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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:57


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Forum de Bamako: "l'Afrique peut nourrir ses propres enfants"

BAMAKO (AFP) - 16.02.2010 17:23 - « L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a lancé mardi le Premier ministre malien Modibo Sidibé à l'ouverture de la 10e édition du "Forum de Bamako" dont le thème central est le défi alimentaire, a constaté l'AFP.

"L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a lancé mardi le Premier ministre malien Modibo Sidibé à l'ouverture de la 10e édition du "Forum de Bamako" dont le thème central est le défi alimentaire, a constaté l'AFP.

Des universitaires africains, européens, américains, asiatiques ainsi que des décideurs publics et des spécialistes des questions de développement participent jusqu'à samedi à ce colloque sur le thème: "l'Afrique 50 ans après: la faim sur le continent africain".

"Il n'y a pas de fatalité, l'Afrique peut nourrir ses propres enfants (...) Le capital humain est sans contexte le plus important du développement agricole", a déclaré dans son discours d'ouverture M. Sidibé.

La représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) au Mali, Alice Martin-Daihirou a rappelé que "90% des enfants malnutris vivent en Asie et en Afrique. (...) En 2050, il y a aura 9,1 milliards de personnes dans le monde et il va falloir augmenter de 70% la production agricole actuelle", a ajouté Mme Martin-Daihirou, au nom de l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU.

"La révolution verte, exige une solidarité (...) Nos dirigeants, nos élites doivent réagir", a déclaré de son côté M. Abdoulah Coulibaly, vice-président du "Forum de Bamako".

© 2010 AFP

 

PROGRAMME INDICATIF DE LA 10ème EDITION DU FORUM

L'Afrique 50 ans après : le défi alimentaire, la faim sur le continent.

du 16 au 20 Février 2010

 

 

10h00-11h00  : SESSION INAUGURALE : L’Afrique  50 ans après les indépendances,  le paradoxe de la pauvreté

Président : Modibo Sidibé, Premier Ministre

Intervenants : L'Afrique 50 ans après: bilan critique des politiques de développement, situation actuelle et perspectives: Martin ZIGUELE, ancien Premier ministre de la RCA





NDLR : A signaler que l’ancien Premier Ministre centrafricain Martin Ziguélé a également pris part à ce Forum en tant qu’invité. Il a même eu l’honneur d’être le premier intervenant du Forum à prendre la parole pour présenter une communication très remarquée et appréciée par le prestigieux auditoire sur le thème : L'Afrique 50 ans après: bilan critique des politiques de développement, situation actuelle et perspectives

Ci-dessous, l’intégralité du texte de l’intervention de Martin Ziguélé 

 

 

L’AFRIQUE 50 ANS APRES LES INDEPENDANCES :

                          BILAN ET PERSPECTIVES

  

                                                                                 Martin ZIGUELE

                                                                          Ancien Premier Ministre

                                                                                 Président du MLPC

                                                                           Bamako 16 février 2010

 

 

 

Beaucoup a été dit et écrit sur les performances des politiques publiques en Afrique  ces cinquante dernières années. Cette année 2010 sera celle  des « inventaires du cinquantenaire ».  Les spécialistes en économie du développement,  les chercheurs,  les enseignants, les  animateurs des ONG, les fonctionnaires africains et étrangers des ministères et organismes en charge des questions de  développement  expliqueront  ce que vit au quotidien la majorité de nos populations. Les deux questions principales que nous devons tous nous poser sont les suivantes :

-           l’Africain d’aujourd’hui  vit-il mieux que celui d’avant l’indépendance, en termes d’alimentation, de logement, d’accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’énergie, à l’éducation, et aux infrastructures et équipements collectifs ?

-          Bénéficie-t-il de plus de sécurité, de justice, ainsi que de  libertés individuelles et collectives qu’en 1960 ?,

-           Nos pays pris individuellement et collectivement, répondent-ils mieux aujourd’hui qu’en 1960, aux aspirations au bien- être de nos populations dans les domaines ci-dessus cités?

Nous tenterons d’apporter notre réponse à ces questions dans une démarche en trois phases :

·         Dans la première partie de notre exposé, nous jetterons un regard critique sur les « causes du mal » à travers les trois périodes les plus marquantes de la gestion de nos pays : la période d’avant l’indépendance jusqu’à la fin des années 1970, la période des ajustements structurels et enfin la période des cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté.

·         Dans la seconde partie, nous examinerons la situation politique, économique et sociale de l’Afrique aujourd’hui,

·         Et enfin dans la troisième et dernière partie, nous partagerons notre vision et nos propositions pour le futur. 

 

Ière PARTIE : ANALYSE RETROSPRECTIVE DE LA GENESE DE LA SITUATION ACTUELLE DE L’AFRIQUE

Nous examinerons de manière la plus objective possible, les causes de nos maux actuels, en évitant autant que faire se peut toute posture polémique. Notre objectif est de tenter de mieux comprendre notre cheminement commun, afin qu’aujourd’hui et demain, nous puissions mieux agir. Nous le ferons  à travers les trois périodes historiques annoncées ci-haut:

1.1 LA PREMIRE PRIODE : DE L’INDEPENDANCE JUSQU'A LA FIN DES ANNEES 1970.  LA PERIODE DE L’EUPHORIE COLLECTIVE

A la veille de l’indépendance, le ciel de nos pays était « gros » de promesses, comme le disait Ahmadou KOUROUMA, dans son  célèbre livre « Le soleil des indépendances »: les pères de l’indépendance, en lutte contre l’ordre colonial, mobilisaient aisément de très larges couches de nos populations autour du mot d’ordre - fétiche d’ « indépendance », comparé au soleil qui apparaîtra dans la nuit coloniale. L’indépendance, pour nos populations, signifiait d’abord et avant tout l’accès le plus rapide possible à un niveau de vie comparable à celui du colon. Le rêve collectif était celui de la promesse d’un bonheur immédiat pour tous, et cela presque sans effort.

Pourtant, ni les capacités locales en matière de gouvernance autonome, ni encore moins l’état de nos économies à cette époque ne pouvaient autoriser de tels rêves, dans la plupart des territoires appelés à devenir individuellement des Etats indépendants :

·         En effet, l’élite locale à l’indépendance n’avait pas réellement expérimenté de manière « autonome » la gestion des territoires, puisque le modèle colonial français était  assimilationniste. Certes  le système colonial a permis la mise en place d’embryons d’Etats, et d’une administration généralement bien structurée, mais ses principaux animateurs étaient non autochtones, y compris dans la gestion des plus petites collectivités locales. L’élite autochtone, quoique plutôt bien formée aux subtilités du parlementarisme et de la politique françaises, n’avait pas en général une expérience directe de la gestion des territoires nationaux  appelés  à devenir des Etats indépendants.

·         L’économie des colonies était d’abord orientée vers la satisfaction des besoins de la métropole. Ainsi, aux côtés d’une agriculture de subsistance traditionnelle, était introduite une agriculture commerciale, quasi-entièrement vouée à l’exportation (coton, café, cacao, hévéa, etc.). Dans les colonies disposant de minerais et d’hydrocarbures, le tableau était plus diversifié : des unités industrielles ont été implantées pour extraire ces minerais et les exporter en l’état vers des centres de transformation situées en métropole.

·         Dans un cas comme dans l’autre, les élites précoloniales étaient habituées à voir les déficits budgétaires de leurs territoires directement et régulièrement subventionnés par le Trésor Public métropolitain.

 

Ce déficit en management des espaces territoriaux et cette extraversion de l’économie n’ont évidemment pas favorisé la structuration rapide, dès l’accession à l’indépendance, de capacités locales de management de politiques publiques favorisant un développement endogène et profitant au plus grand nombre.

Il me semble qu’il s’agit là, du malentendu initial entre les populations africaines et les élites à l’indépendance : comment pouvaient-elles réaliser très rapidement le rêve du mieux-être pour tous et très rapidement, alors même que les moyens financiers et infrastructurels nécessaires faisaient défaut ? Etait-il responsable de faire l’impasse sur  les efforts importants et continus à consentir  pour briser les différentes entraves au développement ? 

La conséquence de ce double handicap initial a été la prise en mains de nos politiques de développement, dès après les indépendances, par divers intervenants extérieurs. L’objectif global était d’aller au développement à marches forcées, et de rattraper le fossé existant entre nous et les pays développés par une espèce de « grand bond en avant » africain. Le « développement » se résumait à « l’industrialisation » à laquelle étaient assignés les objectifs suivants : satisfaction des besoins essentiels des populations, mise en valeur des ressources naturelles locales ; création d'emplois, formation d'une base de développement des autres secteurs économiques, création d'un cadre d'assimilation et de promotion de progrès technologique et  modernisation de la société.

Pour atteindre ces objectifs dans l’urgence, des structures de planification du développement et d’encadrement des économies nationales ont été mises en place, comme les Commissariats au Plan sur le modèle gaullien d’après-guerre et des Ministères du Plan. Cette marche normée vers le développement était sous-tendue, dès le début des indépendances, par deux visions du monde diamétralement opposées: la démarche libérale et la démarche socialiste.

·         La démarche libérale

Beaucoup de pays africains ont conservé la vision libérale de l’économie, en cours avant l’indépendance. Leurs plans directifs de développement étaient centrés sur les grands paramètres de l'économie classique ou néoclassique : croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) par le développement des cultures d’exportation et des matières premières minérales et minières, expansion de l'investissement et mobilisation de l'épargne locale et étrangère à cette fin, mise en place d'infrastructures économiques et sociales , développement des services sociaux, recours massif à l’aide étrangère et à l’endettement, et adoption des mesures d'incitation pour attirer les investissements privés étrangers. Ces plans qui avalisaient, au moins implicitement, les politiques et stratégies héritées du colonialisme et avaient pour principale conséquence une aggravation de la dépendance économique à l'égard de l'étranger.

De plus, les pays libéraux conservèrent leurs liens avec la France dans le cadre d'une zone monétaire commune en se dotant, par des accords signés avec la France, d'une monnaie commune garantie par le Trésor français. Ce choix politique « souverain » qui continue de susciter des débats passionnés, souligne si besoin en était cette volonté ou cette crainte, c’est selon, d’avoir à gérer seul une politique monétaire autonome comme complément naturel d’une politique économique endogène.

·         La démarche socialiste

Un certain nombre de pays africains ont souhaité prendre le contre-pied du libéralisme économique. Ils se sont lancés, immédiatement ou peu après l'indépendance, dans des politiques et des programmes censés décoloniser l'économie, avec l’objectif de relever le niveau de vie de leur population par une transformation radicale de structure même de leur société et de leur économie. Cette politique « socialiste » s’est principalement caractérisée par l’étatisation de leur économie, par une volonté de transformation locale de leurs produits et de création d’un tissu industriel pour substituer des produits finis locaux aux importations.
Les gouvernements de ces pays se disaient soucieux de créer des capacités de contrôle des richesses nationales, pour jeter plus tard les bases de satisfaction des besoins de la population, dans un rêve global de socialisme. Il fallait donc contrôler, à tout prix, la plus-value tirée de l’économie nationale.


Les différentes variantes« africaines»  du socialisme se proposaient naturellement de multiples objectifs : la décolonisation économique, l'intervention soutenue de l'État dans le développement et son contrôle sur l'économie, l'égalisation des chances sur le plan économique et social, la limitation du rôle du secteur privé, ainsi que des investissements et la propriété privée.  Sur ce dernier point, toutefois, l'attitude de certains gouvernements fut quelque peu ambivalente. Beaucoup ne souhaitaient pas abolir la propriété et l'investissement privés, mais cherchaient plutôt à les contrôler et à les faire contribuer, par une concertation avec le secteur public, à la réalisation de leurs objectifs économiques et sociaux.
Dans leur majorité, ces pays  ont créé leurs propres institutions monétaires, pour maîtriser leur politique économique et monétaire.

·         Quid de la gouvernance politique pendant cette période de grandes transformations ?

Ces deux types de politiques économiques libérale et socialiste se sont déployés dans un environnement politique quasi-similaire. En effet, dès après l’indépendance, les nouveaux chefs d’Etat ont tous, l’un après l’autre, déstructuré la gouvernance politique de leur pays, passant de la démocratie ouverte prévalant avant l’indépendance à des pouvoirs personnels sous des habillages institutionnels consacrant la  primauté et l’infaillibilité du chef. Ce fut la floraison des partis uniques à la soviétique. Ce choix partagé a construit progressivement un monolithisme politique qui ne pouvait se dénouer que par des coups d’Etat militaires.

Dans un cadre politique devenu instable du fait des changements violents à la tête de nos Etats, ce sont développés des phénomènes de mal gouvernance globale qui ont abouti à un blocage général. Les différents pouvoirs ne  tiraient plus leur légitimité de la volonté populaire. La violence politique, accompagnée d’une déresponsabilisation des contre-pouvoirs et d’un affaiblissement de l’expression et de la représentativité populaires, était de venue la règle.  

Les résultats de ces politiques ne se sont pas fait attendre :


A-   
SUR LE PLAN ECONOMIQUE:

·         Les structures de l’économie agricole, qui font vivre la majorité de nos populations, ont continué à conserver et même à renforcer leurs caractéristiques coloniales. La production pour l'exportation, principale source de devises et de recettes publiques, ne représente pas moins de 80% des rentrées de devises et des recettes publiques dans les pays qui n'exportent ni pétrole ni minerais. En revanche, les producteurs de cultures vivrières étaient progressivement obligés de  se passer de fournitures agricoles et de tout appui technique. La quasi-totalité de la production du secteur moderne qui était commercialisée par l'intermédiaire des offices de commercialisation ou des caisses de stabilisation, jouissant d'un monopole d'achat et d'exportation et fixaient à chaque saison les prix payés aux producteurs, était en situation difficile.



·         Les ressources extrêmement limitées disponibles pour les investissements agricoles ont été invariablement dépensées de façon mal avisée. Trop souvent, on s'en est remis à des investissements massifs en biens d'équipement et à une mécanisation à grande échelle génératrice de surcapitalisation. Alors que 80 à 90 % des producteurs agricoles sont de petits paysans - dont une majorité de femmes, surtout dans le secteur alimentaire- les fournitures agricoles, les services de vulgarisation et le réseau routier et les autres infrastructures étaient insuffisants. L’absence de structures rationnelles et efficaces pour le stockage et la préservation des céréales, l'acheminement aléatoire des produits alimentaires des campagnes vers les centres urbains ou entre différentes régions rurales ont causé la perte de 20 à 45 % de la production alimentaire ne pouvant avoir accès aux marchés. Enfin, la politique consistant à maintenir de faibles prix à la production, ce qui réduit les revenus des paysans, a des effets négatifs sur la productivité agricole.

 

·         Sur le plan industriel, nous avons dit plus haut que  les jeunes états africains avaient considéré l'industrialisation comme un instrument essentiel de la décolonisation économique et de la sortie « accélérée »  du sous-développement. Aucun des objectifs n'a malheureusement été atteint au cours de cette période. Au contraire, du fait de la nature disparate des industries manufacturières africaines, de leur insatiable besoin de subventions de toutes sortes, de la très forte dépendance de beaucoup d'entre elles à l'égard de l'étranger pour l'acquisition des facteurs de production et de leur impuissance générale à atténuer le chômage ou à donner une impulsion dynamique à l'économie africaine, le secteur industriel est entré en crise, et a stagné. Par ailleurs, les moyens de production et les matières premières étant en quasi-totalité importés, l'industrialisation de l'Afrique ouvrit la voie à une nouvelle forme de dépendance : au lieu de générer des économies, voire des profits, dans les échanges extérieurs, l'industrie devint la principale source de pertes en ce domaine. Certes, la croissance du secteur manufacturier a été soutenue dans les années 60 et s'est poursuivie à un rythme légèrement supérieur à celui du PIB dans les années 70, mais l'industrie reste aujourd'hui encore une enclave, à la fois étrangère et urbaine dans l'immensité des campagnes économiquement attardées. C'est sans doute cet échec de la stratégie d'industrialisation qui, venant s'ajouter à des années d'abandon de l'agriculture, est responsable de l'aggravation de la dépendance économique de l'Afrique.

