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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 21:15

 

 

 

 RCA

 

 

 

Slate.fr  21/07/2011

Certains journalistes écriraient n’importe quoi pour faire parler d’eux. C'est vraisemblablement le cas de Johann Hari, célèbre éditorialiste (et plagiaire) du quotidien britannique The Independent, et qui travaille pour une multitude d'autres publications, indique sa bio.

Car d’après un article de Damian Thompson, publié le 20 juillet 2011 sur son blog hébergé par The Telegraph, Johann Hari aurait carrément inventé certaines des citations qu'il a utilisées pour un article publié en 2007 et beaucoup repris depuis, «Inside France's secret war» (Dans les coulisses de la guerre secrète de la France). Plus précisément, il aurait transformé certains témoignages recueillis auprès de soldats français.

En 2007 donc, Johann Hari s’était rendu en République Centrafricaine accompagné des membres d’une association caritative pour couvrir la guerre qui faisait rage dans le pays, et notamment le rôle joué par la France.

«Son reportage haut en couleur —un article pour lequel il a gagné le prix Orwell— a tellement horrifié l’association qu’elle est allée se plaindre auprès de Simon Kelner, le rédacteur en chef de The Independent. Ça n’a rien changé, car Hari était le chouchou de l’Angleterre libérale», indique Thompson sur son blog.

Le subterfuge a d'abord été révélé par les membres de l'association caritative —qui a préféré rester anonyme— auprès du journal britannique Private Eye. Tout a commencé lorsque Hari avait omis de rendre ses notes à la traductrice de l’association, qui avait été son interprète lors des interviews en Centrafrique:

«La raison pour laquelle il n’a pas rendu ses notes est devenue claire dès la parution de l’article, étant donné que la majeure partie du contenu différait de ce que les gens interrogés nous avaient dit […] Hari a complètement exagéré l’ampleur de la destruction de Birao. Il a complètement inventé certains propos, en particulier ceux des soldats français».

A l’époque, Birao était le carrefour de la «guerre des trois frontières», entre des rebelles venus du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique. Des forces armées françaises étaient également intervenues sur place afin de soutenir le président François Bozizé dans son combat contre les insurgés rebelles.

Dans son article, Johann Hari avait été particulièrement virulent vis-à-vis du rôle de la France dans les conflits internes de la République Centrafricaine:

«La France a renversé des démocrates pour installer dictateur après dictateur, finançant et alimentant un terrible génocide […]

La nuit venue (des Centrafricains) m’expliquent alors la raison pour laquelle les militaires soutenus par les Français ont commencé les tirs et les bombardements en mars dernier: les gens du pays avaient commencé à se révolter contre le président Bozizé, désespérés qu’il n’ait rien fait pour eux.

Les gens ici étaient las de n’avoir "aucune école, aucun hôpital et aucune route." […] "Le pays sera capable de se développer uniquement lorsque la France arrêtera de mettre ces dictateurs en place et laissera les gens choisir".»

Le fait que le journaliste ait peut-être menti sur certaines déclarations pourrait jeter le discrédit sur l’ensemble des témoignages qu’il a recueillis en Centrafrique. Sa traductrice, elle, assure qu’il a exagéré certains propos, et donne l'exemple des propos d’un soldat français:

«"Les enfants nous apportaient les têtes coupées de leurs parents et criaient à l’aide, mais nous avions reçu l’ordre de ne rien faire." Ils n’ont jamais dit ça. Je le sais parce que j’étais là et que c’est moi qui ai fait la traduction.»

Lu sur The Telegraph

 

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