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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 01:26

 

 

 

 

 

 

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Vendredi, 01 Juin 2012 09:57

Pascal Canfin, nouveau ministre délégué au Développement du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, héritier des anciens ministères de la Coopération. « Les peuples africains ont aussi droit à la démocratie », déclarait celui qui était encore député européen d'« Europe-Ecologie (Les Verts) ». Interview et analyse, ci-dessous, de Thomas Legrand.

CE MATIN, VOUS ÉVOQUEZ UNE PROBABLE PETITE RÉVOLUTION QUI EST EN TRAIN DE PASSER INAPERÇUE ...

Oui, une petite révolution (pas encore certaine mais toujours possible) dans le monde du développement et de la coopération. On ne s’y est pas trop attardé mais le ministre délégué, en charge de la question est un écologiste : Pascal Canfin. Jusque-là député européen, Pascal Canfin fut aussi le conseiller économique d’Eva Joly pendant la campagne. Bref, le jeune ministre n’a rien à voir avec le monde du développement et de la diplomatie. C’est un spécialiste des questions financières qui s’est intéressé de près à la lutte contre les paradis fiscaux. Il est notamment à l’origine de l’organisation « Finance Watch » qui prétend dénoncer les dérives du monde de la finance. Autant dire que si François Hollande (qui a clamé pendant sa campagne être l’ennemi du monde de la finance) a placé Pascal Canfin à ce poste pour qu’il y fasse ce qu’il sait faire… Il faudra lui fournir une protection policière solide et surtout une protection politique à toutes épreuves. On sait qu’une partie non négligeable de « l’aide au développement », qu’elle soit bilatérale, qu’elle passe par l’« agence Française du développement », qu’elle soit sous forme de prêt ou de don- est détournée, se perd dans les méandres de la corruption, au travers d’intermédiaires douteux et peu fiables. Une bonne part de cette aide s’évapore en optimisation fiscale et finit dans des banques d’îles du Pacifique.

CE QUI REND LA POLÉMIQUE SUR LE CHIFFRAGE DE L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT ASSEZ DÉRISOIRE ...

Oui, parce que le but politique toujours affiché, c’est d’atteindre 0,7% du « PIB ». On en est loin et les contraintes financières ne permettront pas d’augmentations. Du coup ça parait évident de s’intéresser à ce qui est vraiment fait avec le peu d’argent consacré au développement et de lutter contre la corruption. Seulement lutter contre la corruption en Afrique, c’est aussi lutter contre les corrupteurs. D’autres ministres de la coopération ou du développement (assez peu en réalité) s’y sont attaqués. On se souvient de Jean-Pierre Cot nommé en1981 et poussé à la démission en 1982 ; on se souvient, plus récemment, de Jean-Marie Bockel dont Omar Bongo avait demandé et obtenu de Nicolas Sarkozy le départ du ministère pour simplement avoir fait semblant de vouloir défier la « Françafrique ». A chaque fois, la « cellule Afrique » de l’« Elysée » court-circuite le ministre. Pour l’instant il n’y a pas de « cellule Afrique » auprès de François Hollande et la volonté de clarifier « l’aide au développement » semble sincère. Il faudra surveiller ça de près et sur la durée. Des organisations comme « Sherpa », le « CCFD » ou « Transparence Internationale », mais aussi la presse y veilleront. Le fait que Pascal Canfin ne soit pas du même parti politique que celui du Président est aussi un élément rassurant. Il y a quelques tests à venir. Est-ce que le parquet (donc l’exécutif) va continuer à enfreindre les actions en justice des associations qui luttent pour la restitution des biens mal acquis entassés en France par les familles de potentats africains ? Est-ce que le ministre Canfin pourra réactiver les processus de restitutions aux pays d’origine d’avoirs illicites, processus en sommeil depuis 2005 ? En fait la question est simple : Pascal Canfin va-t-il durer ? Ce serait une petite révolution… Une révolution pas spécialement spectaculaire mais sacrément salutaire.

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