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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 00:28

 

 

 

D-by-inquiet.jpg

 

Boz-coup-double.jpg

 

 

 Ça y est ! Idriss Déby Itno du Tchad vient de remporter l’élection présidentielle de son pays avec un score de 88,66%. Peu importe que le Conseil constitutionnel n’ait pas encore avalisé ces résultats dits provisoires. La messe est dite : Déby rempile encore pour un mandat de cinq ans. Rien de surprenant dans tout ça. C’était génétiquement programmé, tant l’impréparation et le cafouillage, à dessein, de cette élection et son boycott par les grandes figures de l’opposition, ouvraient grande à Déby la voie d’une réélection assurée.

 

Mais le tout prochain nouvel ancien président tchadien et partant, tous ceux qui se font élire avec des scores fleuves, ignorent ou feignent d’ignorer une chose qu’il convient de leur rappeler. Au 21e siècle où l’on a affaire à des peuples de plus en plus éclairés, de plus en plus exigeants et qui aspirent surtout à la liberté et au changement, s’enorgueillir aujourd’hui d’être élu à près de 90% des voix, c’est plutôt se ridiculiser. Plus personne ne peut se fier ni à de tels scores, ni aux présidents qui les fabriquent de toutes pièces, à l’exception de ces derniers et de leurs béni-oui-oui. Loin s’en faut. Bien au contraire, ce genre de score, nul n’est dupe, est l’expression d’une mascarade électorale grandement criarde.

Les grandes démocraties du monde ne peuvent que regarder Déby avec indignation et dédain quand elles savent qu’il s’est moqué éperdument des règles élémentaires du jeu démocratique. L’Occident ne peut que continuer à se gausser de l’Afrique quand des chefs d’Etat africains qui devaient préserver et défendre l’image du continent noir, usent de la fraude, du mensonge et de bien d’autres roublardises pour se maintenir au pouvoir.

Il convient de le rappeler, l’appellation "score à la Soviétique" renvoie à une certaine époque où des dictatures féroces pipaient les dés électoraux dans l’unique dessein de se faire élire avec des scores qui devaient attester de leur popularité. Que des chefs d’Etat africains s’en accommodent toujours, c’est le comble du ridicule. Le président tchadien est sans doute bien parti pour un long règne. Pour avoir mal préparé les élections afin d’y aller presque en solo, au grand dam de son opposition et défiant le regard du monde entier, Déby prouve à merveille que ce n’est pas demain la veille qu’il quittera le palais de N’Djamena.

Préoccupé par la conservation de son trône, le président Déby commet cependant une erreur d’une extrême gravité. Il expose son pays aux troubles sociopolitiques qui secouent aujourd’hui le monde arabe. Cela d’autant plus que beaucoup de ces dirigeants arabes, aujourd’hui aux abois, se sont fait élire comme lui, avec des scores stupéfiants pour être finalement contestés quelques temps après, par le même peuple duquel ils prétendaient tirer leur légitimité. En se faisant élire contre vents et marées et surtout par une portion congrue du peuple tchadien, cet apprenti sorcier sème le vent. Il récoltera un jour la tempête qui l’emportera.

 

© Le Pays Mercredi 11 mai 2011 3 11/Mai /2011 18:47Boulkindi COULDIAT

 

L’OPPOSITION REFUSE DE RECONNAÎTRE LA RÉÉLECTION DU PRÉSIDENT DEBY

(MISNA) 12 Mai 2011 - 15:16  - Les résultats de la présidentielle du 25 avril ont été “manipulés”, a dénoncé un des candidats de l’opposition, Albert Pahimi Padacke, arrivé second au scrutin, derrière le président sortant Idriss Deby, réélu par 88,66% des voix.

L’opposition politique, dont les principaux leaders avaient boycotté le scrutin, refuse donc de reconnaître la victoire de M Deby à un quatrième mandat présidentiel consécutif, appelant ses sympathisants à attendre calmement l’issue des recours en justice présentés contre les résultats des élections.

