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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 22:46

 

 

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ENERCA

 

(Journal de Bangui 12/09/2011)

Le ministre de l’Energie et l’Hydraulique parle avec détachement de ses attributions et des contraintes de son département

Est-ce M. Le ministre veut bien nous décrire son parcours?

Je suis Statisticien Economiste de formation marié père de cinq enfants. Précédemment, j’occupais les fonctions de Conseiller économique et financier auprès du Premier Ministre. Ce poste d’homme de l’ombre m’a permis d’avoir un regard plus détaché des passions politiques et de traiter les dossiers avec plus d’objectivité. Je me qualifierai plus comme un commis de l’Etat au service du développement de la République Centrafricaine. Aux côtés du Premier Ministre, j’ai eu l’occasion de traiter plusieurs dossiers économiques, financiers et sectoriels dont ceux du secteur dont je m’en occupe actuellement. Par exemple, j’ai participé à plusieurs reprises à des négociations sur la réhabilitation de la Centrale de Boali.

Ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, quelles sont les missions assignées par le gouvernement à votre Département?

Aujourd’hui au poste de Ministre de l’Energie et de l’Hydraulique la mission est, en mots simples, apporter la lumière et l’eau à toute la population centrafricaine. Dans notre document de stratégie il est prévu de passer d’un taux d’accès à l’électricité de 4% actuellement à 7% en 2015. N’oublions pas qu’en parlant d’Energie j’ai aussi en charge d’assurer la régularité de l’approvisionnement et la distribution des produits pétroliers sur toute l’étendue du territoire de la République centrafricaine. De même, en parlant de l’hydraulique, il m’incombe aussi la tâche non seulement d’apporter de l’eau potable à nos populations partout où elles se trouvent sur le territoire mais, aussi de veiller à l’assainissement de nos villes et villages.

Quand on entend énergie et hydraulique, on ne peut s’empêcher de penser à l’enerca et à la Sodeca, quel est l’état des lieux de ses deux sociétés?

Vous avez raison de dire qu’en parlant de l’énergie et de l’hydraulique on ne peut s’empêcher de penser à ces deux sociétés dont j’assure la tutelle. L’Enerca et la Sodeca sont deux sociétés qui ont le monopole de la Production, du Transport et de la Distribution respectivement de l’électricité et de l’eau en République Centrafricaine, même si les codes de l’électricité et de l’eau adoptés il y a quelques années déjà consacrent la libéralisation du secteur. Ces deux sociétés traversent aujourd’hui de moments difficiles dus à plusieurs raisons.

La première raison est celle d’une mauvaise gouvernance managériale et financière installée depuis plusieurs années qui fait que ces entreprises traînent des dettes colossales qui ont avalé leur capital, s’il faut raisonner en termes de gestion financière pure. Ce qui veut dire qu’en réalité ce sont des entreprises non-viables. La deuxième raison est la vétusté des équipements dont certains datent de la période coloniale comme ceux de Boali 1. La troisième raison est liée à l’environnement national: certains ménages se croient affranchis de l’obligation de payer leurs factures d’électricité et d’eau. Que dire de l’Administration Publique, grosse consommatrice, qui cumule des arriérés de paiement des factures d’électricité et d’eau mettant en difficultés la trésorerie de ces entreprises. La dernière raison est le phénomène de la fraude généralisée de l’électricité et de l’eau par les ménages avec la complicité, la plupart du temps, des agents de ces entreprises. Une étude a révélé un manque à gagner de plusieurs millions de FCFA par an. Pour me résumer, je peux dire que l’Enerca et la Sodeca vivent sous perfusion grâce aux avances de trésorerie des banques commerciales. Juste pour couvrir les charges de fonctionnement quotidien: salaires, fournitures de bureau, etc.

Parlant de l’Enerca, où en sommes-nous avec les négociations concernant le projet Boali III?

Les négociations pour Boali 3 sont bouclées puisque nous venons de signer en date du 22 Juillet 2011 la convention de l’exécution des travaux avec l’entreprise Chinoise Shengli Engineering Consctrucion Co, Ltd. Le démarrage des travaux est prévu cinq mois après la signature de cette convention et les travaux s’achèveront dans 24 mois.

La mise en route de cette usine peut-elle circonscrire le phénomène de délestage dans la Capitale centrafricaine?

En réalité la mise en route de Boali 3 ne va pas circonscrire totalement le problème de délestage. La capacité supplémentaire qu’apportera la pose des turbines à Boali 3 ne sera que de 10MGW. Il nous faudra nécessairement augmenter les capacités de Boali 2 et Boali 1. En somme, il s’agira de dédoubler Boali 2 pour l’emmener à 20 MGW et construire au pied de Boali 1 une usine de 20 MGW pour espérer à l’horizon 2015 atteindre 50 MGW.

Qu’en est-il des autres projets de production hydroélectrique en Centrafrique?

En effet, lorsque nous parlons de l’énergie hydroélectrique, nous nous focalisons sur Boali comme si la RCA ne se limitait qu’à Bangui. La République Centrafricaine a cette chance inouïe de posséder plusieurs potentiels sites hydroélectriques à l’intérieur du pays. Je vous apprends que le Gouvernement est en train de travailler sur les dossiers de plusieurs sites hydroélectriques potentiels, notamment les sites de Kembé, de Dimoli, de La lobaye, de la Lancreno, de Totobou, etc. En ce moment, nous sommes en pleine négociation avec des partenaires pour une mise en valeur des sites de Kembé dans la Basse Kotto, de Dimoli dans le Kadei, de Totobou à Carnot. Par exemple, nous venons d’être saisi par la BDEAC qui a manifesté sa disponibilité à rechercher le financement de la construction Dimoli qui peut nous apporter plus de 180 MGW. Cependant, pour tenir compte de l’évolution actuelle, notre politique est de développer un partenariat Public /Privé sous la forme de BOT pour la mise en valeur de ces sites au lieu de compter sur les seuls investissements publics. Le marché de l’électricité est aujourd’hui ouvert à l’intérieur des pays de la CCEAC. Nous devrions donc nous y préparer pour ne pas rester à la traîne.

De manière assez concrète, quelles sont les perspectives à court, moyen et long terme en ce qui concerne la Sodeca et l’Enerca?

L’Enerca et la Sodeca doivent être recapitalisées et restructurées. Si nous voulons que ces entreprises soient encore viables, il est indispensable qu’elles subissent de profondes réformes pour s’adapter au nouveau contexte de marché qui s’annonce. L’Etat peut par exemple ouvrir à 40 pour cent le capital social de l’Enerca au privé.

Quel message lancez-vous aux populations centrafricaines?

Le message est de garder espoir; les perspectives sont bonnes en matière de production hydroélectrique. Je leur demande de la patience. Comme vous savez, lorsque vous lancez la première pioche de construction d’un barrage hydroélectrique, c’est au bout de deux, trois, quatre, cinq ans que les travaux finissent. Nous allons vivre encore avec les délestages mais, nous nous efforçons de trouver des solutions palliatives. Il y a certainement quelque chose à combler très rapidement si nous voulons avoir une vision cohérente du développement du secteur. Nous ne disposons pas aujourd’hui au niveau du département d’un Plan Directeur d’électrification de la République Centrafricaine. Nous nous fixons comme priorité la réalisation de cette étude qui va nous servir d’aiguillon pour une satisfaction maximale de nos besoins en fourniture d’électricité sur toute l’étendue du territoire. Parallèlement, le département travaille en ce moment à la valorisation d’autres sources d’énergie telles que la biomasse, le solaire, etc. Pour finir, je voudrais souligner l’importance du secteur que je dirige qui n’est plus à démontrer. Les facteurs de production que sont l’électricité et l’eau conditionnent le développement du secteur privé, gage d’une croissance économique durable. C’est pourquoi, je souhaiterai inscrire mes actions dans la durée.


Par Fleury Koursany - 12/09/2011

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