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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 00:37

 

 

 

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Jamais et au grand jamais, cette sorte de malédiction qui semble s’acharner depuis près de deux décennies sur la République Centrafricaine n’aura paru aussi désespérante qu’aujourd’hui.

La République Centrafricaine, son despote aveuglé et ses ouailles fort prétentieux ne cessent de faire parler d’eux pour des détournements de deniers publics, des dérives autoritaires et des violations systématiques des droits de l’homme. Ce « grand » pays enclavé de 623 mille km2 est de plus en plus souvent montré du doigt à cause des excentricités de son chef, un général atypique, qui regarde ses prérogatives constitutionnelles comme le banquier regarde la danseuse, c’est-à-dire, fort intéressé par le plaisir qu’elle procure mais réfractaire à l’entretenir. Ici, notre général d’opérette ignore jusqu’à son rôle de président de la République.

Désormais isolé sur la scène internationale et acculé par les nombreux problèmes quotidiens des Centrafricains, l’homme qui s’est fait investir, le 15 mars 2011, pour un nouveau bail de cinq ans à l’issue d’une élection fortement contestée par ses adversaires ainsi que les bailleurs de fonds, observe inquiet, le délitement de son régime et tente, à coup de « mesurettes », de sauver les meubles. Réussira-t-il ? Rien n’est moins sûr.

Retrait de la Micopax en décembre prochain ? 

Inutile de rappeler que l’entreprise politique que François Bozizé tente de mettre en place et qui inspire déjà méfiance à certains observateurs avisés, a été dictée par les circonstances, très défavorables pour son régime. Il faut dire que deux événements d’inégale importance l’un et l’autre, ont fini par le pousser à agir.

D’abord, il y’a eu le refus par l’ambassade des Etats-Unis à Paris d’un visa d’entrée à son ministre des finances (lire nos précédentes livraisons), ressenti dans les cercles du pouvoir à Bangui comme l’ultime humiliation et l’expression de l’arrêt définitif de la commisération que certains pays pouvaient avoir à l’endroit de ce régime brutal mais peu efficace. 

Ensuite, il y’a eu, selon de bonne source, en début de la semaine dernière, la visite d’un haut gradé français, dépêché à Bangui par le ministère français de la Défense, pour annoncer de vive voix à François Bozizé la fin du soutien de la France à la (Micopax). Ce qui signifie de facto, la fin de la mission de cette force multinationale stationnée à Bangui et considérée par François Bozizé comme une assurance tout risque. Autant dire que le retrait de la logistique française à cette force des pauvres est un coup dur pour le régime de Bozizé.

Car, il est utile de rappeler que la France soutient la MICOPAX, la mission de consolidation de la paix de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), mission multidimensionnelle visant à consolider le climat de paix et de stabilité, aider au développement du processus politique et au respect des droits de l'homme. Le détachement français BOALI assure principalement le soutien, sur le plan technique et si besoin opérationnel, de la force de stabilisation africaine en Centrafrique, hier la FOMUC, aujourd'hui la MICOPAX. Elle fournit un soutien sur le plan administratif, technique, financier et logistique.

François Bozizé prêt à faire couler le sang de son peuple

Dans une note de fin de mission adressée à ses supérieurs par le haut gradé français dont nous taisons le nom et dont L’Indépendant a eu vent, celui-ci préconise le maintien en terre centrafricaine du détachement Boali pour, écrit-il, une éventuelle évacuation des citoyens français et étrangers en cas de troubles qu’il juge « inéluctable ». 

Ce général a par ailleurs, toujours selon sa note, eu la « conviction » à l’issue de son entretien avec François Bozizé que ce dernier est non seulement « surarmé » mais encore, se trouve dans un « état d’esprit de belligérance et n’hésiterait pas, en cas de soulèvement populaire, d’ordonner à ses soldats de tirer sur son peuple ».  

Arrivé au pouvoir par effraction, sans programme ni stratégie politique, François Bozizé est de plus en plus confronté aux dures réalités du pouvoir. Il sait que son régime n’est qu’un avatar de l’État africain postcolonial : savant dosage de mysticisme, d’invocation de Dieu (il se dit lui-même pasteur de l’église Christianisme céleste) mais aussi la capacité à inspirer la crainte par l’usage de la force.

Aujourd’hui, ayant compris que ses dérapages verbaux (que ceux qui disent qu’il n’ya pas de démocratie en Centrafrique soient écrasés par un véhicule) ne feront rien à la grave crise qui secoue le pays, que son actuel Premier ministre Faustin Archange Touadéra ne dispose d’aucun contact à l’extérieur, François Bozizé s’est résolu à tenter un coup de poker-menteur digne de Las Vegas en faisant courir le bruit d’un imminent remaniement gouvernemental et d’une prochaine dissolution de l’assemblée nationale.

Ce coup de prestidigitateur, destiné à rassurer la communauté internationale et favoriser l’aide financière à son régime, n’aura de sens que s’il est accepté par les forces vives de la nation centrafricaine à commencer par l’opposition démocratique. Dans cet optique, un remaniement gouvernemental ne sera utile que si la Primature est confiée à un individu ayant une forte personnalité et un esprit libre, ce qui est loin d’être acquis, tant Bozizé nous a habitué avec ses personnages falots et ses illustres inconnus comme Premier ministre.

Cette entreprise politique ne produira l’effet escompté que si la dissolution de l’Assemblée nationale ouvre la voie à l’organisation des élections législatives véritablement transparentes et crédibles à l’issue desquelles émerge une législature représentative des forces politiques en présence.

François Bozizé est-il prêt à se remettre en cause pour faire œuvre de salubrité publique ? L’avenir proche nous le dira !

Adrien Poussou       

       

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique