Cet acte avoué par son auteur n’est-il pas constitutif de détournement de fonds publics ? Et finalement, la réunion n’a pas été concluante après cet aveu du membre du gouvernement.

-Vendredi 04 Mars 2011 : Rencontre tripartite Ministre délégué à la Défense, Ambassadeur de l’Union Européenne et délégués du Collectif des retraités militaires et gendarmes. Pas de solution en vue.

-Mercredi 09 Mars 2011 à 08 heures précises : Rencontre des délégués du Collectif des retraités avec le Ministre Délégué à la Défense nationale en présence du général de division André Mazi, Chef d’Etat-major de l’Armée centrafricaine, du Colonel Jean-Chrysostome Sambia, Directeur Général de la Gendarmerie Centrafricaine, de l’Ambassadeur de l’Union Européenne à Bangui, Son Excellence Guy Samzun et du Médiateur de la République Mgr Paulin Pomodimo au cabinet du Ministre Délégué au Camp Béal. Le diplomate a réitéré que les fonds ont déjà mis à la disposition du ministère de la Défense. Le membre du gouvernement était manifestement confus ce jour et la réunion s’était terminée en queue de poisson.

-Lundi 21 Mars 2011 : Les retraités militaires et gendarmes ont assiégé le siège de la Délégation de l’Union Européenne au sujet de leur revendication. Le Chef de la Délégation s’est déplacé personnellement pour aller rencontrer et informer le ministre délégué à la Défense nationale de la situation et ce dernier l’a envoyé pour rassurer les manifestants qu’ils seront payés lorsque le nouveau gouvernement sera mis en place. Le nouveau gouvernement a été mis en place depuis le 22 avril 2011 mais les retraités ne sont toujours pas payés? Jusqu’où va  le mensonge? Jusqu’à quand cessera-t-on d’abuser de notre patience?

-Jeudi 12 Mai 2011 de 11 heures à 13 heures, le Ministre Directeur de cabinet à la Primature a reçu les délégués du Collectif des retraités militaires et gendarmes dans la salle de conférence de la primature. Les délégués ont exposé leurs problèmes et l’autorité a déclaré avoir pris bonne note et qu’il va en informer Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, chef du gouvernement.

-Mardi 24 Mai 2011 à 7 heures précises  nous avons envahi pacifiquement le siège de la Délégation de l’Union Européenne (UE) juste pour revendiquer notre droit. Le même jour aux environs de 18h 50, le Médiateur de la République nous a rejoints au siège de la Délégation de l’UE pour nous demander de quitter les lieux et que lui-même va se charger de « porter notre croix », a-t-il déclaré. Nous avons cru à sa parole en tant qu’homme de Dieu et nous avons quitté les lieux. Mais nous aurons compris après que nous avons été trompés par ce Médiateur.

-Mercredi 25 Mai 2011 à 11 heures précises, les délégués des retraités-maltraités ont été reçus par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, chef du gouvernement, en présence de ses proches collaborateurs. A la fin de la réunion à 14h 51, le chef du gouvernement a promis régulariser la situation dans une semaine. Mais cela fait déjà trois mois. Qui faut-il croire finalement dans ce pays?

-Mardi 7 Juin 2011 : Le Médiateur de la République nous reçoit et nous dit de repasser dans une semaine, le temps de rencontrer le chef de l’Etat pour lui parler de notre situation.

-Lundi 13 Juin 2011 : Le Médiateur de la République nous reçoit et nous demande de patienter dans une semaine.

-Vendredi 17 Juin : Au retour de sa rencontre avec Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, chef du gouvernement, le Médiateur de la République nous reçoit et nous annonce une nouvelle rencontre avec le chef de l’Etat dans les jours à venir.

-Mercredi 29 Juin 2011 : Le Directeur de cabinet du Premier ministre nous reçoit et nous demande de patienter un peu, car son patron est retenu pour une conférence de presse sur son projet de voyage aux Etats-Unis qui durera 48 heures. A notre sortie, nous avons croisé le Premier ministre qui était visiblement surpris de nous voir au point de nous poser la question suivante : Qu’est-est ce qu’il y a encore? Et pourtant, nous étions venus à la demande de son directeur de cabinet. C’est donc bizarre.

-Mardi 05 Juillet 2011 : Le Médiateur de la République nous demande de repasser le voir le vendredi 08 juillet 2011.

-Vendredi 08 Juillet 2011 : De retour du Maroc, le Médiateur de la République nous informe des contacts qu’il a pris avec le chef de l’Etat mais sans réponse.

-Mercredi 13 Juillet 2011 : Le Médiateur de la République reçoit les délégués des retraites militaires et gendarmes dans son bureau et leur explique les différentes démarches qu’il a effectuées par rapport à notre problème et leur a fixé un rendez-vous d’une semaine. On a donc tout compris. On ne faisait que « repasser » chaque semaine. Et aux rendez-vous de chaque semaine, on ne nous faisait que conjuguer le verbe REPASSER. A force de REPASSER, nous sommes devenus des grands REPASSEURS de la république. On nous prend pour des bêtes, des moins-que-rien, des « canards sauvages ». NON,  C’EST TROP ! ON NOUS A TROP MENTI ! QUE CELA CESSE.

-Mardi 02 Août 2011 : Suite à une lettre de l’Ambassadeur de l’Union Européenne par laquelle il félicitait le ministre Délégué à la Défense nationale d’avoir réalisé le programme de notre départ à la retraite avec succès, nous nous sommes posés la question de savoir comment ce diplomate peut parler de succès du projet dès l’instant où l’objet principal de ce projet qui est le paiement de nos arriérés de salaires et de la mesure d’accompagnement à la retraite n’est pas encore effectué, nous n’avons encore rien perçu.

Compte tenu des faux rendez-vous et faux espoirs donnés par le Médiateur de la République, nous sommes allés prendre ce dernier dans son bureau pour lui dire  de rencontrer l’ambassadeur de l’Union Européenne pour nous clarifier les choses, parce que nous ne comprenons pas qu’en dépit de toutes les preuves de notre bonne foi, ces autorités utilisent la presse pour faire croire que tout va bien. Aussi avons-nous décidé de mettre les deux personnalités ensemble au siège de la Délégation de l’Union Européenne que nous avons assiégé pacifiquement comme cela se fait dans toute démocratie.

Nous n’avons agressé personne ni empêché la circulation.

Affamés, nous avons quémandé de l’argent auprès des passants pour acheter une marmite, du café, du sucre et du pain pour partager ensemble de l’après-midi du 02 août jusqu’au lendemain matin, avec l’espoir qu’on allait nous payer nos droits.

            Mais grande et désagréable a été notre surprise de voir les gendarmes, les policiers et les éléments de la Garde présidentielle venir nous déloger par la force le mercredi 03 août aux environs de 16 heures. Nous avons quitté les lieux pacifiquement sans exercer une petite résistance.

Ceux d’entre nous détenteurs de motos ont vu leurs biens être confisqués et amenés à la brigade de la gendarmerie territoriale de Bangui.

             Sept (7) de nos frères d’armes qui étaient là et qui n’avaient pas fui parce que ne se reprochant rien ont été conduits manu militari à la gendarmerie. Il s’agit de :

1-Adjudant chef à la retraite ZEH Gaston

2- Adjudant chef à la retraite BOUKOUZOU Louis

3- Sergent chef à la retraite KOHOTE LINE Jean de Dieu

4- Sergent à la retraite MONGOU Jean Pierre

5- Caporal chef à la retraite  NDOLETTE Léon Blaise

6- Caporal chef à la retraite INGASSO GREKPAKO Dieudonné

7- Caporal à la retraite GUERE KOYA GASSOROMA Désiré

Ils ont été arrêtés pendant la manifestation pacifique et légale comme reconnue dans tout Etat de droit, dans l’après-midi du mercredi 03 août 2011 à côté du siège de la Délégation de l’Union Européenne à Bangui (environ 16 heures). Ils n’avaient pas troublé l’ordre public, ni empêché la circulation ni entravé le travail d’une quelconque institution.

Gardés à la brigade de gendarmerie territoriale de Bangui le même jour, ils ont été présentés au parquet dans la nuit du lundi 08 août 2011 à 19 heures, heure illégale, où ils ont été placés immédiatement sous mandat de dépôt et transférés la même nuit à la Maison d’arrêt de Ngaragba où ils se trouvent dans la cellule DDP réservée aux auteurs présumés ou avérés de Détournement de denier public (DDP).

Comment des gens qui réclament leurs droits légaux et qui n’exercent aucune fonction rémunérée peuvent-ils être détenus dans une cellule réservée à ceux qui auraient ou qui ont détourné de deniers publics? Est-on vraiment sérieux à notre égard? Qu’est-ce qu’ils ont détourné pour être placés à cet endroit ?

 

Procès et réquisitoire de la honte et de provocation

 

Lors du procès des prévenus qui a eu lieu le mercredi 24 août 2011, le procureur de la République M. Alain TOLMO  a demandé trois choses contre nos frères d’armes arbitrairement arrêtés à savoir :

-une peine d’emprisonnement de 10 ans ;

-le paiement d’une amende de 500.000F CFA (à qui on ne sait puisqu’il n’y a pas de plaignant ni de partie civile) ;

-la confiscation des motos qui sont les propriétés des prévenus.

C’EST TROP. LE PROCUREUR EST ALLE TROP LOIN AVEC NOUS.

Nous demandons au Juge M. Abazène Arnaud DJOUBAYE de ne pas suivre le Procureur pour trois raisons :

Il n’y a pas eu de plainte, ni de témoins contre les prévenus ni de preuves palpables que ce sont les sept (7) prévenus qui auraient commis les infractions. Et d’ailleurs, Me YAKOLA, Conseiller au Conseil National de la Médiation qui a témoigné en son nom propre sans prêter serment, a déclaré devant la barre qu’il n’avait pas vu les 7 prévenus au lieu de l’évènement. Le procureur s’est donc trompé de personnes et ne peut, par conséquent, poursuivre et demander qu’on juge des innocents. Ce serait une grande première dans l’histoire de la Justice centrafricaine et du droit.

Le Procureur aurait dû, en tant  que Représentant de la société, exiger la présence du principal auteur de l’affaire, à savoir le Ministre délégué à la Défense nationale pour vérifier auprès les informations capitales suivantes avant d’aviser: est-ce qu’il reconnaît avoir signé cette Convention ? Est-ce qu’il a reçu les fonds ? Si oui, à quelle date, comment et quel est le montant exact ? Est-ce qu’il a payé les ayants droit ? Si oui : Qui et à quel montant ? Comment : par virement bancaire ou en espèces? Quand ? Où ?

C’était ça la bonne procédure pour la pleine manifestation de la vérité. Car, la façon d’instruire cette affaire vise simplement à mettre le ministre délégué à la Défense hors de cause et hors de toutes poursuites judiciaires, ce qui n’est pas normal.

Que fait le procureur de la République et le Juge ABAZENE de l’aveu du ministre délégué à la Défense d’avoir utilisé une partie des fonds qui nous sont destinés pour « régler des contentieux » ?  Il s’agit de quel autre contentieux alors qu’il n’y a qu’un seul contentieux qui est NOTRE ARGENT QU’ON REFUSE DE NOUS PAYER?

Comment peut-on rester tranquille quelqu’un qui avoue avoir utilisé de l’argent public à d’autres fins ? N’est-ce pas là un acte de détournement ?

Si le procureur de la République est réellement le représentant de la société, ne sommes-nous pas, nous les 815 retraités, les membres de cette société? Pourquoi ne se préoccupe-t-il pas de notre peine et de nos souffrances, nous les retraités avec nos femmes et enfants?

            Nous croirons à la Justice dans ce pays que si le ministre Délégué à la Défense s’explique devant la Justice sur cette affaire. Il est là tranquille et fait emprisonner arbitrairement les journalistes qui en parlent (cas Faustin BAMBOU et Cyrus-Emmanuel SANDY) et les ayants droit qui ne demandent que leur argent.

            N’Y A-T-IL PLUS DE DROIT DANS CE PAYS? FAUT-IL ÊTRE REBELLE POUR ÊTRE RESPECTE DANS CE PAYS?

Nous demandons au tribunal de nous condamner tous, nous les 815 retraités maltraités, y compris ceux qui sont morts parce qu’on a refusé de leur payer leurs dus, nos femmes et nos enfants. Nous serons présents au délibéré du tribunal du 31 août pour cela, et nous allons nous constituer tous prisonniers s’il le faut pour faire plaisir aux ennemis de la justice et de la paix. Nous n’allons pas baisser les bras même s’il faudrait qu’on nous tue à cause de notre droit.

 

III- LES RAISONS DE NOTRE GROGNE

 

a) Raisons d’ordre social

Depuis notre admission précipitée à la retraite, notre condition de vie ne cesse de se détériorer. Nos familles n’ont plus la possibilité de mener une vie décente. Rares sont ceux parmi nous dont les enfants ont accès aux études et ce, parce que beaucoup ne disposent d’aucun moyen pouvant leur permettre de s’acquitter des frais de scolarité de leurs enfants. Cette situation a contraint autant parmi nous à offrir leurs services aux sociétés de sécurité privée ou aux particuliers pour une rémunération qui ne peut assurer la survie de leurs familles.

Il convient de rappeler que sur les  815 militaires et gendarmes retraités, 26 sont décédés pour des raisons précédemment évoquées, tandis que d’autres sont gravement malades et risquent eux aussi de mourir faute de moyens financiers pour se soigner.

Voici la liste de quelques retraités décédés sans percevoir leurs dus :

Coté militaire :

1-DOGBADE

2-GRENGBO Cissé

3-KETARE

4-KOMBA

5-NAMFEBONA

6-NGUERE

7-POKO-NGOUANDJIA

8-ZAKOU

Et autres

            Côté gendarmerie :

1-Sous-lieutenant à la retraite BELLY-KONAM Guy Léon

2-Maréchal de logis chef à la retraite SANA Samuel

3-Maréchal de logis chef à la retraite NGUINA Joseph

4-Maréchal de logis à la retraite GONDIA Hubert

5-Maréchal de logis à la retraite OUADEMBA Michel

6-Maréchal de logis à la retraite BANGBI Valentin

7-Maréchal de logis à la retraite MOKPEM André

8-1ère Classe à la retraite YIONDE Faustin

Et autres.

Pendant que les retraités militaires et gendarmes vivent au dessous du seuil de pauvreté, un groupe de personnes semble avoir du plaisir de les voir souffrir en les privant de leurs dus. Ce comportement  indigne et attentatoire à la vie et aux droits de l’homme justifie également notre grogne. QUE CESSE CETTE INJUSTICE, NOUS EN AVONS TROP SOUFFERT.

 

 b)- Les causes du mécontentement à l’égard du représentant de l’Union Européenne

Nous sommes indignés par l’attitude de l’ambassadeur de l’Union Européenne en Centrafrique qui s’est peut-être basé sur des faux papiers justificatifs reçus de la part du gouvernement et notamment du ministère de la Défense nationale, pour parler contre nous dans les médias, ce, en dépit des preuves suffisamment convaincantes que nous lui avions apportées sur la non perception des mesures financières d’accompagnement. Nous l’informons humblement qu’il a tort de se faire l’avocat de ceux qui ont utilisé notre argent à d’autres fins. Nous le mettons au défi de nous fournir les preuves des virements bancaires de notre mesure d’accompagnement puisqu’il était convenu que nous ne devons être payés que par virement bancaire. IL N’Y A PAS EU DE MOUVEMENTS DANS NOS COMPTES BANCAIRES DANS CE SENS. SI NON, QU’IL NOUS PROUVE LE CONTRAIRE. Et pourtant, lui-même lavait déclaré ors d’une rencontre avec tous les retraités militaires et gendarmes, qu’il était  conscient que l’argent n’a pas été versé aux ayants droit et qu’il aurait demandé au gouvernement d’engager par anticipation sur le financement habituel que lui accorde l’Union européenne en vue de résoudre ce problème. Pourquoi alors cette reculade? A-t’on simplement utilisé nos noms pour aider indirectement d’autres personnes? L’ambassadeur de l’Union Européenne doit faire des enquêtes et des confrontations avec nous avant de parler et ce sera à son honneur et celui de l’institution qu’il représente.

 

c)- Les causes du mécontentement à l’égard du Médiateur de la République

Après les échecs dans les multiples tentatives de négociations avec le Ministre délégué à la Défense nationale, nous avons demandé au Médiateur de contacter les deux parties en vue de trouver une solution satisfaisante afin d’éviter une tension sociale. Suite à des rencontres avec le ministre Délégué à la Défense nationale et le Premier Ministre ainsi que l’ambassadeur de l’Union Européenne, le Médiateur a fait une déclaration à la radio nationale selon laquelle le Président Bozizé a promis donner satisfaction à notre revendication. Force est malheureusement de constater que le Médiateur a refusé de recevoir les délégués des retraités qui se sont présentés à plusieurs reprises au siège du Conseil National de Médiation pour avoir des informations précises.

 

IV - DE LA NECESSITE ET DE L’URGENCE D’UNE MISE EN EXAMEN DU MINISTRE DELEGUE A LA DEFENSE NATIONALE

 

            Nous rappelons et insistons sur le fait que LE MINISTRE DELEGUE A LA DEFENSE NOUS A AVOUÉ AVOIR  UTILISE UNE PARTIE DES FONDS DE LA CONVENTION DE FINANCEMENT POUR «REGLER UN CONTENTIEUX», CE QUI EST CONSTITUTIF D’UN ACTE DE DETOURNEMENT.

SI LA JUSTICE EXISTE VRAIMENT DANS CE PAYS, CE MEMBRE DU GOUVERNEMENT DOIT ÊTRE TRADUIT EN JUSTICE POUR REPONDRE DE L’ACTE QU’IL A POSÉ ET RECONNU.

QUE FAIT LE COMITE DE LUTTE CONTRE LES DETOURNEMENTS ET LA FRAUDE DE LA PRIMATURE ?

LE PROCUREUR QUI EST LE REPRESENTANT DE LA SOCIETE NOUS POURSUIT MAIS EST-CE QUE NOUS NE FAISONS PAS PARTIE DE LA SOCIETE? IL DEVAIT PLUTÔT POURSUIVRE LE MINISTRE DELEGUE A LA DEFENSE QUI A UTILISE L’ARGENT DES RETRAITES A D’AUTRES FINS.

Mais au lieu de le poursuivre, on préfère arrêter pour rien les journalistes qui n’ont fait pourtant que leur travail de reportage de ce que nous disons et faisons (cas Faustin Bambou et Cyrus-Emmanuel Sandy dont nous saluons leur courage et leur quatre vérités devant la barre) ; on préfère nous faire endormir par des fausses promesses de paiement chaque semaine qui devient à la longue des mois (cas des fausses promesses de Mgr Paulin Pomodimo, Médiateur de la République qui nous dit chaque semaine : «J’ai rencontré le Président de la République qui a pris bonne note de votre revendication et qui en est conscient en tant que militaire, et il a promis régler le problème définitivement la semaine prochaine». Et la semaine d’après, c’est le même refrain sans acte concret, toujours le même refrain sans effet.

Nous en avons marre car nous souffrons, nous, nos femmes, nos enfants, nos parents à qui on ment à la Radio d’Etat « Yé so é lingbi ti inga » de Zama Javon Papa en disant qu’on nous a déjà payés, ce qui est totalement faux et énervant. C’est vraiment énervant. QUI A ETE PAYE ? QUAND EST-CE QU’ON A VIRE L’ARGENT DANS NOS COMPTES EN BANQUE ? QU’ON NOUS EN DONNE LES PREUVES EN LES PUBLIANT POUR L’INFORMATION DE NOS FAMILLES ET DE LA NATION.

Dans ce contexte de détournement dont les auteurs sont bien connus, comment peut-on nous refuser le droit de réclamer notre dû? Pourquoi nous réprimer violemment comme des délinquants de la rue? Pourquoi nous faire souffrir tant en refusant de nous payer notre argent, en nous menaçant de mort, en nous empêchant de nous réunir et/ou de manifester pacifiquement, en nous bombardant avec des grenades lacrymogènes, en nous arrêtant et en nous jetant en prison?

Toutes ces souffrances ne nous décourageront jamais. En tant que militaires disciplinés et conscients de leurs droits, nous allons continuer de parler et d’agir pacifiquement jusqu’à entrer en possession de notre argent. NOUS NE DEMANDONS QUE NOTRE ARGENT, UN POINT UN TRAIT. EN DEHORS DE ÇA NOUS NE DEMANDONS RIEN.

LE TRAVAIL DE MILITAIRE EST TRES DIFFICILE. SOUS LA PLUIE, LE SOLEIL, LES CREPITEMENTS DES ARMES DES REBELLES, DES COUPEURS DE ROUTE ET DES BRACONNIERS, NOUS AVONS DEFENDU LA PATRIE AU RISQUE DE NOTRE VIE ET  BEAUCOUP D’ENTRE NOUS SONT MORTS SUR LE CHAMP D’HONNEUR. CE N’EST PAS DE CETTE MANIERE QU’ON DOIT NOUS REMERCIER. NOUS NE MERITONS PAS CETTE INGRATITUDE DE LA PART DE NOS CHEFS HIERARCHIQUES ET SURTOUT DU GOUVERNEMENT.

NOUS DEMANDONS AU MINISTRE DELEGUE A LA DEFENSE NATIONALE DE NOUS PAYER L’ARGENT DE NOTRE SOUFFRANCE POUR QUE NOUS ET NOS FAMILLES SOYONS FIERS DE NOTRE PASSAGE SOUS LE DRAPEAU, CAR LE METIER D’ARMES EST UN METIER A RISQUE, UN METIER TRES DIFFICILE. LE CEHF DE L’ETAT, CHEF SUPRÊME DES ARMEES LE SAIT TRES BIEN EN TANT QU’ANCIEN DE L’ARLMEE.

 

V- REMARQUES EXPRESSES

 

-Eu égard aux récentes déclarations du Médiateur de le République à la suite des récentes manifestations des retraités militaires et gendarmes au siège de l’Union Européenne à Bangui selon laquelle  il n’y aura plus de mesures d’accompagnement pour les retraités puisqu’il est victime de séquestration de leur part, nous savons désormais de quel camp il se trouve. De ce fait, il n’est plus un médiateur neutre, impartial, juste et objectif pour assurer l’intermédiation entre nous retraités militaires et gendarmes et le gouvernement.

-Nous avons l’impression que les autorités du pays font semblant de ne pas comprendre le bien-fondé de nos revendications et cherchent à nous assimiler à des voyous ou à des manipulés, rien que pour éviter de payer la mesure d’accompagnement de notre retraite telle que prévue dans la Convention de financement. 

C’est pourquoi, après nous avoir délogés du siège de l’Union Européenne le mercredi 03 août 2011, des éléments des forces publiques ont été envoyés pour quadriller l’entrée et la sortie des axes des 7è, 6è, 1er et 2è arrondissements pour rechercher les armes dans les véhicules. L’objectif de cette opération était de trouver au moins une arme de guerre que le gouvernement brandirait comme preuve de notre intention d’atteindre la sûreté intérieure de l’Etat, ce qui devrait entraîner des arrestations massives des retraités militaires et  gendarmes y compris certains membres de leurs familles et relations qu’on accuserait de complices. Nous dénonçons cette mauvaise volonté du gouvernement qui vise à déplacer le débat sur un autre terrain.

Notre revendication est purement et simplement sociale et pacifique et nous, retraités militaires et gendarmes, n’avons aucune intention de faire usage de la force dont les conséquences seraient très désastreuses pour un pays comme  le nôtre où la paix reste encore très fragile.

Aussi, nous élevons de vives protestations contre toute manœuvre de la part du gouvernement visant à inquiéter notre sécurité et particulièrement celle de nos délégués en vue d’étouffer la malversation financière et nous réclamons dès ce jour la libération sans condition de nos collègues détenus à la maison carcérale de Ngaragba.

 A cet égard, nous appelons l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le comportement anti patriotique et inutilement provocateur du gouvernement centrafricain et celui des proches du président Bozizé en  particulier à notre égard.

