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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 01:31

 

 

Libreville.jpg

 

 

http://www.linfodrome.com    08 janvier 2013

 

La rencontre prévue à Libreville entre la rébellion du Séléka et le pouvoir centrafricain aura t-il lieu? Si ces pourparlers se tiennent comme prévu, ils risquent d'être un dialogue de sourds, car les deux parties défendent des positions diamétralement opposées.


La rébellion du Séléka et le pouvoir du président François Bozizé ont chacun affiché leur volonté de participer aux pourparlers de Libreville la capitale gabonaise. Mais tout le problème réside dans les positions très figées des deux camps. La rébellion affirme aller à ce dialogue pour demander une seule chose: le départ de Bozizé. Evidemment le camp de celui-ci oppose une fin de non-recevoir à la demande du Séléka au motif que le mandat de l'actuel président centrafricain court jusqu'en 2016. C'est donc un dossier chaud que la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) a en main. Mais si la rencontre de Libreville tourne court, quelles seraient les conséquences possibles pour la Centrafrique?


Deux scénarios sont envisageables. La rébellion pourrait décider de forcer le barrage érigé par les forces tchadiennes qui constituent la principale force de frappe des troupes de la CEEAC. En choisissant une telle option, la rébellion joue à quitte ou double. Si elle décide de se frotter aux forces d'élite de Déby, elle doit pouvoir faire plier l'échine à cette redoutable machine de guerre. Va-t-elle y parvenir? C'est la grande interrogation.


Depuis qu'elle a déclenché son offensive le 10 décembre 2012, les troupes du Séléka n'ont véritablement pas rencontré de résistance. L'armée résiduelle de Bozizé avec laquelle elle a croisé le fer, a été très vite submergée. Ce qui n'est par contre pas le cas des forces tchadiennes qui pourraient enlever à cette rébellion, toute envie de combattre. Si l'alliance rebelle échoue dans sa défiance de ces « chiens de guerre » venus des bords du Chari, elle signerait son arrêt de mort. Le deuxième scénario est celui qui consisterait à un maintien du Séléka sur ses positions actuelles, constituant ainsi un étau permanent autour de la portion de territoire encore sous contrôle de Bozizé. Cette pression pourrait, si elle se prolonge, pousser les médiateurs de la CEEAC à envisager une solution de rechange, à savoir pousser Bozizé à la démission comme ce fut le cas de ATT au Mali.


Cette solution pourrait favoriser l'alternance qu'exige l'ensemble de l'opposition. Apparemment la rébellion a opté pour cette stratégie. En bougeant ses lignes de quelques kilomètres jusqu'à se positionner à une douzaine de kilomètres de Damara, la porte d'entrée de Bangui, le Séléka est visiblement dans cette logique. Autre cas de figure, la situation peut tourner à un véritable conflit régional, car si l'on connaît les pays qui sont actuellement aux côtés de Bozizé, on ignore par contre tout ou presque des soutiens de cette rébellion centrafricaine. Les discussions qui débuteront en principe ce mardi 8 janvier dans la capitale gabonaise, se poursuivront le jeudi par un sommet des chefs d'Etat de la sous-région. D'ici là, on en saura peut-être davantage sur les protagonistes de la crise. Des masques pourraient enfin tomber.

 

Charles d'Almeida

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion