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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 22:56

 

 

 

 

 

 

Bozizé en galante compagnie KNK

Bozizé ici avec dans les bras Awa Yalo, une des nombreuses conquêtes de Ndoutingaï 

 

Ndoutingou

                                           Sylvain Ndoutingaï

 

par Michel SOUPOU

Nous le savons tous, depuis le vendredi 1er juin 2012, la guerre entre Francis Bozizé et Sylvain Ndoutingaye s’est soldée par la victoire (provisoire ?) du premier. Nous savons également quel rôle le fils du président a joué pour convaincre son père « d’en finir avec Sylvain », conforté en cela par un faisceau concordant d’évènements suspects et par la découverte de documents compromettants pour l’ex vice-président.

Mais en bozizie, on n’a guère le temps de s’ennuyer.

En effet, avant de mettre à votre disposition les informations qui suivent et que j’ai reçues dans ma boîte, je me suis employé à les vérifier, à les recouper mais surtout à les mettre en perspective.

Et cette perspective suit une logique implacable, celle du nettoyage par le vide. C’est un euphémisme de dire que Sylvain Ndoutingaye avait littéralement phagocyté l’ensemble des services publics, des administrations et singulièrement les services de renseignements. A une seule fin, rendre inéluctable sa prise du pouvoir et ‘’nettoyer’’ toute résistance à son irrésistible ascension.

Le plus cocasse (si je puis dire), c’est que, pendant qu’il mettait méthodiquement en pratique son propre pronunciamiento, il préparait au même moment une autre cabale. Et celle-là, croyez-moi, aura des répercussions au-delà de nos frontières. Quèsaco ?

Chasse aux fous

Les services de renseignements sous sa coupe inondaient et continuent d’inonder littéralement François Bozizé de fiches aussi fantaisistes les unes que les autres, avec toutes comme matrice principale un ‘’complot en gestation’’, fomenté et dirigé par Désiré Kolingba. (Voir fac-similés).

Pêle-mêle, l’ancien ministre aujourd’hui en cavale est accusé de recruter des mercenaires rwandais et ougandais en provenance des deux Congo et dont certains seraient déjà infiltrés dans Bangui sous l’apparence…de ‘’fous’’ (prière de ne pas rire). Pourquoi ?

Parce qu’un quotidien de la capitale a cru devoir relayer cette ‘’information’’ sous la forme d’un appel à la vigilance.

Véritable chiffon rouge agité sous son nez, la garde présidentielle se serait crue, elle, autorisée à rafler plusieurs ‘’fous’’ inoffensifs en errance dans la ville de Bangui et à les exécuter sans autre forme de procès. Meurtres préventifs massifs avec préméditation ? Cela relève de la CPI ça ! Ecoeurant…

Congo, piège à gogos

Mais ne vous y trompez pas. Cette très grave affaire a déclenché une véritable hystérie collective dans la bozizie, concomitamment avec le dénouement de l’affaire Ndoutingaye en même temps qu’elle provoque, dans les mêmes proportions, la consternation des présidents des deux Congo. Jugez-en plutôt !

Non contents d’accuser explicitement Denis Sassou Nguesso d’abriter et de soutenir une rébellion en gestation sur son sol, les va-t-en guerre de la bozizie ont commandité une mission composée de hauts gradés de l’armée centrafricaine à Bétou, en territoire congolais sans en aviser les autorités locales.

Fureur à Brazzaville et à Kinshasa. Les autorités de ces deux pays ne comprennent que Bangui s’acharne à accréditer des thèses de supposés complots et de rébellion à partir de leur territoire respectif. Selon une source crédible jointe à Kinshasa, moult assurances ont pourtant été données au président Bozizé. Pour mon correspondant, Joseph Kabila a pourtant certifié au chef de l’Etat centrafricain «qu’aucune action contre son régime ne viendrait jamais du territoire congolais». Même perplexité de l’autre côté du Pool où Denis Sassou Nguesso pointe du doigt l’ingratitude de François Bozizé. Selon une autre source, Denis Sassou Nguesso attend le prochain sommet de la CEMAC, prévu à Brazzaville pour exiger des explications à François Bozizé sur cette permanente suspicion vis-à-vis de son pays.

Espérons qu’ils n’en viennent pas aux mains. De fait, l’incrédulité des deux chefs d’Etat congolais est d’autant plus compréhensible que l’un et l’autre, chacun en ce qui le concerne, sont conscients d’avoir ‘’aidé’’ Bozizé à accéder au pouvoir et à consolider ce pouvoir. (Ah bon ?). Dès lors, pour les deux voisins, aucun doute : il existe bien au coeur du pouvoir à Bangui un noyau de va-t-en guerre décidés à créer une crise ouverte entre les trois pays.

Mieux, un responsable de Brazzaville joint également au téléphone est affligé : «Les Centrafricains ont-ils vraiment des services de renseignements fiables ou simplement une ambassade à Paris ? Ils sauraient que le Kolingba en question vit actuellement en France, à Orléans d’où il n’en est pas sorti et où, selon nos sources, il tirerait le diable par la queue. N’ont-ils pas autre chose à faire que de chercher à envenimer inutilement les relations entre nos trois pays frères ?». Euh… Bonne question à laquelle je n’ai personnellement pas de réponse. Mais il conviendra de poser la question au fameux ministre de la sécurité publique de Bozizé, Claude Richard N’gouandja qui passe le plus de son temps à ‘’rouler la mécanique à Bangui’’, sans stratégie, ni structure nationale en matière de renseignement. Triste réalité centrafricaine.

Néanmoins, on peut observer que le régime de Bangui est à couteaux tirés avec presque tous ses voisins, excepté le Tchad. Et encore ! Dans un détestable climat de suzerain à vassal. Il n’y a qu’à prendre en compte l’injonction qu’Idriss Deby Itno, de passage à Bangui, a faite à Bozizé d’ouvrir un dialogue avec l’opposition centrafricaine. Même s’il s’y est résigné à reculons, cet épisode montre à quel point la marge de manoeuvre de François Bozizé est étroite.

En bisbilles avec la quasi-totalité des chefs d’Etat de la sous- région, le général président ne peut guère compter sur la mansuétude de Paris où le nouveau locataire de l’Elysée ne reçoit en audience que les vrais démocrates, d’abord Thomas Boni Yayi du Bénin et bientôt le Nigérien Mahamadou Issoufou.

Un fin analyste politique me livre toutefois la clé de cette incompréhensible fuite en avant de Bozizé : «Ndoutingaye l’avait convaincu que ses voisins complotaient contre lui. En réalité, l’ex vice-roi s’était appliqué à isoler son oncle de sorte que, si le coup qu’il préparait contre lui avait réussi, aucun de ses pairs de la sous-région ne serait venu à sa rescousse. Et comme François Hollande venait de s’installer à l’Elysée, il n’aurait sûrement pas risqué d’entamer son crédit à l’international en envoyant des troupes en soutien à Bozizé. De toute façon, cette hypothèse n’est plus à l’ordre du jour. Le coup d’Etat aurait donc réussi à tous les coups» Imparable !

Dernière information en provenance de Bangui: comme je le laissais entendre, Firmin Findiro, le ministre de la Justice, celui dont je disais qu’en le nommant à ce poste au titre du clanisme, François Bozizé avait de fait confié les clés de son coffre-fort à un cambrioleur multirécidiviste, Firmin Findiro est réellement dans l’oeil du cyclone. Principal bras droit de Sylvain Ndoutingaye, il est prouvé qu’il a joué le rôle éminent d’auteur intellectuel du putsch manqué. Eh bien, retour de bâton, il lui a été fait interdiction ce vendredi de quitter le territoire alors qu’il allait prendre l’avion pour Paris. L’étau se resserre sur les rats.

La suite au prochain numéro.

 

 

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