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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 03:08

 

 

 

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Denise Epoté le 25 mars 2013 à 14h53   Source : blogs.tv5.org

 

 

Avoir la tête sous l'eau ne justifie pas que je ne puisse pas alimenter mon blog plus régulièrement, je vous le concède. Mais à la faveur de l'actualité en République centrafricaine, je retrouve mon clavier...


L'issue de cette crise était prévisible. François Bozizé  partirait comme Ange-Félix Patassé dont il avait 


provoqué la chute dix ans plus tôt. Mais avant de le rendre responsable de tous les maux de la RCA, il faudrait se poser la question de la responsabilité de l'opposition politique dans le choix de Bozizé en 2003? Pour faire partir Patassé, l'opposition centrafricaine avait estimé que seul Bozizé, parce qu'il avait une partie de l'armée avec lui,  pouvait parvenir à chasser le fantasque Patassé. Curieux raisonnement pour des politiques  qui ont toujours clamé haut et fort qu'il fallait que la RCA en finisse avec les coups de force à répétition depuis vingt ans!


Epuisée par les frasques de Patassé, la France a laissé faire. Comme de nombreux opposants à Patassé, tous de surcroit anciens collaborateurs, François Bozizé vivait en France...

 

A Bangui, Bozizé a été accueilli en libérateur! La suite de l'histoire on la connaît. Mise à l'écart des faiseurs de roi, élections truquées en 2005 et en 2011, gestion familiale et clanique et pour couronner le tout, mépris des institutions. Le non-respect de l'accord  de Libreville n'était pas une surprise, les précédents ayant connus le même sort. Mais par solidarité, les Chefs d'état d'Afrique centrale ont voulu mettre les formes pour tenter de sauver un des leurs. Cependant tous et en particulier Idriss Deby, allié précieux depuis 2003, savait que Bozizé n'était plus l'homme de la situation.

 

Le manque d'empressement des médiateurs congolais et tchadien à envoyer un émissaire, puis de se rendre à Bangui dès les premiers disfonctionnements, est révélateur de l'intérêt qu'ils accordaient encore à ce dossier. C'est la stratégie du fruit qu'on laisse pourrir afin qu'il tombe tout seul qui a été appliquée. Mais soutenir officiellement la Seleka à Libreville, revenait à créer un précédent qui pourrait se reproduire dans leur pays respectifs...On n'est jamais trop prudent. La seule prouesse qu'auront réussie les Chefs d'état d'Afrique Centrale, c'est d'avoir réuni autour d'une table deux clans qui s'opposent depuis dix ans. Pour son exil, après l'escale à l'Est du Cameroun, Bozizé devra à terme compter sur Jacob Zuma le seul allié qui lui reste. Ses anciens pairs d'Afrique centrale ayant peu goûté la naissance du nouvel axe Bangui-Johannesbourg.

 

Un ramassis de soldats en guenilles sans vision a- t-on entendu dire à propos de la Seleka. Sans doute, car depuis deux décennies à Bangui on attend toujours l'homme providentiel qui viendra remettre de l'ordre dans ce pays où même chassé du pouvoir Bertrand Aristide n'a pas voulu résider. Peut-être trop de ressemblances avec Haïti. Malgré le potentiel, tout n'est que désolation. Résultat, le pays semble invisible sur une mappe monde. Seul le sacre de l'Empereur Bokassa 1er en 1977 aura permis au reste du monde de s'intéresser à ce pays d'un peu plus de trois millions d'habitants.

 

A propos de la Seleka, on oublie la formation reçue par la majorité de ses membres pour lutter contre le braconnage dans le nord. Une formation financée par les Etats-Unis, donc sérieuse. L'histoire nous dira un jour si en plus, la coalition a bénéficié du soutien amical de quelques pays voisins, déçus par l'attitude de François Bozizé. Il n'aura fallu à la Seleka que trois mois pour atteindre son objectif.

 

En matière de communication, la Seleka a tout sauf manqué de stratégie. Un porte-parole jeune, Eric Massi dont on peut comprendre le rapprochement avec la coalition.  Son père Charles Massi  est une des dernières victimes de la cruauté et de la barbarie du régime de François Bozizé. Il faut espérer qu'Eric Massi ne soit pas aveuglé par l'idée de venger son père. Il devra être  auprès  du nouveau maître de Bangui l'interprète de la jeunesse de RCA  qui attend que les promesses de changement se concrétisent.

 

De l'accord de Libreville, il faudra conserver toutes les dispositions à l'exception d'une. La tenue d'une élection présidentielle en 2016.  Cette dernière ne valait que pour François Bozizé car il devait demeurer Président de la République  jusqu'au terme de son second mandat. Aucune transition ne saurait durer trois ans. L'état de grâce ne dure guère.

 

Très vite le président autoproclamé Michel Djotodia devra donner des gages de sa volonté de tourner la page Bozizé en ne répétant pas les mêmes erreurs. Se laisser griser par le pouvoir...

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion