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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 12:17

 

 

 

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Dialogue par ci dialogue par là. Ces derniers temps, la presse dans son ensemble ne fait que relayer les cris d’orfraies de certains compatriotes réclamant a corps et  cri un dialogue dont la porte et la possibilité ont été entrouvertes par le président Tchadien Idriss Deby himself, mais très rapidement refermées par François  Bozizé.  Ce dernier certain de l’incapacité de ses adversaires à lui offrir un front commun  et surtout ayant une confiance aveugle en sa brutale et momentanée supériorité militaire continue de faire la sourde oreille. Soit.

Cependant  il existe un point sur lequel partisans et opposants au dialogue pouvoir-opposition ne pourront que s’accorder ; l’impératif unitaire. En effet, sans véritable regroupement, ou union sincère, l’issu du noble et juste combat politique contre l’ogre de Bangui semble être écrit d’avance dans du marbre. Or que nous enseignent les faits ?  Le dialogue réclamé par certains partis  de l’opposition a été superbement ignoré par d’autres  états-majors politiques, atténuant  ainsi d’un ton sa portée et affaiblissant du même coup  la stratégie (peu importe son véritable but) d’une partie de l’opposition,  faisant ainsi  le lit du Général. Cette situation de ni guerre ni paix entre certains leaders de l’opposition a donc favorisée (mais n’est pas la principale raison, il faut le dire) le désengagement, l’entêtement  et la virevolte  du pouvoir de Bangui.

A dire vrai, l’alternance en Centrafrique est fortement liée et repose sur  une troïka composée de MM. Martin Ziguelé, Nicolas Tiangaye et Gaston Nguerakata. Ces trois personnalités semblent réunir les éléments nécessaires  et indispensables (audience nationale et internationale,  carnets d’adresses) a même d’empêcher le général de dormir sur ses deux oreilles. Mais ne nous leurrons point, cette alternance politique tant souhaitée et qui devrait en toute logique apporter un début de solution aux maux qui gangrènent le pays ne pourra se réaliser que si et seulement si, ces trois personnalités décident de  former un « triumvirat », d’offrir un front commun  et de mettre en place un programme de gouvernance  partagée.

Or que constatons nous ? Une opposition  qui devient subitement fébrile, fratricide et aphone lorsqu’il s’agit de se regarder dans les yeux, de se parler, d’avoir un dialogue interne, franc et constructif.  A ce jour, il n’existe (nous ne disons pas fermé ou bloqué)  aucune preuve ou prémices de dialogue entre deux pièces extrêmement importantes de cette troïka ; Martin Ziguelé et Gaston Nguerekata (nul doute que l’axe Tiangaye-Nguerekata est inexistant  lui aussi)  Cette situation ne saurait perdurer. Il est à préciser que nous parlons ici de communication politique au plus haut niveau a même de déboucher sur une opposition s’exprimant d’une seule et unique voix.

Ceci dit, il est pourtant clair et évident que sans dialogue interne, sans  réorganisation, et sans une plateforme  commune, l’opposition n’ira nulle part. L’alternance à ce point ne serait qu’un vain mot  ressassé de manière  futile et protocolaire. Il ne nous suffit pas de dire que nous allons battre Bozizé en 2016, nous devons en montrer la volonté et le brulant désir par des actes politiques profonds et concrets. Un rapprochement Ziguelé-Nguerekata serait non seulement un acte politique profond et concret, il serait un signal fort lancé non seulement au pouvoir fouetteur  en place à  Bangui mais aussi un signe d’espoir à tous les Centrafricains. 

Ziguelé et Nguerekata sont tous deux des patriotes hautement intelligents et qualifiés, animés par le désir de voir  leur pays sortir de la situation dans laquelle elle patauge depuis des décennies maintenant. Nul doute qu’ils ont saisi la hauteur  et le caractère historique de la tâche qui s’étale devant eux pour ne pas laisser leur « Je » ou leur « Moi » entraver la victoire attendue par tout un peuple en 2016.  Ils se doivent  de faire les sacrifices utiles et les ajustements nécessaires afin de recadrer la lutte, remotiver les Centrafricains, les unir afin de  les emmener à la victoire. Cela est possible. Cela est faisable.

Le temps est donc venu pour tous nos leaders, en particulier ceux susmentionnés (et les plus jeunes aussi) de cesser la danse ridicule et macabre de l’ego. Le temps est venu de cesser de faire de « l’opposition épistolaire », voici venu le temps de l’action et de l’unité, ce temps est celui du changement ; changement dans nos pratiques politiques ; cultivons l’art du compromis afin d’éluder ces querelles politiques de bas étages qui ont longtemps paralysé l’opposition.  Nous appelons donc Martin Ziguelé et Gaston Nguerekata à embrasser cette vision nouvelle et jeter des aujourd’hui les jalons, les bases d’une opposition crédible, unie et puissante qui ira à l’assaut de la forteresse KNK.

Déclarons  le haut et fort : en l’état actuel des choses même une modification constitutionnelle  ne garantirait nullement une victoire du General-Président lors des échéances prochaines, de cela il en est plus que conscient. Seule une déstructuration de l’opposition pourrait permettre une éventuelle  catastrophique réélection de ce dernier. Grattons du bois.

Le devenir de millions de femmes et d’enfants abandonnés à eux-mêmes sans écoles, sans maternités, sans eau potable, vivant dans l’obscurité et l’insécurité totale ou encore servant d’esclaves sexuels a une bande d’étrangers faisant la loi chez nous devrait nous convertir à l’humilité et nous emmener à prendre conscience de l’importance des élections prochaines.  Nous avons besoins de sacrifices, nous avons besoin d’abnégation…Les différentes frontières ; ethniques, idéologiques, matériels, mais aussi vénales et mercantiles peuvent et devraient être aplanies afin d’édifier une nation nouvelle, juste et prospère que seule pourra ériger une  opposition unie et marchant main dans la main.

Martin Ziguelé dont le credo est : « Tous unis nous vaincront »  et  Gaston Nguerekata dont la volonté affichée est de réunir tous les Centrafricains autour d’un projet commun (et qui vivant aux Etats-Unis connait les vertus du dialogue et du compromis) doivent s’asseoir, discuter et établir au plus vite un contact politique direct et ininterrompu. Il n’y a pas d’autres voies que celle-là pour une victoire en 2016.

Le Haut représentant de L’U.E en Centrafrique vient de dénoncer de manière on ne peut plus claire le lugubre projet de modification constitutionnelle des Bozizé. Une opposition unie pourrait donc gagner cette bataille…

Le peuple lui attend, guette et revendique un signe de ses leaders. Alors nous leur disons : Messieurs, Commencez par vous entendre et le peuple suivra !

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion