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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 17:26

 

 

patasse

 

 

 

(Le Pays 07/04/2011)

Les unes après les autres, les figures de proue de la scène politique centrafricaine tirent leur révérence. Après Abel Goumba en mai 2009, c’est au tour de l’ancien chef de l’Etat Ange-Félix Patassé de quitter le monde des vivants le 5 avril 2011. L’ange s’est envolé vers les cieux à Douala, au Cameroun, des suites de maladie (diabète), à 74 ans. Ainsi, on ne verra plus physiquement l’homme avec sa célèbre barbichette blanche qui lui donnait l’allure d’un maître shaolin. Disparues aussi les célèbres cravates nœud papillon qu’affectionnait l’ingénieur agronome devenu politicien. Tout cela par la faute de ce diabète qui le rongeait et qui a fini par avoir raison de lui.

"Dieu a donné, Dieu a repris", comme on le dit en pareille circonstance. Mais dans le cas d’espèce, est-ce Dieu qui a vraiment repris ce qu’il avait donné ? Des humains n’ont-ils pas contribué à ce qu’il en soit ainsi pour, ensuite, tout mettre sur le compte du bon Dieu ? On n’est pas loin de le penser avec le décès de celui qui a été élu président de son pays une première fois en 1993 et une seconde fois en 1999 avant d’en être chassé en 2003, par les armes, par le chef de l’Etat actuel, François Bozizé. Bien que le sachant malade, les autorités de Bangui lui ont pourtant refusé le droit d’aller se soigner à l’extérieur. Et ce, à trois reprises, au nom d’une restriction de la liberté d’aller et de venir imposée aux opposants et adversaires malheureux de l’élection présidentielle de janvier 2011.

C’est au dernier moment, et face à l’aggravation de son état de santé, qu’il a enfin été autorisé à sortir du territoire. Et la suite, on la connaît. Et ce n’est pas exagéré de dire qu’il y a eu, de la part des autorités, un manque d’humanisme et une non-assistance à personne en danger. Certes, l’on n’est pas dans les secrets des dieux, mais l’on ne peut pas dire que l’interdiction de sortir du territoire a été compensée par une prise en charge du patient au niveau national. Non seulement les autorités l’ont retenu mais aussi ne l’ont pas soigné. C’était le minimum à faire pour un ancien chef d’Etat. Apparemment, on a préféré mettre la raison d’Etat en avant avec cette interdiction de voyager au détriment de la santé de l’ancien président. Autrement dit, on a laissé l’ex-Premier ministre de Bokassa mourir à petit feu avant de le faire partir au dernier moment, pour ne pas avoir éventuellement sa mort sur la conscience.

La divergence idéologique s’est manifestement transformée en haine et en inimitié. C’est malheureusement, ce que l’on observe un peu partout sur le continent où les adversaires politiques, surtout les opposants, sont considérés comme des ennemis à abattre par les pouvoirs en place. On oublie que, comme le dit un chanteur, "la politique, ce n’est pas la guerre". La politique n’est rien d’autre qu’un débat d’idées. On n’en voudrait donc pas à Ange-Félix Patassé, depuis l’au-delà, de tenir pour responsables, les autorités centrafricaines de son décès. Il pourrait lancer à la cantonade : "Bozizé m’a tué"..., à l’image d’une victime française qui avait griffonné sur le sol, et avec son sang, une phrase du genre contenant le nom de son meurtrier. Peut-être que si le défunt président avait obtenu promptement l’autorisation d’aller se soigner, il serait toujours de ce monde.


Séni DABO

© Copyright Le Pays

 

 

Centrafrique : Mort de Patassé : Bozizé l’aura sur la conscience

San Evariste Barro  L’Observateur PAAGA 6 Avril 2011

L'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé est mort à l'âge de 74 ans le mardi 5 avril 2011 dans un hôpital de Douala (Cameroun) alors qu'il était en transit pour Malabo, où il devait se faire soigner. Le diabète dont il souffrait depuis un certain temps a certainement eu raison de lui. Mais il ne serait pas étonnant que les circonstances de sa disparition suscitent la polémique à Bangui : il semble en effet que le « barbu national » a été empêché, par deux fois, par les autorités de son pays, de se rendre en Guinée-Equatoriale pour recevoir des soins.

Selon l'entourage de l'ex-président, il n'avait pu prendre ni le vol affrété par le président Obiang Nguema le 22 mars ni le vol régulier de Kenya Airways le 30 mars pour Malabo.

On nous dira que c'est son heure qui est venue, mais on ne peut s'empêcher de penser que les autorités banguisoises l'ont quelque peu aidé à partir... Car s'il avait pu se rendre à temps à Malabo, qui sait, peut-être que l'ingénieur agronome de formation serait encore de ce monde. Et voilà les autorités centrafricaines dans l'embarras, elles qui ne l'ont autorisé à quitter le pays que le 1er avril, en évoquant des problèmes d'ordre administratif.

Cependant on se dit que pour un ancien chef d'Etat, rien, en tout cas pas la paperasserie, ne devrait retarder son évacuation sanitaire. Mais qu'est-ce que vous voulez, on est en Afrique, et malheureusement dans beaucoup d'Etats, des dirigeants sont encore coutumiers de ce genre de tracasseries contre leurs prédécesseurs.

Pourtant cela ne sert à rien. Dans le cas d'espèce, d'Ange-Félix Patassé, rongé par la maladie et le poids de l'âge (74 ans), semblait avoir déjà sa vie politique derrière lui malgré le score de 21% qu'il a eu à la présidentielle de janvier 2011.

L'homme que la Centrafrique pleure aujourd'hui avait été plusieurs fois ministre avant d'arriver au pouvoir en 1993. Réélu en 1999, il a été renversé par le coup d'Etat mené par le général François Bozizé en 2003. Depuis, l'homme avait trouvé refuge chez ses beaux à Lomé au Togo, où il a entamé sa traversée du désert. Entre-temps, il avait été condamné par contumace en août 2006 à 20 ans de travaux forcés ; une peine qu'il n'effectuera jamais.

A croire d'ailleurs que tout cela était un montage et qu'on ne lui reprochait véritablement rien, puisqu'il était rentré libre dans son pays dans la perspective de la présidentielle de janvier dernier : la preuve, il a pu se porter candidat à la magistrature suprême et a été classé deuxième.

Fantasque et pittoresque, Patassé, le monsieur au verbe haut, à la barbichette poivre-sel et à l'éternel noeud papillon, était sous la menace de la Cour pénale internationale (CPI) dans l'affaire Jean Pierre Bemba. Mais l'ingénieur agronome de formation ne pourra plus être appelé à la barre de cette Cour, car le concernant, l'action publique est éteinte à présent.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique