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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 20:39

 

 

 

rebelles-de-Seleka-en-RCA.jpg

 

http://www.republicain-lorrain.fr  Mercredi 6 février 2013 

 

Le chanteur spitellois et centrafricain Malépopo a construit, début 2012, un centre socioculturel dans sa ville natale, Sibut. À peine opérationnel, le bâtiment a été occupé par des rebelles, qui retiennent ses deux fils.

 

Nom de scène : Malepopo. Age : 43 ans. Domicile : L’Hôpital, en Moselle-Est. Etat d’esprit : inquiet et révolté. Dans son pays natal, la Centrafrique, Malépopo compte parmi les très grands artistes. Remplissait les stades. Aujourd’hui, le Spitellois continue dans la veine musicale, avec son Festival du conte et de l’oralité de Saint-Avold notamment, mais toujours avec un œil sur son pays, une pensée pour sa ville, Sibut.

 

Sibut. C’est là qu’il a passé les mois d’août à décembre, pour commencer à faire tourner le centre socioculturel qu’il a construit il y a un an. « Il y a dans mon village un gros problème sur le plan scolaire, l’éducation des enfants est très difficile ». Sur ses fonds propres, il a acheté un terrain et construit le centre La Tomi, du nom de la rivière qui coupe la commune centrafricaine en deux.

 

« Un opérateur téléphonique français m’a donné des clés 3 G et l’IME de Forbach, qui renouvelait son parc informatique, m’a fourni trois ordinateurs. A Sibut, personne n’a d’ordinateur. Quand je les ai installés, tous les jeunes sont venus pour voir ce que c’était ». Idem quand Malépopo propose des projections de film : « Tout le village vient, Ce sont des choses qui ne se sont jamais faites . »


Le cybercafé en cours d’installation est aussi promis à un bel avenir. Etait, plus exactement. Car le 31 décembre, quelques jours après que Malépopo a pris l’avion du retour, « des hommes en armes ont débarqué dans la commune à bord de jeeps ».


Des rebelles, partisans de Michel Djotodia, le leader de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement – une des nombreuses factions armées en conflit ouvert et armé avec le pouvoir actuel.

 

« Des hommes dangereux »


« Ils ont mis en place une cellule dans chaque secteur pour quadriller toute la ville et éviter des infiltrations. Dans mon quartier, à Goussara, ils auraient pu choisir une des écoles. Mais ils se sont établis au centre socioculturel ». Là où vivent depuis juillet ses deux enfants, Prince et Belford Yangala, 17 et 15 ans, jusque-là scolarisés dans la capitale, Bangui.


« Je leur ai installé des chambres pour qu’ils puissent être près de leur nouveau lycée et surveiller le fonctionnement du centre socioculturel ».


Sibut est coupée du monde depuis plusieurs jours. « Plus de téléphone, plus rien. Certains fuient vers le sud avec les pirogues ou à travers la forêt. C’est comme ça qu’un ami de mes fils m’a rapporté la situation. Personne n’a su me dire pourquoi les soldats les retenaient . »


La désignation de Nicolas Tiangaye comme nouveau Premier ministre est un pas vers un gouvernement d’union nationale. « Mais les tractations vont s’éterniser, notamment entre les opposants traditionnels et la Séléka [coalition rebelle, ndlr] . Pendant ce temps, mes enfants sont entre les mains de soldats que personnes ne peut gérer. qui sont très dangereux dès qu’ils ont fumé. » Une amie de Besançon, proche du porte-parole de la Séléka, « m’a assuré que ces soldats ne leur feraient rien et ne casseraient rien. Mais je sais que ces hommes sont incontrôlables. »


Vincent TRIMBOUR

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