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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 01:27

 

 

 

Cameroun-vote.jpg

 

 

Le Pays vendredi 14 octobre 2011

Des voix s’élèvent de partout au Cameroun pour dénoncer des irrégularités et des cas de fraude dans l’élection présidentielle du 9 octobre dernier. N’en déplaise donc au ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui, se voulant Calife à la place du Calife, s’est empressé de déclarer que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il ne s’agit pas, ici, de s’attabler sur les conséquences désastreuses d’une telle déclaration de cet observateur de la présidentielle du Cameroun situé, lui, de l’autre côté de l’océan, plus précisément dans les fauteuils dorés du Quai d’Orsay.

Dans nos précédentes éditions, nous en avons largement parlé. Interrogeons-nous plutôt sur l’avenir post-électoral du pays que Paul Biya dirige d’une main d’acier depuis près de 30 ans, et montre de plus en plus qu’il a un appétit d’oiseau pour l’alternance et la démocratie. Il vaut mieux le dire, quitte à être taxé d’oiseau de mauvais augure, les contestations observées ici et là, ne sont, ni plus ni moins, que des escarmouches qui annoncent des lendemains post-électoraux incertains au Cameroun.

A tout le moins, si, contre vents et marées, la Cour constitutionnelle camerounaise - qui est, comme la plupart d’autres en Afrique, la caisse de résonance du pouvoir - venait à valider les résultats du scrutin, on assisterait à deux cas possibles. Soit l’opposition et le peuple camerounais, par peur du pouvoir de Yaoundé, se contentent de grommeler, laissant ainsi le soin au mastodonte Biya d’empoigner sa chose ; soit ils se jettent dans la rue, prenant le risque d’affronter l’armada militaire sans doute déjà mise en place par le pouvoir camerounais pour mater du contestataire. Il faut craindre, malheureusement, le pire.

L’opposition se verra d’autant plus dans ses droits de contester les résultats de l’élection que le président-candidat lui a servi un scrutin qui, à lui seul, est la synthèse de toutes les élections mal préparées que l’Afrique contemporaine ait connues jusqu’ici. Des personnes ont témoigné être détentrices de plusieurs cartes d’électeurs, des bureaux de vote sont restés sans matériel électoral, des localités n’ont pas pu voter faute du nécessaire à cet effet...

C’est bien dommage qu’au crépuscule de sa vie, Paul Biya manque de sagesse, ruse éhontement avec la démocratie et le destin de son pays. Tant il est vrai que, comme le dit l’autre, " le pouvoir corrompt et le pouvoir indéfini corrompt indéfiniment". On aimerait tout de même voir l’intelligentsia camerounaise ( de la diaspora comme de l’intérieur du pays) s’agiter, comme elle l’a fait, concernant la Côte d’Ivoire, pour sauver le peuple camerounais de l’apocalypse voulue par Paul Biya. Mais jusque-là, cette intelligentsia se montre amorphe face à ce septuagénaire qui souffre d’une sérieuse anorexie démocratique. Le "printemps africain" viendra-t-il donc du Cameroun ? Les ingrédients y sont, en tout cas, réunis.

Boulkindi COULDIATI  

 

France - Cameroun : La caution de la France à un dictateur

 

Deux jours seulement après l’élection présidentielle au Cameroun, le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, ne s’est pas gêné pour déclarer que "selon le rapport de l’OIF, l’élection s’est bien déroulée", tout en appelant les acteurs politiques à utiliser les voies de recours constitutionnelles.

Ainsi donc, comme dans une course de vitesse, la France s’est empressée de cautionner une énième élection chaotique de Paul Biya, qui totalise 29 ans au pouvoir. Rien d’étonnant à ce jeu politique malsain et cynique.

Nos "ancêtres les Gaulois" apportent et continueront d’apporter leur soutien aux dictateurs de la trempe des Biya, pour peu que ceux-ci défendent leurs intérêts. Alain Juppé, qui est un dinosaure du système de la Ve République, sait certainement ce qu’il fait en se prononçant aussi rapidement. S’il a sacrifié la prudence qui devrait le caractériser surtout pour une élection qui compte des morts et dont les risques de dérapages sont toujours présents, c’est que le jeu en vaut la chandelle.

Mais alors, la France ne peut plus se vanter d’être le pays des droits de l’Homme et se faire le chantre du respect de la démocratie. En effet, malgré toutes les insuffisances constatées durant tout le processus, elle n’a pas levé le petit doigt pour interpeller les dirigeants camerounais.

Dans cette situation, la France ferme les yeux et se montre complaisante avec une dictature solidement installée de 29 ans qui a pris en otage la vie des Camerounais. Sous la Ve République, les méthodes chiraquiennes se poursuivent allègrement au grand dam de l’avenir des citoyens africains.

Pour sûr, il ne faut pas compter sur la France pour défendre une cause aussi juste que l’alternance dans certains pays. C’est pourquoi les Camerounais devraient se réveiller et se battre pour une véritable démocratie dans leur pays dont les dividendes leur seront d’abord profitables. Car, enfin, ils sont aussi responsables de la sclérose du régime camerounais dont les exploits sont d’entériner la nomination en conseil de ministres de personnes décédées.

© Le Pays : P. SILGA

 

 

Mila Assouté écrit à Nicolas Sarkozy

 

Lettre ouverte au Président Français, Monsieur Nicolas SARKOZY

 

Monsieur le Président de la République Française,

Cette lettre ouverte que j’adresse à votre haute attention et à celle du Peuple Français fait suite aux déclarations scandaleuses et surprenantes du Ministre d’État, ministre des Affaires Étrangères Françaises et Européennes, Monsieur Alain Juppé, sur la mascarade qui vient de se tenir au Cameroun. Ses accointances avec Paul BIYA étant bien connues il est très inconvenant que Monsieur Juppé se laisse aller à de telles déclarations, même à titre diplomatique. Il a heurté le Peuple du Cameroun qui souffre dans sa chair.

En affirmant dans un contexte électoral très  tendu au cours duquel  3 Camerounais ont trouvé la mort, sans énumérer les violences inavouées et les dysfonctionnements graves enregistrées dans le pays, en plus de la cacophonie dans l’organisation des élections, le ministre d’Etat a plutôt laissé parler son émotion personnelle et amicale. Il dit : « l’élection présidentielle s’est déroulée de manière 'satisfaisante'.. » Les propos du ministre d’Etat choquent le Peuple Camerounais et me heurte à titre personnel comme réfugié politique en France. L’élection présidentielle prochaine en France où de nombreux Franco-Camerounais voteront soit pour l’UMP soit pour le PS sera-telle soumise à une fermeture des frontières aériennes et terrestres et au couvre-feu le jour même du scrutin pour vous faire élire ?

Qui parle d’élection satisfaisante au Cameroun le 09 Octobre 2011 ?

Il est tout de même surprenant qu’en France, pays où la vie d’un seul Français est sacrée, pays où la liberté et la démocratie sont les fondements de la République, d’entendre un responsable gouvernemental français d’un si haut niveau se satisfaire d’une élection tronquée sans évoquer les morts provoqués par ladite élection. Un tel propos venant d’un Gaulliste alors que de nombreux journaux français dénoncent la confiscation du pouvoir républicain pendant 30 ans avec une volonté affichée d’y mourir sans tenir compte des suffrages est encore plus que choquant.

Nous voulons bien croire à l’innocence du satisfécit de Monsieur Juppé, mais lorsque les familles portent le deuil de nos compatriotes assassinés au cours de ce simulacre d'élection présidentielle qui a mobilisé au Cameroun et dans toutes les chancelleries occidentales, des militaires armés et des policiers appelés au secours pour neutraliser le mécontentement populaire, on s’en étonne !

La déclaration de Monsieur Juppé intervient alors même qu’une polémique grave enfle encore en Afrique et au Cameroun sur les mallettes de Maître Bourgi et le financement  des campagnes électorales de certains candidats en occident par des despotes en échange de tels satisfécits.  La veille de l’élection présidentielle en France... Monsieur Bougi a fait à ce propos des révélations fracassantes toujours d’actualité en France dans les juridictions qui s’en sont saisies.

