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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 01:30

 

 

 

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Treize corps de mineurs mutilés retrouvés, des rumeurs de lien avec l'insurrection armée centrafricaine, une population qui se soulève contre le patron d'un safari, le tout sur fond de trafic de diamant. Récit d'une affaire où se mêlent argent, meurtre et pouvoir.

Onze personnes, parmi lesquelles des Européens, ont été placées en garde à vue dans les geôles centrafricaines, mercredi, lors d'une vaste opération mêlant armée et gendarmerie. Il s'agit du patron d'une société de safari, d'un trentenaire de nationalité suédoise et de dix de ses employés. Plusieurs Français font partie du staff de cette société, la Central african wildlife adventures (Cawa), mais nous n'avons pu vérifier s'ils faisaient partie des personnes interpellées.

Ces arrestations ont été menées par la gendarmerie centrafricaine à la suite de la découverte de 13 cadavres, dans l'Est du pays, dans la zone couverte par la société de safari. « Il est encore tôt d'affirmer que la société de safari Cawa est derrière cette découverte macabre », a déclaré à l'AFP une source proche de la gendarmerie, précisant cependant que « les 13 corps se trouvaient bien dans la zone du permis de chasse de Cawa. Aussi, certains témoignages recueillis mettent en cause directement cette société. »

Des rebelles présents sur le camp de chasse

Les cadavres sont ceux d'artisans qui officient dans des mines de diamant. Les corps ont été retrouvés ligotés, couverts de traces de coups de bâton et de couteau. Interrogé par France-Soir, le procureur de Bangui, qui dirige l'enquête, a refusé de s'exprimer. Pourtant, selon une source gouvernementale, l'histoire se serait déroulée « sur fond de présence de rebelles au gouvernement centrafricain, présents sur le camp de chasse. Ce Suédois aurait été impliqué avec ces rebelles dans une histoire de trafic d'armes ».

Selon le rédacteur en chef du journal local Le Citoyen, citant des sources dans la gendarmerie, le patron de la société de safari et ses hommes auraient été placés en garde à vue après avoir été pris pour cible par une frange de la population locale. « Quelques-uns l'ont accusé des meurtres, ont brûlé leurs voitures et les ont menacés », indique le journaliste Maka Gbossokotto.

Les diamants, le nerf de la guerre

La république centrafricaine dispose d'importantes richesse dans ses sous-sols. Mercure et uranium, mais aussi diamants. Les mines de diamants sont particulièrement nombreuses et les trafics à l'avenant. Marie-Agnès Ledard, une Française installée depuis longtemps en Centrafrique, responsable d'une société de safari, décrit le système de minage du diamant : « Seuls les autochtones ont le droit de chercher des diamants. Des milliers de "petits" chercheurs achètent le droit de fouiller, pour quelques milliers d'euros. Ils prennent attache avec le chef d'un village qui leur fournit une équipe de travailleurs qui vont creuser le sol jusqu'à quatre ou cinq mètres. À cette profondeur, il est assez facile de trouver des diamants. L'exploitant rémunère ensuite les artisans miniers avant de revendre les pierres au bureau d'achat d'Etat, à Bangui. De nombreux aventuriers européens contournent le système grâce à la corruption et "sortent" les diamants du pays pour les revendre à prix d'or en Europe », explique-t-elle, décrivant la chasse aux diamants comme le nerf de guerres intestines.

Rien ne permet pour l'heure d'indiquer le degré d'implication des Européens interpellés dans ce massacre. Le procureur de Bangui les a fait auditionner, sans que l'on sache le contenu de leurs déclarations. Pour autant, le tout est perpétré dans un contexte politique particulièrement tendu. Le nom du chef de guerre ougandais Joseph Kony, recherché par la Cour pénale internationale pour « crimes de guerre », a été évoqué par une source gouvernementale comme pouvant être celui qui fait régner la terreur dans le nord-est de la Centrafrique, où travaillaient les responsables de la société de safari impliquée.

Par Julien Balbon (France Soir) 26 avril 2012

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