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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 02:20

 

 

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L’Observateur Paalga 30 Mai 2010

Scissiparité de l'UFC à l'horizon

C'est pratiquement un tsunami politique qui a secoué le Togo ce 27 mai 2010 lorsque Gilchrist Olympio, le leader historique de l'opposition, a décidé via 7 de ses collaborateurs de participer au gouvernement de "cohabitation" du président Faure Gnassingbé, le fils de "son ennemi de 40 ans".

L'événement aurait eu moins de relief si l'entrée dans ce gouvernement n'avait concerné que de seconds couteaux de l'Union des Forces du changement (UFC). Mais son fondateur en personne avec 7 de ses affidés regroupés au sein des Amis de Gilchrist Olympio (AGO), c'est un peu fort de café !

Gilchrist Olympio n'est pas n'importe qui au Togo, puisque bien qu'il soit le fils du premier président du pays, il ne s'en est pas contenté et s'est forgé un prénom, jusqu'à incarner, à lui tout seul, l'icône de l'opposition au Togo. Lorsqu'il vint au monde le 26 décembre 1936, Gilchrist avait déjà un avenir tout tracé : brillantes études au Hamilton College à New York, doctorat à l'université d'Oxford à Londres ; une carrière tout aussi réussie : économiste au secrétariat général des Nations unies à New York, premier Africain francophone au FMI et, enfin, chef de multiples entreprises industrielles.

Mais c'est véritablement dans la politique que l'intéressé excella : en 1967, il créa à l'étranger le Mouvement togolais pour la démocratie (MTD), qui s'opposa au régime de Gnassingbé Eyadéma. Rentré au pays le 7 juillet 1991, après un quart de siècle d'exil, il porta sur les fonts baptismaux l'UFC en février 1992. Suivront, après, une série de déconvenues électorales :

1993 : écarté de la présidentielle pour cause de certificat médical non conforme, signé par des médecins français au lieu de togolais ;

1998 : interdiction de faire campagne au Nord, présidentielle qu'il remporta, du reste, mais qui fut interrompue par Eyadéma, qui se proclama vainqueur ;

2005 : empêchement de nouveau pour cause de non- résidence, mais "Gil" réussit à présenter son compagnon d'études Bob Akitani ;

2010 : impossibilité d'aller à la course à la présidentielle pour cause de maladie.

Pourquoi alors, après tant de combats qui se poursuivent d'ailleurs après la présidentielle du 4 mars 2010, le "miraculé de Sondou" a-t-il décidé ce 27 mai de rejoindre avec armes et bagages le régime du RPT ? Plusieurs lectures sont tirées de ce sabordage qui ne dit pas son nom : 1) Participe-t-il à ce gouvernement pour des raisons financières ? C'est une raison trop sommaire, même si ses activités industrielles ne sont pas actuellement au top, il ne sera pas le premier à manger la vache enragée en cas de coup dur.

Déçu de ses militants qui l'ont caillassé le 17 avril 2010, lors d'un meeting de contestation des résultats de la présidentielle ? L'argument ne vole pas haut.

A-t-il toujours l'adoubement de Jean-Pierre Fabre au travers de la gorge ? Cet argument est le plus brandi, car le pygmalion du SG de l'UFC a visiblement mal digéré le choix de Fabre comme candidat à la présidentielle sans son feu vert à lui, à tout le moins son feu orange.

Il y a enfin une autre raison : au soir de sa carrière politique, "Gil" veut aussi exercer un tant soit peu la réalité du pouvoir, qu'un écart abyssal sépare souvent de l'opposition de tous les jours. Ce qui est légitime aussi, car combien sont-ils, ceux qui vouent Gilchrist aux gémonies, qui sont capables de son endurance, de ses sacrifices ?

On entend certains couiner qu'il a "trahi", mais la politique n'est-elle pas aussi l'art du compromis, même si quelquefois, entre ce consensus et la compromission, la ligne de démarcation n'est pas très nette ? Des raisons qui ne constituent pas une excuse absolutoire pour ce vétéran de la politique togolaise qui a tardé à passer la main à la génération montante.

Jean-Pierre Fabre a toujours été aux côtés de son mentor mais, n'eût été le mal de dos de ce dernier, le "Obama" togolais n'aurait pas été choisi comme le champion du FRAC. A tarder trop à s'éclipser avant que les choses ne l'éclipsent, "le fondateur de l'UFC" a fait du tort à son parti et le schisme qui en a résulté augure, au mieux, un avenir de plus en plus hypothétique pour l'UFC ; au pire, sa disparition. Car on voit mal comment une UFC bicéphale pourrait survivre longtemps dans un Togo où le vote est une question de donne personnelle.

A présent, c'est véritablement le chef de l'Etat Faure Gnassingbé qui boit du petit lait. Il engrange une victoire, car c'est sa politique de la main tendue qui commence à prendre corps. Certes, ceux qui se sont embarqués dans cette aventure avec le RPT peuvent, un jour, le payer cash. Me Yawovi Agboyibo est bien avisé pour le savoir. Mais c'est cela aussi, la politique.

 

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