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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:15

 

 

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Notre Voie mardi 11 janvier 2011 

Après avoir activement contribué à la déstabilisation de la Centrafrique à partir de 2001, Jean-Marc Simon repart à la charge. Cette fois-ci en Côte d’Ivoire, neuf ans plus tard.

«Cet homme fait partie des ambassadeurs-barbouzes dont disposent l’Elysée et le Quai d’Orsay pour déstabiliser les pays africains dont les dirigeants affichent une indépendance vis-à-vis de Paris». C’est en ces termes qu’une source diplomatique en poste dans la sous-région ouest-africaine nous a présenté Jean-Marc Simon, actuel ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Mais surtout un des acteurs-clé avec l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter 3 et le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Young J. Choi, de la fraude massive dans le nord du pays puis du hold-up électoral visant à installer illégalement Alassane Dramane Ouattara, candidat de l’étranger, à la tête de la Côte d’Ivoire.

Précédemment ambassadeur au Gabon, M. Jean-Marc Simon a atterri en Côte d’Ivoire en mission commandée par l’Elysée. Le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, qui a visiblement juré de réussir là où son prédécesseur, Jacques Chirac, a échoué (c’est-à-dire renverser par tous les moyens, le Président ivoirien souverainiste, Laurent Gbagbo), a confié à Jean-Marc Simon, les rênes du complot interne contre Gbagbo. Pour avoir réussi une telle mission de 2001 à 2003 en Centrafrique face au chef d’Etat centrafricain d’alors, Ange-Félix Patassé, M. Jean- Marc Simon avait le profil de l’emploi.

En effet, alors qu’il était ambassadeur de France en Centrafrique, Jean-Marc Simon, a chapeauté sous le contrôle de l’Elysée de Jacques Chirac, le renversement d’Ange-Félix Patassé par un coup d’Etat. La France reprochait au Président Patassé, soutient une source proche du dossier, son attachement à la souveraineté de la Centrafrique et son engagement pour le contrôle du pétrole centrafricain par le pays.

Paris qui avait «toléré», quelques années auparavant, la tenue d’élections transparentes aux termes desquelles Patassé avait battu André Kolingba, le Président sortant, a pris la décision dès 2001 de remettre en selle Kolingba parce qu’Ange-Félix Patassé affichait un souverainisme qu’abhorrait la France dans sa volonté de faire une main basse totale sur les richesses de la Centrafrique. Patassé dénonçait, par exemple, l’exploitation sauvage et illégale des mines d’or menée par des entreprises françaises sur tout le territoire centrafricain. Coaché par les services français et l’ambassade de France à Bangui (capitale centrafricaine), André Kolingba tente en 2001 un coup d’Etat contre Ange-Félix Patassé. La tentative échoue au grand désarroi de Paris. Les armes découvertes au domicile de Kolingba contigu à celui de l’ambassadeur Jean-Marc Simon à Bangui sont toutes estampillées «Ambassade de France en Centrafrique». La télévision nationale centrafricaine les présente à l’opinion publique en guise de témoignage de l’implication de Paris dans le coup.

Avant la tentative du coup d’Etat, la France via ses médias dont RFI soutient activement l’idée d’une guerre civile entre les ethnies Baya et Yakoma. Chose souhaitée, chose obtenue. L’échec du coup d’Etat donne lieu à des affrontements sanglants entre les Baya (ethnie de Patassé) et les Yakoma (ethnie de Kolingba) qui font plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés. Bangui est à feu et à sang. André Kolingba est exfiltré avec l’aide de Jean-Marc Simon vers le domicile de l’ambassadeur de France d’où il lance un appel via RFI à l’endroit de Patassé.

De 2001 à 2003, la Centrafrique vit une instabilité profonde orchestrée par Paris.

L’Elysée met à profit cette période pour rechercher un nouvel adversaire à Patassé. Chirac le trouve en la personne du général François Bozizé, ex-chef d’état-major de l’armée, limogé par Patassé pour diverses raisons. François Bozizé lance une rébellion armée avec la bénédiction de Paris. Le Tchad en devient la base arrière.

Le 15 mars 2003, alors qu’Ange-Félix Patassé est en visite officielle à l’extérieur du pays, la rébellion gagne Bangui. L’avion du Président Patassé est interdit d’atterrir à l’aéroport de la capitale. C’est le coup d’Etat réussi. Une situation dans laquelle, précisent les sources, l’ambassadeur Jean-Marc Simon a joué un rôle déterminant.

Paris évacue ses ressortissants vers le Gabon et abandonne les Centrafricains à leur sort. Après avoir réussi sa «mission» en Centrafrique, Jean-Marc Simon est muté au Gabon pour un «repos». Avant d’être ré-envoyé en «mission» en Côte d’Ivoire par l’Elysée.

Comme à Bangui, le schéma est le même : une rébellion armée parrainée par l’hexagone, un pion (Alassane Dramane Ouattara), une base arrière (le Burkina Faso), un Président (Laurent Gbagbo) gênant à cause de son attachement à la souveraineté de son pays et un enjeu (le contrôle du pétrole et de toutes les matières premières). Mais contrairement en Centrafrique, Jean-Marc Simon rencontre des difficultés sur le terrain en Côte d’Ivoire. A cause d’une population ivoirienne déterminée et aussi souverainiste que son Président, Laurent Gbagbo. Ainsi que l’interpénétration des ethnies qui rend quasi impossible l’éclatement d’une guerre interethnique voulue en vain par l’Elysée.

Autre obstacle majeur, l’homme de la France, Alassane Ouattara, n’est pas accepté par la majorité de la population ivoirienne à cause de son passé et sa propension à la violence. En dépit de tout, Jean-Marc Simon et l’Elysée ne baissent les bras…

Didier Depry ddepry@hotmail.com

 

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