Il reste à espérer que le propos du ministre d’Etat a peut-être dépassé sa pensée en outrepassant inconsciemment le respect qu’il a dans son propre pays en tant  que humain pour la vie des citoyens français. Je constate aussi qu’il prend à contrepied, peut-être innocemment, pour des raisons qui lui sont propres, l’aversion que le Président Obama et vous –même avez ouvertement affichée à l’égard des dictatures sur le Continent Africain et ailleurs dans le monde...

Monsieur le Président de la République,   POUR NOTRE PART, LE PEUPLE DU CAMEROUN NOUS A  LARGEMENT SUIVI. LE MOT D’ORDRE DE  L’ABSTENTION A GAGNE : le coup d’Etat électoral de Paul BIYA est tout sauf « satisfaisant ». Nul n’a le droit où que ce soit dans le  monde, d’ignorer le message d’abstention du Peuple ni de violer les valeurs de la démocratie sans se rendre complice de la tyrannie que notre jeunesse nationale décrie ; laquelle  sera vaincue au-delà de toutes les déclarations de convenance qui insupporte notre Peuple depuis les années d’indépendance.

L’immense majorité du Peuple souverain a  snobé l’arbitraire  administratif et juridique que traine comme un boulet le processus électoral camerounais ; les tours de passe-passe magiques des prestidigitateurs politiques et leurs complices internes et parfois étrangers ne marchent plus… Nous nous élèverons contre des cartels au pouvoir au Cameroun avec des tentacules qui n’ont aucun intérêt pour notre Peuple.  Nul ne se prévaudra d’aucune légitimité que notre Peuple a refusé de concéder. La rapine  n’a que trop duré dans ce pays, Monsieur le Président.

Au Cameroun, il n’y a plus de doute dans l’inconscient collectif que seule la force populaire rétablira le droit face à notre dictateur BIYA. Notre Peuple mérite d’être vivement et patriotiquement félicité et respecté partout où ils se trouvent dans le monde pour son calme apparent et son courage face à la persécution du système en place que certains confondent complaisamment avec à la légitimité.

Les manigances électorales de BIYA ayant échoué notre détermination et celle du Peuple souverain du Cameroun à résister par tous les moyens est inébranlable. Il ne faut surtout pas que d’aucuns sous-estime précocement notre Peuple et notre capacité à libérer le Cameroun…

La  première marche de notre liberté collective vient d’être gravie : l’abstention. La suite est à venir.

S’il est naturel de faire des compliments aux amis de fortune, il devient indécent de ne pas tenir compte en démocratie du  message clair des Camerounais, et surtout de ne pas respecter la mort des victimes de cette parodie d’élection qui menace pourtant sérieusement la paix dans notre pays.

Ailleurs en démocratie, un seul mort même naturel en forêt, à plus forte raison quand il s'agit d'un assassinat,  mobilise de nombreux hélicoptères et des pans entiers des services de police et de gendarmerie et souvent toutes les télévisions…pour élucider le drame. La mort d’un Camerounais mérite la même considération. En Février 2008, pour les mêmes desseins intumescents de confiscation du pouvoir politique,  200 Camerounais ont été massacrés et personne ne s'en est ému ! C’en est assez !

Aucune élection en démocratie ne se déroule avec le pistolet à la tempe : la prestidigitation du 09 Octobre 2011 n’est pas une élection. Elle ne mérite aucun compliment, ni de Monsieur Juppé, ni de personne d’autre... On ne peut pas saluer une élection qui se déroule sous le couvre-feu, la fermeture des frontières, les  enlèvements de citoyens, la militarisation des bureaux de vote, la vassalisation des institutions républicaines ; surtout pas de la part d'un membre de la famille politique de Charles De Gaulle…

 La résistance que je dirige ne l’acceptera pas, que cela soit clairement entendu. J’ai recommandé à notre Peuple de rester confiant et mobilisé pour affronter la lutte qui va commencer: la République de liberté et de démocratie que mérite notre pays n'est pas  négociable.

 Nous rendons ici patriotiquement, un hommage appuyé aux hommes et aux femmes qui se sont abstenus de cette mascarade. Nous félicitons également très chaleureusement toute notre jeunesse nationale, nos paysans, nos très nombreux étudiants et sympathisants ainsi que l’ensemble des membres de la communauté nationale vivant à l’intérieur et celle de l’extérieur qui nous contactent pour organiser la lutte de la libération sur le terrain.

Nous avons travaillé pour parvenir à un changement alternatif et démocratique par la voie des urnes au Cameroun... Elle nous est refusée. L’autocratie a décidé arbitrairement d’interdire notre candidature, une deuxième fois après un premier refus arbitraire en Octobre 2004. Notre électorat ne sera pas muselé. Il devra parler en fin de compte après la libération.

J’ai créé un Conseil National de Résistance et de Libération en marge du parti politique, le RDMC muselé, pour mener autrement la lutte pour la liberté et la démocratie que réclame mon pays.

J’en profite Monsieur le Président, pour faire savoir solennellement à la communauté internationale que le cinéma du 09 Octobre 2011 n’engage que ceux qui sont concernés. La multiplication des arguments fallacieux tendant à justifier les raisons de tirer encore en longueur l’exploitation et la misère de notre Peuple a duré 29 ans ! Nous serons en face de toute agression, de tout complot contre le Peuple du Cameroun. Nous   nous battrons contre toute « monarchisation » de la république du Cameroun, et au besoin les armes à la main, comme en 1956 quand il a fallu accéder à l’indépendance de nos territoires.

Notre mouvement ne se laissera pas impressionner par quelque honteux soutiens apportés à  un despote en villégiature permanente. Ils seront considérés et traités comme partisans de la déprédation de notre pays et des crimes chroniques dont leurs auteurs se rendent complices aux yeux du monde.

 Le Ministre français des affaires étrangères a vite parlé ; d’autres Français ont un point de vue différent que la presse française livre abondamment. Je crains qu’il se soit trompé précocement au Cameroun comme on l’a observé en Tunisie.

La nationalité Suisse de Paul BIYA ne souffre plus d’aucun doute. Son inéligibilité au Cameroun  au terme de nos lois est probante et réelle. Son serment sera donc nul et de nul effet au même titre que le résultat connu des «  élections ». La violence post-électorale pour le démettre de force après son intronisation par ses juges deviendra un devoir sacré de notre Peuple s’il ne s’arrêtait pas dès maintenant…

Le Peuple du Cameroun, de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud et dans la Diaspora est épuisé des vols, des mensonges, des crimes sur leurs enfants et des souffrances.

La paix en Afrique centrale et la stabilité sont consubstantielles à la paix au Cameroun, donc à l’essence même du respect des règles de droit qui fixent et régulent  notre « vivre ensemble ». Ces valeurs ne s’exercent que dans un Etat de droit, de démocratie et de liberté comme en France et qu’aucun autocrate comme Paul BIYA ne peut tolérer.

Tout nous a été  volé ces 29 ans durant : la dignité, la richesse nationale, les suffrages, les vies sont brisées, écourtées, la liberté  nous est interdite, les citoyens sont enlevés dans les rues sans motifs, les femmes et les enfants humiliés, les jeunes massacrés…

Le temps de la liberté a sonné… !

Le Cameroun n’est pas une monarchie, il ne l’a jamais été, il ne le sera jamais… Nous prendrons la rue s’il le faut, pour la liberté et la démocratie. Aucune velléité de « monarchisation » de la République du Cameroun qui pointe à l’horizon ne verra le jour. Elle relève des fantasmes puérils de ceux qui ignorent ou feignent d’ignorer le Cameroun et son Peuple lorsqu’il a le dos au mur…

Monsieur le Président, les Camerounais vous observent et ils vous ont vu faire ailleurs contre les dictatures… La neutralité que la France à travers vous a observée dans les affaires de notre pays où vous n’êtes jamais allé auréoler  la dictature vous honore. On verra s’il y a dans le monde des zones de démocratie du pétrole à gauche et celles des dictatures des mallettes à droite.

Fait le, 13 Octobre 2011.

Pour le Conseil National de Résistance et de Libération du Cameroun

Chief Pierre Mila Assouté.

Réfugié politique.

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