À l’unisson, dans un éditorial sur L’autre Afrik, l’ancien Premier ministre Abdelkerim Fidel Moungar a dénoncé des fraudes électorales et accusé le parti du régime (Mps) d’entraver le développement du Tchad.

Le sous-sol du Tchad possède de considérables réserves de pétrole, d’or et d’uranium. Pourtant, la population ne bénéficie que dans une infime mesure des recettes issues de l’exploitation des ressources naturelles opérée par les multinationales.

 

 

 

Abdelkérim Fidel Moungar désavoue Idriss Deby

 

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 00:42

La parodie électorale organisée au Tchad ne donne aucune légitimité au régime du Président Deby qui perdure depuis vingt ans. Le pouvoir MPS est une chape de plomb qui contrarie l’épanouissement des populations tchadiennes.

Malgré ce bilan affligeant de cruauté et de forfaitures, les populations se sont mobilisées massivement pour le processus électoral lors des élections législatives. L’implication de la communauté internationale (UE, OIF, UA), celle de l’opposition politique tchadienne avec les accords du 13 Août 2007 permettaient d’escompter un processus électoral sans la fraude habituelle.

Mais ID ne veut pas prendre de risque. Il se sait impopulaire dans le pays. Il préfère un mandat impératif au terme d’une coûteuse mascarade électorale. Les résultats obtenus par l’opposition aux élections législatives sont passés à la trappe pour l’essentiel. Le MPS minoritaire dans le pays s’octroie la majorité parlementaire.

Les résultats des élections législatives ne sont pas encore publiés, mais on engage le processus des élections présidentielles. La curie des serviteurs du dictateur qui niche au conseil constitutionnel établit une liste expurgée des moutons noirs dont je suis. Cela relève du rituel sous le règne de notre cher Président. Le fils aîné de Ndam Moungar Joseph et de Dendeye Laya, sa légitime épouse, aurait une filiation douteuse !

Les trois opposants sur la liste des 6 candidats retenus tirent les leçons des législatives et posent quelques préalables à leur participation (correction des dysfonctionnements observés aux législatives, édition de nouvelles cartes d’électeurs, mesures de prévention contre la fraude). Ces préalables de bon sens sont rejetés.

C’est tout à fait logiquement que les candidats de l’opposition se retirent et appellent au boycott du cirque électoral. Ils refusent à juste titre de jouer les sparring-partners.

Les électeurs tchadiens l’ont compris. Ils ont exprimé leur désaveu par un boycott massif qui enlève toute valeur au résultat que l’on propose au pays. L’élection de Idriss Déby est une mascarade et doit être réfutée comme telle. Ces violations répétées du processus démocratique créent des devoirs impératifs pour l’opposition.

Le principal d’entre eux est la création d’une alternative politique crédible pour le tout proche avenir. Pour cela nous devons tourner le dos aux errements du passé et faire face à notre destin.

Nous avons désormais des devoirs impératifs :

 Le devoir de rassemblement est incontournable : 130 partis politiques c’est trop. Loin d’être une force, le grand nombre de partis est une source d’inefficacité et facilite les manipulations de celui qui détient le pouvoir et l’argent. Le rassemblement, maintenant, autour des revendications prioritaires des populations tchadiennes est une nécessité impérieuse.

 Le refus de toute participation aux gouvernements trimestriels de ID.

 La dénonciation de la politique néocoloniale de la France au TCHAD

 La dénonciation des positions bien souvent complaisantes de la communauté européenne dont les missions de surveillance ont des observations bien souvent diplomatiques et superficielles malgré des tricheries avérées.

 L’exigence d’un recensement biométrique avec établissement de cartes électorales biométriques, en application des accords du 13 août tout simplement.


Abdelkérim Fidel Moungar est un homme politique tchadien. Chirurgien des hôpitaux et ancien Premier ministre de la transition au Tchad, il a créé en mai 1981 le parti Action tchadienne pour l’unité et le socialisme (Actus) dont il est le secrétaire général.

Source: Afrik.com

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