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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 02:16

 

 

 

Francois-Bozize.jpg

 

 

http://www.lanouvelleexpression.info  Mercredi, 27 Mars 2013 18:12  par Christelle Nguendjie Yeye

 

Le gouvernement, qui n’accorde à l’ex-dirigeant centrafricain qu’un droit de transit humanitaire, dit refuser toute ingérence dans le conflit. Mais doit pourtant gérer les pressions liées au sort du leader déchu. 

 

Le communiqué émis par le Secrétaire général de la présidence de la République ce 25 mars 2013 a le mérite d’être clair. «Tout en réaffirmant son attachement au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, le gouvernement de la République du Cameroun formule ses vœux ardents d’un retour rapide à la paix et la stabilité en République Centrafricaine», écrit Frédéric Ngoh Ngoh. Et même si ce dernier a été aperçu plus tard dans la nuit à l’hôtel Hilton de Yaoundé quelques minutes après l’arrivée de l’ex-président centrafricain, ce n’était que pour «prendre des nouvelles et s’assurer du confort de son hôte», explique une source. Derrière le principe exhibé de la non-ingérence et l’image voulue de pourvoyeur humanitaire, le Cameroun fait pourtant face à un embarras. Dans les réactions des différentes chancelleries étrangères et de la communauté internationale, personne ou presque ne semble s’intéresser au sort du président déchu. Autant l’on imagine mal François Bozizé être expulsé d’un pays de la Cemac, autant la durée de sa présence, ni même son futur point de chute ne sont encore connus.

 

D’après l’historien Jean Koufan Menkene, « je crois qu’il n’y a pas à discuter longtemps. Bozizé avait des alliés, même si il les a exaspérés en dernier ressort. Il pourrait très bien repartir au Tchad ou il pourrait aller au Congo-Brazzaville. Il pourrait également aller en France qui a une tradition d’accueil des exilés. Bozizé doit y avoir des biens. Je crois que de ce point de vue, son avenir ne pose pas problème ». De plus, poursuit-il, «les dirigeants centrafricains aujourd’hui ont d’autres soucis. La page Bozizé est tournée, son misérable destin n’intéresse plus personne. D’ailleurs, on n’a pas le souvenir que les nouvelles autorités aient protesté contre la présence de Bozizé sur le sol camerounais». Soit. Mais pour ce professeur d’histoire des relations internationales, enseignant à l’université de Yaoundé I et auteur de nombreuses recherches en politique internationale, «la posture du Cameroun face à la crise que connaît ce pays voisin pose la question de l’objectif de notre politique étrangère».


Non-ingérence
 

Ligne invariable de la politique étrangère du Cameroun depuis son indépendance, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats est aujourd’hui à questionner dans un monde en pleines mutations. «Il faut dire que ce principe nous parait quelque chose d’absurde. Par exemple, dans une sous-région Afrique centrale où le Cameroun est le moteur et le leader naturel, il refuse complètement de jouer de son influence. C’est grave en terme de politique internationale parce que accueillir des leaders des pays voisins comme ceux-là aurait été détenir un levier pour intervenir à l’intérieur de ces Etats par-là suite. Mais en les refoulant à chaque fois, nous ne pesons d’aucun poids et nous n’avons aucun outil pour peser sur eux», explique le chercheur. Depuis l’indépendance du pays en 1960, le pays semble avoir respecté ce principe à la lettre. Ce fut le cas en décembre 1990 lorsqu’il a accueilli sur son sol le président tchadien déchu, Hissène Habré, pour quelque jours seulement, avant de l’extrader vers le Sénégal. Ce fut le cas également en 2003 avec l’ex-président centrafricain Ange-Felix Patassé. Mais dans un monde en mutations, défend Jean Koufan Menkene, «il faut tempérer ce principe de non-ingérence et ne pas l’appliquer d’une manière mécanique». D’autant plus que des précédents existent.

 

D’après le chercheur, «il y a eu un précédent avec les mouvements de libération équato-guinéens des années 1960-1964 et qui sont d’ailleurs repartis car, eux qui étaient là pour se battre contre le colonialisme espagnol, ne comprenaient pas ce genre de complaisance que le Cameroun avait vis-à-vis de l’Espagne». Une deuxième tentative a eu lieu en 1974 « lorsque le président Ahidjo, après le coup d’Etat contre le négus Haile Selassié, a fait une déclaration publique pour dire que le Cameroun accordait l’asile et demandait d’ailleurs au gouvernement de tenir compte de son vieil âge et des services qu’il avait rendus à l’Afrique », poursuit-il. Le cas Bozize, pense-t-il donc, devrait amener à repenser l’orientation de la politique étrangère camerounaise. « On nous dit que c’est le rayonnement et le prestige, mais peut-on fonder une politique étrangère sur le prestige et le rayonnement ? Les relations internationales sont fondées sur la recherche de la puissance et de l’influence. Sait-on jamais, les hommes politiques à qui on refuse l’asile aujourd’hui peuvent être de futurs chefs d’Etat demain. Les grandes puissances l’ont compris depuis », analyse-t-il.


Serge-Lionel Nnanga

 
Sécurité renforcée à l’hôtel Hilton


Au lendemain de l’arrivée du président centrafricain dans cet établissement huppé de Yaoundé, la présence des forces de l’ordre est fortement visible. Le lieu est envahi par des gendarmes, policiers, militaires, et les éléments de la garde présidentielle. « Ils se trouvent dans tout l’hôtel, parfois en civil », d’après des témoins. Au parking souterrain, des éléments de l’armée sillonnent les lieux. A l’entrée de l’hôtel, des hommes en tenue devisent. A l’intérieur pourtant, les activités suivent leur cours, comme si de rien n’était. Les lieux sont calmes et on ne remarque aucune agitation particulière. L’hôtel abrite même des manifestations. Au programme, quatre réunions qui se tiennent dans les différentes salles de conférences de l’hôtel. Au restaurant, des clients prennent leurs repas sans gêne apparente. Au 8e étage, où l’on prétend que François Bozizé a pris ses quartiers, le climat est plutôt serein. Les couloirs sont vides, on n’observe aucune présence des forces de l’ordre. D’après des sources il aurait changé d’appartement. Mais celles-ci ne peuvent renseigner sur l’exact lieu de sa présence. D’après une source proche du gardiennage « il est là. Et nous le savons tous.» 

 

 

 

FRANÇOIS BOZIZÉ, PRÉSIDENT DÉCHU DE CENTRAFRIQUE

 

 

Mercredi, 27 Mars 2013 19:28

 

 «Qui tue par l’épée, périt par l’épée ». Le dicton populaire ne trouve pas meilleure application que dans le cas de l’ancien homme fort de Bangui, le général François Bozizé. En 2003, à la tête d’une rébellion venue du Nord, il avait bouté hors du pouvoir son illustre prédécesseur de regrettée mémoire, Ange Félix Patassé.

 

L’infortuné avait transité par le Cameroun pour trouver une terre d’asile. Dix ans plus tard, une autre colonne armée, descendu du Nord, a contraint le bourreau de Patassé à décamper de Bangui, avec le feu au derrière. C’est encore le Cameroun qui, comme si l’ombre de son prédécesseur ne le hantait pas, est resté le seul choix du président fugitif. Pourtant, pour une des rares fois, les chefs d’Etat de la Cemac, à travers la réunion de Brazzaville, avaient réussi à assouplir les positions des rebelles et à remette le président en selle. Mais le général n’as pas pu surmonter une tare qui doit lui être viscérale. Les conséquences sont là. Catastrophiques pour son régime en débandade. Et il est parti comme il était venu. Sans gloire.

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