 

·         En résumé entre 1960-1970, en dépit de toutes les stratégies de décolonisation économique poursuivies par les gouvernements africains, aux niveaux macro-économique et sectoriel, l'économie africaine conserve les structures héritées du colonialisme et les conditions d'existence de la population du continent ne se sont pratiquement pas améliorées. Ces stratégies n'ont pas réussi à provoquer la transformation socio-économique espérée ; elles n'ont apporté au mieux que des changements structurels marginaux.



Certes, entre 1960 et 1980, le PIB global des pays africains a « grosso modo » triplé pour atteindre quelque 86 milliards de dollars des Etats-Unis (en prix constants de 1980), ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 5,6 % .Leur revenu par habitant est passé d'une moyenne de 133 dollars en 1960 à 243 dollars en 1980 (ou 740 dollars en prix de 1983). Cependant, cette progression spectaculaire ne doit pourtant pas faire illusion car le revenu par habitant de l'Afrique ne représentait en 1980 que 7,6 % de celui de l'ensemble des pays industrialisés, qui s'élevait à 9 684 dollars, ce qui met bien en lumière l'ampleur du sous-développement africain.


B-   
SUR LE PLAN SOCIAL :


·        
Les Etats africains ont beaucoup investi dans le système éducatif au lendemain des indépendances, parce que les besoins de main-d’œuvre étaient importants. Des progrès importants ont été accomplis pour développer l’éducation de base, de même que les formations professionnelles et l’enseignement supérieur. Cependant très rapidement des problèmes structurels apparurent : inadéquation des formations offertes aux besoins réels de développement des pays, apparition des cadres bien formés mais chômeurs puisque l’offre n’a pas suivi l’explosion de cette demande, fuite des cerveaux vers les pays les plus prometteurs ou hors d’Afrique, etc. Beaucoup de spécialistes africains, et étrangers, se sont penchés sur la question et les médications proposées sont nombreuses, mais globalement le schéma scolaire n’a pas substantiellement évolué.

·         Dans le domaine de la santé également, des efforts importants ont été accomplis. Cependant malgré le mot d’ordre « Santé pour tous en l’an 2000 », l’état du dispositif sanitaire aussi bien dans les grandes agglomérations que dans les campagnes s’est régulièrement dégradé. La croissance de la population a été certes très forte, mais le rythme de création des infrastructures sanitaire s’est grandement ralenti, au fur et à mesure que les Etats connaissaient des problèmes budgétaires.


C-    
LES INSUFFISANCES DE L INTEGRATION DE NOS ECONOMIES

·         Les Etats africains ont tous choisi d’aller séparément à l’indépendance, alors qu’il était plus qu’évident qu’ils ne pouvaient, pris individuellement, assurer leur  développement. A défaut donc de  se fédérer ou s’unir politiquement, ils ont mis en place des unions économiques sous-régionales avec pour objectif principal un développement partagé. Cependant, jusqu’à la fin des années 1970, la coopération économique entre pays africains a pâti du fait que nombre d'entre eux se montrèrent exagérément sourcilleux sur le chapitre de la souveraineté nationale et que nombre de dirigeants hésitèrent trop souvent à sacrifier la moindre parcelle de leur souveraineté. La conséquence  fut la multiplication d’initiatives locales dans des secteurs cruciaux de la politique économique.

Cette faiblesse a rendu difficile le financement de la croissance ultérieure et du remboursement des intérêts de la dette. A cela , il faut ajouter les gaspillages dans le choix des investissements (les fameux éléphants blancs), les charges de fonctionnements  dispendieux d’administrations  surdimensionnées et de gouvernements pléthoriques , les coûts des conflits tribaux et inter-états jaloux de leur récente souveraineté , l’instabilité créée par les coups d’Etat militaires à répétition : tous ces facteurs ont été autant d’ handicaps pour la mobilisation des capitaux nationaux et étrangers,  pour financer le développement. L’effet ciseau entre les besoins de mieux être et les moyens publics date de là. (A suivre)

 

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