 

VI- REVENDICATIONS FONDAMENTALES

 

Nos principales revendications de l’heure sont les suivantes:

 

1 - LA LIBERATION IMMEDIATE ET INCONDITIONNELLE DE NOS FRERES D’ARMES ARBITRAIREMENT DETENUS A LA MAISON D’ARRET DE NGARAGBA. Leur procès de la honte qui a eu lieu le mercredi 24 août 2011 est un non sens et un non évènement, parce que le principal concerné n’a curieusement pas été interpellé. CE PROCES NE VISE QU’A NOUS BAILLONNER, A NOUS INTIMIDER POUR QUE NOUS NE PARLIONS PAS DE CETTE AFFAIRE. MAIS LES GENS SE TROMPENT. NOUS ALLONS LUTTER EN TANT QUE CITOYENS RESPONSABLES POUR OBTENIR NOTRE ARGENT.

A cet effet, il nous est utile de rappeler qu’UN MILITAIRE DEMEURE UN MILITAIRE MÊME S’IL EST A LA RETRAITE. Refuser de nous payer nos droits, c’est vouloir notre mort. C’est ici le lieu de dire que SI ON NE VEUT PLUS DE NOUS DANS CE PAYS, ON N’A QU’A NOUS JETER TOUS EN PRISON. SINON, NOUS SOMMES PRÊTS A NOUS CONSTITUER VOLONTAIREMENT PRISONNIERS LE 31 AOÛT 2011.

 

2- LE VERSEMENT INTEGRAL DE NOS ARRIERES DE SALAIRES QUI VARIENT ENTRE  24 ET 31 MOIS ET LA MESURE D’ACCOMPAGNEMENT DONT LE MONTANT VARIE JUSQU’A 19.650.000F PAR PERSONNE EXCLUSIVEMENT SUR LES FONDS DE L’UNION EUROPEENNE, conformément aux Points 2.3.1§1 et 4.3.1§6 de l’Annexe II la Convention de Financement.

 

3- La cessation des poursuites judiciaires et des menaces de mort et toutes formes de menaces dont des « opérations hibou » (enlèvements nocturnes) programmées contre les retraités militaires et gendarmes et leurs familles.

 

4- La cessation de toute interprétation tendancieuse et notamment politique de nos revendications. En effet, NOUS NE RECLAMONS QUE NOS DROITS, RIEN QUE NOS DROITS SOCIAUX VITAUX. NOUS NE FAISONS PAS DE LA POLITIQUE ET NE SOMMES AUCUNEMENT MANIPULES PAR LES HOMMES POLITIQUES COMME CERTAINS VEULENT LE FAIRE CROIRE POUR NOUS FAIRE SOUFFRIR INUTILEMENT.

 

5- Un audit international et neutre de l’utilisation des fonds qui nous sont destinés.

            Par là, nous implorons l’Union Européenne, le PNUD, le BINUCA, les Ambassades de la France, des ETATS-UNIS d’AMERIQUE, de la BELGIQUE, de l’ALLEMAGNE, du SAINT SIEGE, de tous les pays épris de paix, de justice et reconnus pour leur attachement aux valeurs de bonne gouvernance, de justice et des droits de l’homme, de se mettre ensemble et de nous écouter, d’écouter les autres parties dans cette affaire, pour une vraie justice génératrice de paix et de concorde nationale. ON NE TRAITE PAS DES ANCIENS MILITAIRES DE CETTE MANIERE. C’EST VRAIMENT INHUMAIN ET INJUSTE.

            Nous nous mettons à leur disposition et à la disposition de toutes personnes de bonne volonté pour toutes informations qu’ils jugent utiles pour le règlement pacifique, juste et loyal de cette affaire, et nous les remercions d’avance pour leur bonne compréhension.

            Tel est le contenu du présent MEMOIRE EXPLICATIF que nous mettons à la disposition de tous pour témoigner de notre sincérité.

 

Fait à Bangui, le 29 Août 2011

 

Pour le Collectif des Retraités Militaires et

Gendarmes de Centrafrique- Promotion 2009-2010

 

Le Rapporteur Porte-Parole

 

 

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