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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 03:37

 

 

 

Jean Barkes Ngombé Ketté

 

 

Exclusivité Centrafrique-Presse

La situation à la mairie de Bangui ou plus précisément de la gestion du président de la délégation spéciale de la capitale qui vient de connaître une évolution notable avec ce qu’il faut bien appeler le limogeage de Jean Barkès Ngombé-Ketté, que l’intéressé présente lui, plutôt comme un départ volontaire, nécessite quelques éclairage que Centrafrique-Presse est en mesure d’apporter pour permettre une meilleure compréhension de ce qui se passe dans certaines sphères du pouvoir en place.

Il faut tout de suite souligner qu’en toute logique, un départ volontaire ne doit plus donner lieu à une désignation de quelque bouc-émissaire que ce soit qui aurait œuvré ou qui se serait payé la tête de celui-là même qui allègue avoir demandé lui-même à être déchargé de ses fonctions. Il est vrai que Ngombé-Ketté a fait beaucoup de communication et du m’as-tu vu qui lui a attiré la sympathie de certains compatriotes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui s’arrêtent au constat de certaines « réalisations » dans la ville de Bangui à mettre à l’actif de ce dernier.

Il s’avère que toutes ces prétendues réalisations du président de la délégation spéciale de la ville de Bangui dont se targue Jean Barkès Ngombé-Ketté ne sont qu’un vernis qui cache tout un océan de malversations, de mauvaise gestion et d’importants détournement de deniers publics qui commencent à être progressivement mis à jour. C’est donc essentiellement la gestion financière de cette  ville par Ngombé-Ketté qui pose gravement problème mais celui-ci préfère faire beaucoup de diversion chaque fois que l’on lui demande certains comptes financiers sur son mode de gestion.

C’est pourquoi, en épinglant l’opacité de la gestion financière de la mairie de Bangui à l’issue de la visite qu’il y a effectuée  le 8 juin dernier, le tout nouveau ministre de l’Administration du Territoire, le pasteur Josué Binoua avait comme fait gronder un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages mais en réalité, les vraies raisons du départ de Jean Barkès Ngombé-Ketté existent et sont à rechercher dans les rapports extrêmement exécrables qu’il a développés avec les responsables de l’Association Internationale des Maires et responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement Francophones (AIMF) qui se trouvent à Paris.

Tout serait parti de l’entretien que Bozizé a eu récemment à Paris avec le président Abdou Diouf Secrétaire Général de l’OIF, lorsqu’il devait se rendre à Bruxelles pour la table ronde des bailleurs, c’était le 15 juin dernier selon nos informations recueillies auprès d’une source crédible à la présidence de la République à Bangui qui a strictement requis l’anonymat. Toujours d’après nos informations, l’ancien président sénégalais aurait, au cours de cet entretien, fait comprendre au président centrafricain combien il était important qu’il puisse l’aider et surtout l’AIMF, à trouver une solution concrète aux difficultés auxquelles elle se heurte avec la mairie de Bangui avec les blocages de Jean Barkès Ngombé-Ketté.

Preuve que le cas Jean Barkès Ngombé-Ketté devait vraiment préoccuper l’OIF et son Secrétaire Général, ce dernier adresse une lettre en date du 17 juin dernier, c’est-à-dire avant même que Bozizé ne quitte Bruxelles pour regagner Bangui, courrier dans lequel il passe en revue tous les financements internationaux auxquels le Secrétariat Permanent de l’AIMF s’est mobilisé pour permettre à la mairie de Bangui d’y accéder. C’est ainsi qu’on apprend que dès 2007, la mairie de Bangui a bénéficié d’un apport de 100.000 euros soit 65.595.700 millions de F CFA pour la construction d’une gare routière.

A partir de 2008, un appui de 1,3 millions d’euros soit 852.744.100 millions de F CFA a été investi en faveur de la population banguissoise et de l’Association des Maires de la RCA. En vue de la célébration du 50ème anniversaire du Cinquantenaire de l’Indépendance de la RCA, la mairie de Bangui a obtenu un financement de l’AIMF de 50.000 euros, 32.797.850 millions de F CFA pour la construction d’une salle des fêtes dans le jardin de l’Indépendance. Depuis octobre 2010, Ngombé-Ketté refuse de transmettre à l’AIMF les documents comptables et pièces attestant que les 50.000 euros ont été bien reçus et que les travaux ont été effectués pour le montant réel de la facture.

Autre anomalie relevée par le président Abdou Diouf dans sa lettre à Bozizé. L’AIMF a versé à la mairie de Bangui 75 % du financement des travaux de réhabilitation des locaux d’Etat civil des mairies de Bambari et Bangassou  à la demande du même Ngombé-Ketté lui-même président de l’Association des Maires de la République centrafricaine. Ce dernier ne cesse de réclamer le règlement du solde des travaux alors que les photos de l’état d’avancement des travaux qu’il a transmises à l’AIMF montrent que la totalité des travaux n’a pas été réalisée.

En outre, Ngombé-Ketté ne cesse de multiplier les entraves, les courriers au contenu injurieux et autres tracasseries et comportement inacceptable à l’égard des experts que l’AIMF met à la disposition de la mairie de Bangui dans le cadre des relations de coopération technique qui existent entre elle et la mairie de Bangui, depuis qu’on lui réclame des comptes et de justifier l’utilisation des importants fonds qui lui ont été octroyés pour certains projets municipaux. Cette attitude de l’ex-citoyen de la ville de Bangui ainsi que le fait qu’il était à la fois ordonnateur des dépense, payeur, et comptable a grandement nui à l’image de marque de la ville de Bangui, à la confiance des bailleurs internationaux et porté sérieusement préjudice à l’AIMF et partant à la Francophonie.

Il est ainsi clair que si le nouveau successeur de Ngombé-Ketté qui vient d’être nommé, Nazaire Guénéfé Yalanga qui est un sous-marin d’Elie Ouéfio, ancien ministre de l’intérieur et secrétaire général du KNK, ne change pas radicalement et résolument avec le mode de gouvernance de son prédécesseur, les robinets de financement des partenaires internationaux seront désespérément fermés à la mairie de Bangui et aux banguissois. Toujours selon nos informations, des lignes de crédit au profit de la mairie de Bangui existent toujours à Bruxelles au niveau de l’UE mais tant qu’il ne sera pas mis fin à la confusion et à la situation où Ngombé-Ketté qui aimait jouer au neveu de Rameau c’est-à-dire, jouer tous les rôles à la fois, est gestionnaire de fait, aucun décaissement ni ne pourra être envisagé ni quelque relation de coopération internationale que ce soit mise en oeuvre.

La preuve est ainsi apportée que c’est afin de répondre à la requête du Secrétaire Général de l’OIF qui le priait de l’aider ainsi que l’AIMF, à reprendre des relations normales de coopération avec la mairie de Bangui que Bozizé a décidé du limogeage sans tarder de Jean Barkès Ngombé-Ketté. Toute autre raison avancée pour tenter d’expliquer le départ de la mairie de celui-ci après plus de sept ans de règne, n’est que destinée à distraire et amuser la galerie. Il faut voir dans la présence actuellement à Bangui depuis le mercredi 6 juillet de deux chargés de mission de l’AIMF,  il est vrai pour un déplacement prévu avant le limogeage de Ngombé-Ketté, un signe encourageant de reprise de nouveaux rapports. Malheureusement, avant même de passer le flambeau à son successeur, selon nos informations, ce dernier aurait encore cherché, ultime barroud’honneur, à intimider les deux envoyés de l’AIMF. Ce Ngombé-Ketté est vraiment incorrigible !  

La Rédaction

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