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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 01:43

 

 

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Source : "LE PAYS" mardi 28 septembre 2010

 

ACCUSATION CONTRE MARTIN ZIGUELE EN RCA

La meilleure façon de tuer sans gêne son chien, c’est de l’accuser de rage. De cette manière, on le tue avec la conscience tranquille même si l’animal est reconnu de l’entourage comme bon et irréprochable. En politique, du moins sous les tropiques africains, cela se traduit par la traque des opposants, surtout de taille, de la part du pouvoir en place. Celui-ci leur tend des traquenards de tous genres qu’ils ont très peu de chance d’éviter.

Martin Ziguélé, président du MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), vient de confirmer, s’il en était encore besoin, cette règle de gouvernance politique en Afrique. Le pouvoir de Bangui vient de l’accuser de diriger la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) dont le premier responsable, Charles Massi, reconnu de son vivant comme convoiteur de poids du fauteuil de François Bozizé, a lui aussi disparu comme par enchantement. Pour tous ceux qui se demandent pourquoi c’est seulement maintenant que Bozizé voit derrière cette rébellion l’ombre de Ziguélé, la raison est claire comme l’eau de roche. Les élections présidentielle et législatives centrafricaines, moult fois reportées, sont finalement fixées au 23 janvier 2011. Et le dépôt des candidatures aura lieu entre le 10 octobre et le 8 novembre prochains. Quoi de plus normal pour le général François Bozizé de suffisamment préparer sa monture quand il sait qu’il a du chemin à parcourir et que sur celui-ci, se trouve l’indésirable Martin Ziguélé qui risque de lui mettre du bâton dans les roues. En effet, il n’est point utile de démontrer que le seul et unique poids lourd de la scène politique centrafricaine qui soit en mesure d’envoyer l’occupant actuel du palais de Bangui aller "cultiver son jardin" est le président du MLPC. Premier ministre de son pays entre 2001 et 2003, Ziguélé a été aussi candidat à l’élection présidentielle de 2005 où il a été battu au second tour par Bozizé.

C’est donc un homme suffisamment connu de son peuple. Voilà un avantage et une qualité qu’un opposant ne doit pas avoir en Afrique. Et l’on a de bonnes raisons de craindre que Ziguélé ne subisse le même sort que celui de Charles Massi, ou dans le meilleur des cas, soit disqualifié d’une façon ou d’une autre de la course à la présidentielle. Bozizé semble en tout cas prêt à tout pour garder son fauteuil. Que l’on ne s’étonne donc pas qu’il voie le complot partout. Rien que le 2 septembre dernier, l’on se souvient encore, le pouvoir centrafricain avait cru démasquer d’autres comploteurs. Cette fois-là, tenez-vous bien, il s’agissait de Slovaques. Qualifiés de mercenaires en provenance du Congo, entrés en RCA pour renverser Bozizé, ceux-ci avaient été mis au frais. Et ce n’est que quelque temps après que les autorités centrafricaines se sont rendus compte qu’il ne s’agissait que de simples chasseurs à la recherche de gibiers et non de Bozizé.

Manifestement, le président centrafricain achève de convaincre qu’il est loin d’être l’ange pour lequel il se faisait passer à son arrivée au pouvoir en 2003, après avoir renversé Ange Félix Patassé pourtant démocratiquement élu. Avec ce début de la chasse aux sorcières, Bozizé pourrait aller, comme Kagamé du Rwanda et Nkurunziza du Burundi, à l’élection en solitaire après avoir mis tous ses opposants en quarantaine. Il risque, de ce fait, de replonger son pays, qui ne se porte déjà pas bien, dans une crise sociopolitique sans précédent. Et de ce genre de crise, les Centrafricains n’en ont qu’assez.

Boulkindi COULDIATI 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique