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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 13:03

 

 

 

Nicolas Tiangaye PM

 

 

(Le Pays) PAR DABADI ZOUMBARA, 21 JANVIER 2013

 

La formation du nouveau gouvernement centrafricain s'annonce difficile.

 

A peine le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, a-t-il entamé les consultations pour la formation de son équipe que le président François Bozizé a annoncé la couleur. Il réclame vingt postes ministériels. On constate donc qu'il veut se tailler la part du lion. Certes, on ne peut pas lui en vouloir d'être ambitieux, mais il doit éviter d'en faire une fixation au point de mettre en péril l'accord de Libreville. En mettant ainsi la barre haut, quelle marge de manoeuvres Bozizé laisse-t-il à Nicolas Tiangaye ? Si ce dernier accepte de lui céder les vingt postes ministériels, comment pourra-t-il satisfaire les autres parties, notamment la société civile, la Séléka et l'opposition politique non armée avec les dix postes restants ? Il ne faudrait pas que la boulimie du pouvoir de Bozizé prenne le pas sur l'intérêt supérieur de la nation.

 

Il est évident qu'avec une telle ambition, il sera difficile de respecter l'esprit de gouvernement d'union nationale qui constitue pourtant un des éléments importants de l'accord signé entre les protagonistes. Le président centrafricain est déjà si rassuré qu'il veut reprendre par la main gauche ce qu'il a cédé par la main droite. En tout cas, tout laisse penser que cet ancien maquisard n'est pas prêt à accorder une parcelle importante de pouvoir aux autres.

 

Or, il est trop tôt de montrer des velléités à ce niveau car les rebelles de la Séléka n'ont pas encore abandonné leurs positions. Et il suffit de la moindre étincelle pour que le pays s'embrase de nouveau. Pour tout dire, Bozizé doit éviter de jouer au pyromane car l'accord de Libreville est encore fragile et peut, à tout moment, voler en éclats si on n'y prend garde. C'est vrai que le partage du gâteau n'a jamais été une chose aisée dans les pays en proie aux rébellions et autres crises. Mais, est-ce pour autant une raison pour passer le temps à ruser ? Pour faire taire les armes, le chemin parcouru n'a pas été des plus faciles. Et si la formation du gouvernement dit d'union nationale doit encore faire un bouquin de tous les diables, qu'adviendra-t-il de la cohabitation sur le terrain ? Bozizé doit revoir sa copie. Du reste, l'adage nous enseigne qu'à force de trop vouloir, on perd tout.

 

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que la formation du nouveau gouvernement est une autre paire de manches ; aussi bien pour Nicolas Tiangaye que pour les autres acteurs de la classe politique centrafricaine, notamment l'opposition. Il est probable que cette situation crée de vives tensions au sein des acteurs quand on sait que les politiciens raffolent des postes ministériels. De toute façon, Bozizé sera le seul responsable si l'accord de Libreville capote. C'est dommage que les soubresauts que son régime vient de vivre ne lui aient pas servi de leçon.

 

 

 

 

Centrafrique: Ministrables centrafricains - Un peu d'eau dans votre Bangui

 

L’Observateur Paalga  PAR ISSA K. BARRY, 22 JANVIER 2013

 

Le président centrafricain, le général François Bozizé, a eu chaud début janvier, il n'avait pas l'esprit à la fête, les rebelles de la Seleka ayant été aux encablures de la capitale, et son fauteuil, sérieusement menacé. N'eût été l'interposition du contingent de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC), avec en première ligne les militaires tchadiens, il était aujourd'hui en exil ou entre les mains des rebelles.

 

Par ces temps qui courent, le verbe avoir chaud peut aisément être conjugué au présent et avec pour sujet le nouveau premier ministre censé conduire la transition.

Nicolas Tiangaye, puisque c'est de lui qu'il s'agit, peine en effet à constituer son gouvernement, tant la pression exercée sur lui est forte de part et d'autre : la mouvance présidentielle réclame une douzaine de postes et non des moindres ;

 

les membres influents de la rébellion (la Seleka), doigts sur les gâchettes, ne revendiquent pas moins de sept strapontins ; et l'opposition politique non armée ainsi que la société civile ne tiennent pas à y faire de la figuration.


Alors, que faire ? Jusqu'au moment où nous bouclions cette édition, les tractations se poursuivaient, plus animées que jamais. Ça ne démarre pas sur des chapeaux de roue, la mise en place de ce gouvernement d'union nationale et de transition, censé conduire à une réconciliation des coeurs et, surtout, à des élections apaisées en 2014. Pauvre Centrafrique, qui peine à décoller depuis son indépendance !


Aujourd'hui, de tous les dirigeants de ce pays, la seule référence reste Barthélémy Boganda, affectueusement dénommé le père de tous ; ensuite, ont suivi David Dacko, Jean Bedel Bokassa, André Kolingba et Ange Félix Patassé, déposé pendant qu'il était en déplacement hors du pays par Bozizé, qui était son chef d'état-major. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et la Centrafrique n'est point devenu jusque-là un... «centre-à-fric» ; et pourtant, ce n'est pas la matière première qui lui manque : son sous-sol regorge de diamant (réputé de très bonne qualité), d'or, d'uranium, de bois tropicaux (hévéa, latex) ; sans oublier son sol très riche et des pluies plus que généreuses permettant une agriculture qui représente 55% du PIB.


 

Si son pétrole était exploité, l'on pourrait parler de la malédiction de l'or noir, mais cette ressource et l'énergie hydroélectrique, potentiellement importantes, n'étant pas mises en valeur à ce jour...


Alors, la liste des défis à relever est aussi longue que le fleuve Oubangui. Osons penser que les ministrables du pays de Boganda ont cela en tête. Ils devraient donc mettre un peu d'eau dans leur vin, pardon dans leur Bangui (1), pour qu'un gouvernement de consensus puisse être formé au plus tôt.


D'ailleurs, une transition vaut ce qu'elle vaut. C'est le développement du pays qui est mis entre parenthèses pendant sa durée. Pour la petite histoire, dans le pays, ne subsistent que deux usines : les unités de transformation d'aluminium, l'une, et de production de... la bière.


Alors, au lieu de se disputer les lambeaux d'un pays malmené, parti au pouvoir, rébellion et opposition civile devraient revoir leurs prétentions à la baisse.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion