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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 03:01

 

 

 

 Source Le Parisien du 2 mars 2012

 

Appartements luxueux, bijoux, yacht, vêtements sur mesure…L’enquête sur les « biens mal acquis a mis au jour les mécanismes de détournements de fonds de trois chefs d’Etat africains. Au coeur du scandale, les présidents de la Guinée équatoriale, du Gabon et du Congo soupçonnés d’avoir pillé leur pays à leur profit.

La justice se rapproche de deux dirigeants africains

ALI BONGO Denguess

 

Obiang  Wade Abd

 

 

Exclusif : Des documents confidentiels montrent que les familles dirigeantes du Gabon et du Congo pourraient être inquiétées par la justice dans le cadre de son enquête sur les « biens mal acquis ».

Le mois dernier, une spectaculaire perquisition dans un hôtel particulier de cinq étages sur l’avenue Foch (XVIè) a mis au jour une véritable caverne d’Ali Baba. L’adresse était considérée comme le « pied à terre » parisien de Teodorin Obiang Nguema, l’un des fils du président de la Guinée équatoriale.

Cette opération historique par la valeur de son « butin » (mise sous scellés de 200 m3 d’objets et de meubles de très grande valeur) montre que l’instruction judiciaire sur les « biens mal acquis » ouverte en décembre 2010 s’accélère.

Ils mènent grand train de vie en France

L’enquête vise les conditions dans lesquelles trois chefs d’Etat africains, Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Ali Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo) auraient acquis, grâce aux deniers publics, un important patrimoine mobilier et immobilier en France. De nouvelles pièces du dossier d’instruction dont notre journal a eu connaissance laissent présager que la justice pourrait prochainement s’intéresser à Ali Bongo, Denis Sassou-Nguesso et et à leur entourage. Comme le clan Obiang, les familles Bongo et Sassou Nguesso ont multiplié les acquisitions immobilières prestigieuses et mènent grand train à Paris et sur la Côte d’Azur.

D’autres chefs d’Etat suspectés de détournement de fonds publics pourraient aussi entrer dans le viseur de la justice française. William Bourdon, l’avocat de Transparency International France, l’ONG anticorruption à l’origine de la procédure judiciaire, nous révèle qu’il envisage d’élargir la plainte à d’autres dirigeants dont celui du Sénégal. Abdoulaye Wade, le président sénégalais, ainsi que son fils Karim, qui posséderait un appartement estimé à plusieurs millions d’euros à l’angle de la rue Emile-Meunier et de la rue des Belles Feuilles à Paris (XVIè), pourraient être inquiétés.

Des documents récupérés lors de la perquisition dans l’hôtel particulier de Teodorin Obiang montrent que ce dernier s’apprêtait à se faire construire un gigantesque yacht dans un chantier naval d’Hambourg pour 280 millions de $.

Matthieu PELLOLI et Sébastien RAMNOUX   Le Parisien vendredi 2 mars 2012

 

« Notre plainte pourrait être élargie au président sénégalais »

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William Bourdon président de l’association Sherpa et avocat de l’ONG Transparency International

La section française de cette ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption des gouvernements est à l’origine de la plainte qui a abouti à l’ouverture d’une enquête sur les « biens mal acquis »  en décembre 2010.

Pourquoi l’affaire des « biens mal acquis »  fait-elle l’objet de votre plainte en France ?

William Bourdon : Beaucoup de dirigeants africains ont fait des acquisitions dans l’Hexagone, en raison des liens historiques qui unissent la France et ces pays depuis la décolonisation. Et surtout parce qu’ils ont toujours eu le sentiment de pouvoir y bénéficier d’une totale impunité.

Dans l’affaire des « biens mal acquis », la justice française a-t-elle été suffisament rapide ?

Le fonctionnement de la justice a été totalement anormal pour deux raisons. D’abord, les acquisitions immobilières et les invraisemblables dépenses des clans Bongo, Sassou Nguesso et Obiang ont déclenché des notes de Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, sans que cela n’émeuve le parquet pendant des années. Ensuite, après une première plainte déposée en mars 2007, les conclusions de l’enquête préliminaire étaient accablantes. Or cela a abouti à un classement sans suite…une décision purement politique.

 Transparency International vise-t-elle spécifiquement la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo ?

Notre démarche ne consistait pas à cibler tel ou tel pays, nous nous sommes seulement basés sur un rapport du Comité catholique contre la faim qui listait le patrimoine immobilier des trois familles en question. Des biens immobiliers acquis dans une absolue tranquillité juridique, avec de l’argent qui ne peut évidemment pas être le fruit deu labeur de ces chefs d’Etat et de leur famille. Selon nous, cela correspond à l’évaporation des deniers publics.

La plainte pourrait-elle être élargie à d’autres chefs d’Etat africains ?

Nous travaillons sur le patrimoine immobilier d’Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, et son fils Karim. Plusieurs éléments liés au climat de corruption du 2è mandat du président Wade font l’objet de vérifications. Elles pourraient déboucher sur une procédure judiciaire en France et à l’étranger. Notre plainte pourrait être élargie au Sénégal et à d’autres pays africains mais aussi à d’autres chefs d’Etat sur d’autres continents.

Les avocats des chefs d’Etat concernés font valoir que la justice française n’est pas compétente pour les juger ?

Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer…Certes, l’infraction initiale a été commise à l’étranger, mais en France, il s’agit de recel de détournement de fonds publics. Il n’y a aucun doute sur la validité de notre action. Ou alors il faut que les avocats en question demandent aux magistrats de la Cour de cassation, qui ont validé la procédure de retourner faire un stage de formation professionnelle en droit international.

Propos recueillis par Matthieu PELLOLI et Sébastien RAMNOUX   

 

Comment Sassou-Nguesso et Bongo se seraient enrichis

 

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Ils sont poursuivis pour s’être servis dans les caisses de l’Etat. Denis Sassou Nguesso, le président de la République du Congo, et Ali Bongo, le président de la République du Gabon, n’auraient pas hésité à puiser dans les comptes d’entreprises de leurs pays respectifs pour éponger des frais personnels aux montants astronomiques. Une note de Tracfin, l’organisme du ministère des Finances français chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent, datée du 20 juin 2011 et que notre journal s’est procurée, révèle les effarantes dépenses de ces chefs d’Etat africains et de leurs proches. Un train de vie et des caprices de milliardaires sans aucune relation avec leurs salaires perçus en tant que présidents de République, ministres ou conseillers.

Le clan Sassou-Nguesso

Des chèques et des virements de la Société congolaise de transports maritimes sur le compte personnel de Wilfrid Nguesso

Plusieurs chèques ont été émis par la Socotram, la Société congolaise de transports maritimes au profit de Wilfrid Nguesso, le neveu du président, sans justificatif des opérations. Le compte de Wilfrid Nguesso à la Société générale a également reçu des virements de la Socotram portant la mention « remb compte courant » pour plusieurs centaines de milliers d’euros de 2009 à 2010. Sur la même période, Wilfrid Nguesso a versé 620 000 euros sur un contrat d’assurance vie au Luxembourg.

276 000 euros de costumes pour Denis Sassou Nguesso

Le 19 avril 2010, le président du Congo s’est offert 91 costumes chez Rapp Tailoring, un tailleur chic du VIIIè arrondissement de Paris, pour un montant de 276 000 euros, la facture a été payée depuis un compte de la SCI Etoile, tenu à la banque du Congo.

Le clan Bongo

158 925 euros d’Armagnac aux frais de Pipeline Gabon et d’Afrijet Business Service

Le 9 mars 2009, Pascaline Bongo, la sœur d’Ali, s’est offert des coffrets d’armagnac pour 158 925 euros auprès du caviste Latapie Pierre, dans les Pyrénées Atlantiques. La société a reçu plusieurs virements du Gabon, notamment de la part de Pipeline Gabon et d’Afrijet Business Service.

Plus de 350 000 euros dépensés chez Armand et la Fnac à des virements de la Trésorerie banque gabonaise de développement

Entre décembre 2008 et octobre 2009, un compte de Christian Bongo, le frère d’Ali, a été crédité de 310 252 euros à travers des virements de la Compagnie équatoriale des bois et de la Trésorerie banque gabonaise de développement. Sur la même période, les enquêteurs de Tracfin ont relevé 357 205 euros de débit de, dont 133 575 euros d’achats personnels auprès de la Fnac, d’Armani Exchange, de Ben Bridge Jewel, d’Expedia et d’hôtels prestigieux en France, en Espagne, aux Etats-Unis et au Japon.

Près d’un million d’euros chez Hermès et Van Cleef réglés avec quatre cartes American Express Centurion

Disponible uniquement sur invitation, la carte Centurion est l’apanage des grosses fortunes de la planète. Ali Bongo et son épouse se voient faciliter l’accès aux meilleurs restaurants, aux parcours de golf les plus courus et aux événements sportifs mondiaux. Entre avril 2010 et avril 2011, les dépenses effectuées par Sylvie Bongo avec ses cartes Centurion se sont élevées à 926 000 euros, dont 144 000 euros chez Hermès et 132 000 euros chez Van Cleef.

344 000 euros de costumes Smalto payés en espèces par Omar Bongo.

Le 30 octobre 2007, Omar Bongo, aujourd’hui mort, avait réglé la note avec 1 420 billets neufs de 200 euros et 600 billets neufs de 100 euros.

Un million d’euros en haute couture et bijoux en moins d’un an pour Flore Bongo

Entre avril 2010 et avril 2011, la sœur d’Ali a dépensé 1 037 500 euros chez des bijoutiers, des grands couturiers, pour des billets d’avion et des hôtels de luxe.

Matthieu PELLOLI et Sébastien RAMNOUX

 hôtel particulier Nguema ave Foch

Des petits trésors dans le triangle d’or et sur la Riviera

Des beaux quartiers de la capitale à la Côte d’Azur, le patrimoine des familles Bongo et Sassou-Nguesso est impressionnant : appartements, hôtels particuliers, parkings et piscines…L’enquête de police réalisée fin 2007 a établi que la famille Bongo possédait 39 biens immobiliers (valeur 21 830 083 euros à l’époque) et 70 comptes bancaires en France, 24 biens immobiliers (8 274 067 euros) et 112 comptes bancaires pour les Sassou-Nguesso.

Depuis, ce patrimoine a évolué, des biens ont été vendus, d’autres achetés comme l’hôtel particulier de la vielle famille corse Pozzo di Borgo (rue de l’Université) acquis 100 millions d’euros en 2010 officiellement par l’Etat gabonais. Ne figurent sur cette carte que les biens les plus spectaculaires, principalement concentrés dans l’Ouest parisien et le fameux Triangle d’or des VIIè, VIIIè et XVIè arrondissements. Mais la province ou la banlieue ne sont pas en reste ; une villa au Vésinet (Yvelines) est souvent occupée par les Sassou-Ngesso, alors que les Bongo fréquentent régulièrement la promenade des Anglais à Nice, où ils possèdent appartements et maisons.   

 

Bien mal acquis

L’expression « biens mal acquis » désigne l’enquête sur le patrimoine mobilier et immobilier acquis en France par les présidents africains Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Ali Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo) et leur entourage par détournement de fonds publics. C’est un rapport du comité catholique contre la faim intitulé  « Biens mal acquis, à qui profite le crime ? » qui a servi de socle à la plainte déposée en décembre 2008 par Transparency International. Ce type de poursuites est assez récent dans l’histoire judiciaire. La première procédure qui concernait l’ex-président philippin Marcos en 1986, a conduit à la restitution par l’Etat suisse de 658 millions $ à l’Etat philippin en 2003. D’autres chefs d’Etat ont suivi : Mobutu pour l’ex-Zaïre, Saddam Hussein en Irak, Duvalier en Haïti.

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