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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 03:53

 

 

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Interview de Martin ZIGUELE dans le quotidien Le Confident n° 2479 du mardi 4 janvier 2011

Le Confident : A l’approche des élections du 23 janvier 2011, vous étiez absent du pays pour un temps assez long, alors que vous devriez être sur le terrain pour mettre vos militants en ordre de bataille. Où étiez-vous allé et à quoi a servi ce séjour à l’étranger ?

Martin ZIGUELE : Je vous remercie. Avant d’aller en France, j’étais d’abord à Brazzaville, dans le pays frère du Congo à la demande du Président Denis Sassou Nguesso. Suite aux nombreux problèmes qui avaient surgi autour de ma candidature et le problème aujourd’hui de l’informatisation des listes électorales, du découpage électoral, du départ du président de la CEI et plus globalement de la démarche consensuelle pour arriver à des élections équitables et transparentes, j’ai saisi un certain nombre de personnalités étrangères dont le Président Denis Sassou Nguesso en sa qualité de Président en exercice de la CEMAC. Suite à ma saisine, j’ai été invité à venir exposer les préoccupations qui étaient les miennes et qui étaient contenues dans mon courrier. C’est pour cela que je m’étais déplacé à Brazzaville. Par courtoisie pour le Président Denis Sassou Nguesso, je n’ai pas voulu faire état de cette question publiquement car quand un Chef d’Etat vous reçoit, vous ne sortez pas pour dire par le menu de quoi il s’agit. Mais je voudrais dire pour lever toute équivoque que le sujet central c’était d’inviter ce grand président d’un pays frère et ami, qui a connu le pouvoir à 36 ans, qui a connu le parti unique, le multipartisme, qui a perdu le pouvoir, qui a supporté et vécu une guerre civile, qui est revenu au pouvoir et qui a reconstruit son pays, lui qui connaît l’ombre et la lumière, de faire profiter notre pays de son expérience, pour ne pas que les extrêmes s’expriment dans notre pays. Il faut quelqu’un qui fasse en sorte que les Centrafricains puissent porter sereinement de ce processus électoral qui à mon avis est vital quant à l’avenir de la République centrafricaine.

Après Brazzaville ?

MZ : Après Brazzaville, je me suis rendu en France principalement pour des raisons de préparation des élections, puisque j’ai écrit un livre qui s’intitule : « MLPC, le parti de l’alternance en Centrafrique ». Dans ce document, j’ai repris le programme politique que je propose aux Centrafricains, parce qu’on reproche aux hommes politiques centrafricains de ne pas écrire. Et donc, j’ai écrit pour présenter le projet que j’ai pour le peuple centrafricain.

C’est un projet de société ?

MZ : C’est un projet de société assez exhaustif et détaillé. Pour dire qu’est-ce que je vois et pourquoi je sollicite le suffrage de mes compatriotes, parce qu’il faut expliquer pourquoi on veut être candidat aux élections présidentielles. Et puis une fois si le peuple vous accorde sa confiance, qu’est-ce que vous devez faire dans les cinq années à venir. Il me semble que nous devons par respect et par honnêteté pour notre peuple, de matérialiser ces promesses quitte à être jugé après par rapport aux promesses qui ont été faites. Donc je suis resté en France pendant trois semaines parce que tout simplement, la première version était autobiographique.

Nous l’avons passé au pilon. J’ai repris en moins de trois semaines à écrire un livre programme assez entier avec trois parties, ma biographie, ma profession de foi et le programme politique que je propose aux Centrafricains. C’est pour cela que je suis rentré à Bangui après trois semaines d’absence.

M. le Président, la première version qui était passée au pilon était-elle trop empreinte de narcissisme ?

MZ : Non, je pense qu’à chaque contexte une solution. Aujourd’hui, nous sommes en situation comme dirait Jean-Paul Sartre. Nous avons un pays qui se débat dans des problèmes depuis cinquante ans. Nous avons des acteurs politiques  qui font des propositions de sortie de crise au peuple centrafricain. Mais ces professions de foi ne sont pas matérialisées par écrit et de manière permanente. Il m’a semblé et il a semblé à mes camarades du parti que c’est plus important après une brève présentation de dire pourquoi je veux être candidat, donc ma profession de foi et surtout qu’est-ce que nous comptons faire si nous arrivons au pouvoir. L’ensemble de mes camarades du parti et des amis qui ont lu le document, m’ont dit que la priorité c’est le programme et non la présentation de l’individu, ce n’est pas un livre autobiographique.

Nous sommes en période électorale mais depuis votre retour, vous vous êtes enfermé dans un silence ?

MZ : Non, je n’ai pas gardé le silence et je ne sais pas pourquoi les compatriotes pensent que j’ai gardé un silence. Il m’a semblé qu’on me reprochait plutôt de trop parler et j’ai cru devoir en cette période pré-électorale, après toutes les batailles que nous avons menées sur le problème de candidature et d’autres, il m’a semblé normal que je laisse les compatriotes souffler parce que je vais revenir bientôt pour la campagne. Et donc, j’ai cru devoir m’atteler à la préparation intellectuelle de la campagne (parce que ça se prépare) et puis préparer les contacts politiques, pré-campagne avec mes députés, les notabilités locales etc…Tout cela m’a pris énormément du temps et comme malheureusement je ne pouvais pas suivre deux lièvre à la fois, je ne pouvais parler et travailler en même temps.

Deux ans aujourd’hui après le Dialogue Politique Inclusif, nous avons l’impression que dans la classe politique, on piétine ?

MZ : On ee piétine pas. C’est la mauvaise volonté du gouvernement qui fait que les promesses du dialogue politique se sont transformées en leurre. Le Dialogue Politique Inclusif a fait deux recommandations principales. La poursuite de la recherche de la paix par l’élargissement du champ de l’accord de Libreville du 21 juin 2008 aux mouvements de rébellion. L’inclusion de l’ensemble des mouvements de rébellion dans le processus du DDR pour qu’il y ait la paix dans le pays. Aujourd’hui, nous en sommes où ? Nous en sommes au point de départ. Deuxièmement, mettre en place un gouvernement de consensus pour organiser consensuellement les élections. Notre décision de nous retirer du processus est la sanction de l’échec de ce processus consensuel. Donc le DPI n’aura servi à rien.

 

Extrait d’interview de Martin ZIGUELE dans le quotidien l’AGORA n° 513 du 5 janvier 2011

 

L’AGORA : Monsieur Martin Ziguélé, si vous êtes élu Président de la République centrafricaine, dites-nous parmi les cinq noms de personnalités politiques que nous allons citer, celui qui vous inspire le plus et pourrait être pour vous un modèle à suivre : Nicéphore Soglo, Laurent Gbagbo, Toumani Touré, Denis Sassou Nguesso ou Nelson Mandela ?

MZ : Je voudrais d’abord vous remercier pour cette question et je m’en vais vous dire que l’agitation que j’observe dans le camp du pouvoir signifie que je suis en position de gagner les élections. Si non le Président de la République lui-même candidat, ne serait pas devenu le président de la CEI. Ce qui se passe signifie qu’il y a la panique dans le camp du pouvoir. Pour moi c’est un indicateur qui veut dire que je gagnerai les élections. Ensuite, il faudra que le suffrage des Centrafricains soit bien exprimé et soit respecté. Donc j’ai confiance quant à l’issue des élections.  

S’agissant des personnalités que vous citez, elles sont toutes comme des diamants qui ont plusieurs facettes qui brillent. Elles ont chacunes quelque chose de positif qu’elles ont mis à la disposition de leur pays et de l’Afrique. Alors très humblement je ne peux pas vous dire que je préfère tel ou tel rien que par respect pour elles. Ce sont des hommes qui se battent chaque jour dans des situations difficiles pour faire avancer leur pays.

Ce qui est plus important pour moi qui suis Centrafricain, dont le pays aujourd’hui est carrément au fond du trou et méconnaissable, aussi bien sur le plan sécuritaire qu’économique, de la cohésion sociale que sur le plan de la santé, ce qui m’importe pour moi Centrafricain aspirant à une fonction suprême dans mon pays, c’est de retenir humblement les leçons que peuvent m’inspirer les pratiques politiques de ces personnalités et de tenter de les adapter ou les transformer au profit  de mon peuple. J’ai du respect pour chacun d’eux et souhaite que la RCA n’ait pas l’occasion de regretter de n’avoir pas élu pour la diriger un Chef d’Etat qui ne partage pas ces préoccupations.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique