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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:49

 

 

 

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LE 28 DÉCEMBRE 2012 14H19 | PAR VINCENT HUGEUX  http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2012/12/28/rca-bozize-aux-abois


Un SOS tous azimuts. Isolé, menacé en son palais banguissois de la Renaissance par les rebelles de la Séléka, le général-président François Bozizé en appelle à tous ses parrains et protecteurs d’hier. A commencer par les « cousins » français et nord-américains. Mauvaise pioche. Les 250 militaires bleu-blanc-rouge stationnés sur l’aéroport de la capitale, tient à préciser François Hollande, ont vocation à protéger « nos ressortissants et nos intérêts », et non « un régime » ; hors de question « d’intervenir dans les affaires  intérieures d’un pays ». « Un régime », « un pays »: l’un et l’autre seraient-ils à ce point innommables ? Quant aux Etats-Unis, ils ont tout bonnement fermé leur ambassade.


N’accablons pas -du moins pas encore- le chef de l’Etat aux abois. Si elle semble enfin révolue, la martingale du sauvetage postcolonial ne l’avait jusqu’alors jamais trahi. Paris bénit en mars 2003 le putsch fatal au calamiteux Ange-Félix Patassé. Et sauvera la mise à l’ami « Boz » en 2006, quitte à bombarder deux villes fraîchement conquises par les insurgés de l’UFDR. Une autre figure de style françafricaine contribuera à entretenir l’illusion de l’assurance-vie perpétuelle : le ballet des généraux d’active ou retraités bien de chez nous mandatés pour conseiller le frère d’arme et encadrer sa garde prétorienne. Uranium, diamants, or, télécoms : d’autres « sorciers blancs », rarement mûs par le seul altruisme, perpétueront la chimère. Le plus pittoresque du lot ? Armand Ianarelli, un homme d’affaire corse, patron, entre autres, de la salle de gym ou Bozizé s’échine à garder la forme et la ligne. De même, au long de la décennie écoulée, le fils de gendarme natif de Mouila (Gabon), passé par l’Ecole de guerre hexagonale, a misé sur maints alliés -rarement désintéressés- pour étayer son pouvoir chancelant. Tchad, Libye, Afrique du Sud, Israël, Soudan, RDC, Chine. Tous auront, chacun à sa façon, fournit au roitelet de Bangui des béquilles sécuritaires ou budgétaires.


Franc-maçon, promu voilà peu « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, dont il fonda en 2001 le chapitre centrafricain, entouré par une coterie de pasteurs venus du Bénin, Bozizé a pu longtemps croire en sa bonne étoile. Remarqué par le grotesque Bokassa Ier, pour avoir selon la légende boxé un légionnaire français coupable de raillerie envers l’impérial Jean-Bedel, le jeune François se voit promu aide de camp du boss et général de brigade à 32 ans. Ministre de l’Information, il tente en vain en 1982 de renverser André Kolingba. Embastillé au retour de son exil béninois, il échappe in extremis à une tentative d’assassinat dans sa cellule.


Son piteux score, lors de la présidentielle de 1993, lui vaudra le sobriquet de « Monsieur 1% » ? Qu’à cela ne tienne : quoique taiseux et médiocre orateur, l’homme de Dieu ne doute pas de son destin. Chef d’état-major de Patassé, il orchestre en 2001 un nouveau coup d’Etat foireux, fuit au Tchad puis en France. La troisième tentative, deux ans plus tard, sera en revanche couronnée de succès. Fraudes à l’appui, les scrutins de 2005 puis 2011 feront le reste.


Musée vivant des maux du continent, la République centrafricaine n’a jusqu’alors échappé à aucun des travers qui sapent son essor : alternances en treillis de combat, élections truquées, insigne faiblesse de l’Etat, corruption, clientélisme, népotisme… Charité bien ordonnée commençant par moi-même, le reclus de Bangui a toujours privilégié son ethnie gbaya et sa descendance. Avec un bonheur inégal. S’il peut miser sur son aîné Jean-Francis, ancien adjudant de la Légion et ministre délégué à la Défense,  papa Bozizé a dû sévir contre Kévin, mis à l’ombre pour avoir omis d’acquitter une coquette note d’hôtel. Recalé d’une formation militaire à Tours, Aimé-Vincent fut quant à lui expédié en pénitence dans la ville-garnison de Bouar. A l’inverse, nous apprend La Lettre du Continent, le prénommé Socrate serait de toutes les virées à l’étranger. Le père, les fils et le Saint-Esprit… Lors des législatives de janvier 2011, la famille a d’ailleurs raflé un petit cinquième des sièges : parmi les élus, le chef du clan et la Première Dame Monique, flanqués de quelques rejetons ou neveux. Qui préside alors la Cour constitutionnelle ? Un cousin, par ailleurs pasteur de l’Eglise baptiste.


Le 26 novembre, à la faveur d’un culte d’action de grâce, l’évangéliste suprême a invité ses compatriotes à demeurer dans la prière, à l’image de Job, pour surmonter les difficultés et attendre le salut. Dieu, pour peu qu’Il en trouve, reconnaîtra les siens.

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