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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 00:15

 

 

 

Bozizé ailleurs

 

Centrafricmatin 29 novembre 2012


L’opposition démocratique unifiée composée des partis : ADP, ASD, CRPS, Association Londo, MDREC, MLPC, Parti de l’UDPP, a tenu sa première conférence de presse au siège du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) de Louis-Pierre Gamba, président dudit parti. Cette conférence qui s’est tenu le mercredi 28 novembre dernier a permis aux leaders des partis politiques d’opposition de faire le diagnostic de la situation sociale, politique et économique du pays.


Mais, d’entrée de jeu, l’opposition démocratique a fixé les 4 points importants, à savoir : le projet du régime KNK de modifier la Constitution ; le dialogue politique ; la contribution citoyenne inscrite au budget de l’exercice 2013 et un bref aperçu de la situation du pays. Selon Maïtar Djimarem, dans ses propos liminaires, il ressort la volonté réelle de l’opposition de dialoguer autour des questions de l’heure pour sauver la RCA du chaos. Mais, selon les leaders des partis d’opposition qui étaient tous unanimes, c’est le pouvoir qui fait preuve de mauvaise foi en n’ouvrant pas le dialogue. Et ceux-ci d’ajouter que le dialogue est non seulement le souci du peuple, mais encore celui de la Communauté internationale qui a dépêché à Bangui des émissaires pour le compte de l’OIF, le Major Pierre Buyoya et le président Idris Deby comme facilitateur.


Abordant le deuxième point, ces leaders ont tapé du point sur la table en ce qui concerne le projet du pouvoir en place de tripatouiller la Constitution à sa guise. Cette sortie spectaculaire de l’opposition est la résultante d’une conviction ultime de celle-ci, et Joseph Bendounga de préciser que le président Bozizé entend sauter les verrous de la Constitution, notamment les articles 24 et 108. Et de préciser encore que la finalité de cette manœuvre en vue est celle de se maintenir éternellement au pouvoir contre la volonté du peuple qui a adopté ladite Constitution par référendum et qui, désespérément, y croit ferme tous les jours.
Sur l’état du pays, ces leaders joignent leur voix à celle de la population en se posant une série de questions qui restent sans réponse et qui met le régime en déphasage avec ses engagements constitutionnels.


Mais, selon ces leaders, le pays meurt et ceux-ci lancent un vibrant appel à la population pour qu’en synergie, ils peuvent obtenir premièrement, l’organisation du dialogue politique annoncée le 15 mai dernier par le président de la République ; deuxièmement, obtenir l’abandon du projet de tripatouillage de la Constitution, ainsi que la suppression de la loi constitutionnelle de mai 2010 autorisant le président de la République à conserver le pouvoir ; ensuite, obtenir l’adoption du projet du code électoral selon l’esprit et la lettre de l’atelier consensuel sur la relecture du code électoral. Dans le même ordre d’idée, ceux-ci ont demandé au gouvernement de retirer du projet de loi des finances l’impôt de capitation dit « contribution citoyenne » ; enfin, obtenir l’amélioration des conditions de vie du peuple centrafricain.


Mais, dans le jeu des questions-réponses à la presse, l’unanimité se dégage au sujet de la preuve détenue par l’opposition en ce qui concerne l’intention du pouvoir de tripatouiller la Constitution. L’opposition a toute une gamme de sources, entre autres : les mots du chef de l’Etat, la volonté du pouvoir d’exécuter la mascarade électorale en vue de mettre en valeur cette vision, le conclave KNK de Boali, etc. Et Louis-Paul Gamba de dire que quiconque veut faire la politique doit faire le renseignement. Il ne fait plus de doute que l’opposition emboîte le pas au collectif « Touche pas à ma Constitution ». Mais ce n’est pas tout, l’opposition démocratique, si l’on en croit Joseph Bendounga, utilisera tous les moyens constitutionnels pour faire obstacle à un tel projet. Une planification des meetings est déjà en vue et la réponse de l’opposition ne saura tarder après le discours de Bozizé le 1er décembre.


Pour Louis-Pierre Gamba, la tenue de cette conférence de presse justifie la raison de croire au dialogue comme moyen de sortie de crise politique, et comme moyen de lutte pour la démocratie. « Jusqu’au bout, l’opposition compte mener des actions démocratiques conduisant au redressement de cap de Bozizé », dixit Bendounga. Cette même opposition a pris ses distances face aux bruits de bottes à l’intérieur du pays et indexe Bozizé, en disant que « sa manière d’accéder au pouvoir a germé dans la tête de tout Centrafricain l’envie de prendre le pouvoir par les armes » en se focalisant sur le cas Ndoutingaï et Firmin Féindiro, tout en exhortant ceux qui ont pris les armes de trouver un terrain d’entente avec Bozizé s’ils ont un contentieux avec lui.


En outre, les leaders ont fustigé le double langage du ministre Besse en ce qui concerne la contribution citoyenne. Le dialogue étant indissociable avec la démocratie, l’opposition réclame ce dialogue qui doit se tenir. Pour finir, l’opposition a formulé ses vœux à ses militants et au peuple tout en demandant le mot d’ordre de boycott de la fête du 1er décembre. Il ne faut pas perdre de vue que selon Bendounga, toutes les préoccupations du peuple sont contenues dans le serment du chef de l’Etat, ce qui sous-entend le parjure et la forfaiture dont fait preuve le président Bozizé. Cette conférence de presse a pris fin dans une ambiance calme.


Nos analyses s’en suivront.


Jean-Fernand Koena

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique