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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 01:25

 

 

 

Eric Massi Séléka

 

 

Afrik.com LUNDI 4 FÉVRIER 2013 / PAR ASSANATOU BALDÉ

 

 

Les rebelles du séléka ont rejeté le gouvernement d’union nationale formé dimanche par François Bozizé. Ils estiment que le président centrafricain n’a pas respecté ses engagements depuis la signature des accords de Libreville. Eric Massi porte-parole de la rébellion fait le point.

 

Afrik.com : Pourquoi avez-vous refusé le gouvernement d’union nationale proposé par François Bozizé ?

 
Eric Massi :
 François Bozizé n’a pas tenu compte du gouvernement proposé par le Premier ministre Nicolas Tiangaye. Il a donc nommé les ministres selon ses propres choix. Nous sommes très vigilants car Bozizé cherche à récupérer la situation à son avantage par la ruse. Depuis les accords de Libreville, le Séléka est partagé entre ceux qui veulent rentrer au gouvernement et travailler avec François Bozizé et ceux, comme moi, qui doutent de la bonne foi de Bozizé pour rétablir la paix dans le pays. Ceux qui veulent rester au sein du gouvernement pour négocier des postes, cela les regardent. Mais en ce qui me concerne, je ne suis pas intéressé par le gouvernement d’union nationale de Bozizé !

 

Afrik.com : Ne craignez-vous pas que les divisions au sein du séléka menacent votre mouvement ? 


Eric Massi :
 Le séléka n’a en réalité jamais été divisé. Il y a des divergences de positions certes mais nous sommes toujours solidaires. Il y a eu effectivement des évènements incontrôlables qui ont repris les hostilités dans les villes du sud-est notamment mais ils ont été très rapidement neutralisés. La situation est donc sous contrôle mais reste néanmoins difficile car Bozizé a rompu la confiance que nous lui avions accordé.

 

Afrik.com : Toutefois, c’est vous qui avez accepté de vous rendre à Libreville pour négocier avec François Bozizé ? Le regrettez-vous aujourd’hui ? 


Eric Massi :
 Les négociations de Libreville ont été très rapides et nous a laissé un gout amer. Les problèmes de fond n’ont pas été traités. Et je fais parti de ceux qui ne peuvent pas serrer la main de Bozizé ni rentrer en Centrafrique sans que ma sécurité soit menacée. A plus d’un mois des accords de Libreville, Bozizé n’a respecté aucun des engagements qu’il a pris, hormis la nomination du Premier ministre. Les prisonniers dont nous réclamions la libération n’ont toujours pas été libérés. La force sud-africaine, chargée de le protéger, est toujours présente. Par ailleurs, il a déployé des éléments de l’armée centrafricaine et sud –africaine dans la ville de Bangassou alors qu’il n’a pas à se mêler des affaires de défense. La mauvaise foi de Bozizé est maintenant visible.

 

Afrik.com : Si François Bozizé s’entête êtes-vous prêts à reprendre les hostilités ? 


Eric Massi :
 Nous sommes prêts à reprendre les hostilités si Bozizé s’entête. Nous donnons une dernière chance au médiateur pour poursuivre les négociations. Nous donnons encore une dernière chance à la paix. Il ne faut pas oublier qu’il y a un rapport de force qui est réel sur le terrain. Nous sommes toujours présents. Et comme il ne respecte pas ses engagements, il n’y a donc pas lieu qu’on lui fasse confiance pour l’organisation d’élections démocratiques dans le pays. Et ma position est celle de la majorité du séléka et des Centrafricains.

 

Afrik.com : François Bozizé semble avoir retourné la situation à son avantage en usant de la ruse ? Que répondez-vous à cela ?

 
Eric Massi :
 Nous ne sommes pas des naïfs. Nous sommes des responsables. Nous lui avons donné une chance pour conduire le pays vers la paix. Mais il s’entête. Je le redis encore une fois nous sommes prêts à terminer le travail là où nous nous sommes arrêtés. Nous ne nous battons pas contre le peuple centrafricain. Nous voulons mettre fin à la violence et au despotisme. Aujourd’hui le dialogue ne suffit plus à mettre fin à la crise. Nous en appelons toujours aux chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceac) qui ont depuis le début de la crise tout mis en œuvre pour apaiser la situation.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview