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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 23:16

 

 

 

 

Bokassa 1er  Catherine Bokassa

 

Source : www.pointscommuns.com

Bon, ça y est, j'ai choisi "ma" femme de dictateur. J'ai hésité avec Elena Ceausescu, mais son personnage m'ayant littéralement fait frémir, je reporte peut-être à plus tard son portrait.

Ce qui m'a paru intéressant dans l'histoire de Catherine Bokassa, ce sont les liens étroits (avec mauvais jeu de mots) qui unissaient Valéry Giscard d'Estaing, Jean-Bedel Bokassa et son épouse. Et comment l'amitié d'origine entre les deux hommes, qui servait les intérêts de leurs pays respectifs, s'est transformée en une haine viscérale dont on connaît les conséquences pour l'un comme pour l'autre.

Le destin, ou la malchance, a mis Bokassa sur le chemin de Catherine Denguiadé alors que celle-ci n'a que 15 ans et qu'elle est lycéenne. Bokassa, obsédé sexuel invétéré, tombe immédiatement sous le charme de cette très belle jeune fille. Il est déjà marié plusieurs fois, la polygamie ne lui pose aucun problème. Il aura quand-même 17 femmes et 54 enfants connus !

Avec sa manière très particulière de faire la cour à la gente féminine, il enlève Catherine, la séquestre, avant de demander sa main à ses parents. Bokassa, alors chef d'Etat-Major de l'armée de Centrafrique, est un homme puissant et riche. Les parents de Catherine se laissent convaincre. Le mariage est prononcé en juin 1965, mais il n'est pas reconnu par l’Église malgré l'insistance de Bokassa. Ils auront ensemble 7 enfants. Suite à un coup d'Etat en 1966, Bokassa accède au pouvoir en Centrafrique.

Commence alors pour cette femme mariée de force une vie de prisonnière, face à la jalousie maladive de Bokassa. Il n'y a qu'en France, au château de Hardricourt, qu'elle retrouve un sentiment de liberté. On ne peut pas non plus ériger Catherine en sainte martyre, ses achats compulsifs dans les magasins de luxe parisiens sont aux frais de son pays dont l'économie part en déliquescence... Elle peut dépenser jusqu'à 100 000 francs dans la même journée !

En 1977, Bokassa franchit une étape supplémentaire dans sa mégalomanie. A l'occasion d'un sacre somptueux, il s'autoproclame Empereur de Centrafrique et choisit Catherine pour impératrice. Pourquoi elle plutôt qu'une autre de ses nombreuses femmes ? Probablement parce qu'il admire la beauté de Catherine et qu'elle représente à ses yeux un attribut valorisant pour son statut d'empereur. Est-ce qu'il l'aimait ? Difficile de répondre, cependant elle était l'une des seules à pouvoir lui tenir tête, grâce à un caractère calme mais obstiné. En tout cas, le sacre de l'empereur et de l'impératrice coûtera au pays la bagatelle de 20 millions de dollars...

Et la France dans tout ça ? Elle a financé la cérémonie à hauteur de 4 millions. Quels sont donc les intérêts de Valéry Giscard d'Estaing élu en 1974 ? Ce n'est pas seulement son goût des chasses aux fauves. La Centrafrique recèle des gisements d'uranium et de diamants. Surtout, d'importantes bases militaires françaises y sont maintenues. VGE a donc de bonnes raisons de ménager son "ami" Bokassa. En outre, il se paye une conscience politique en finançant cette ancienne colonie.

Selon de nombreuses rumeurs et les affirmations furieuses de Bokassa après sa destitution, VGE n'était pas insensible aux charmes de l'impératrice Catherine. Malgré les dénégations de celle-ci, on dit même qu'elle aurait été sa maîtresse. Et que VGE l'aurait mise enceinte, puis faite avorter dans une clinique parisienne ! Un scénario digne des meilleurs magazines people. Cela aurait pu rester anecdotique. Mais le putsch organisé par la France pour renverser la dictature de Bokassa en 1979 et la jalousie du mari bafoué auront de graves conséquences sur la candidature présidentielle de VGE en 1981. La révélation de "l'affaire des diamants" offerts par Bokassa contribua vraisemblablement à la défaite du président sortant.

Bokassa rentre en 1983 en République centrafricaine mais se fait arrêter puis emprisonner. Il est condamné à la peine capitale et à la confiscation de ses biens en 1987. Gracié en 1993 après sept ans de prison, il tombe dans le mysticisme. Vêtu d'une soutane blanche et portant une énorme croix, il se proclame « treizième apôtre de Jésus-Christ et saint de première catégorie » ! Terrassé par une congestion cérébrale, il meurt dans la misère à Abidjan en 1996.

Et Catherine après le putsch ? Elle séjourne en Côte-d'Ivoire, puis en France, avant de s’installer en Suisse. En 1995, elle a regagné son pays. Quant aux malles remplies de devises, de diamants, d’or, de bijoux et d’argent qu’elle avait emporté avec elle peu avant la chute de Bokassa, on ne sait pas ce qu'elles sont devenues...

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