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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 18:01

 

 

 


Sylvain-Ndoutingai


Brazzaville, 19 décembre. Timide soleil d’une saison pluvieuse qui a recouvert la capitale congolaise de la grisaille. Les chauffeurs de taxi pestent contre l’absence de clients sur les routes aussi impraticables que désertes, les travaux de la 22ème session ordinaire des ministres de l’Union économique de l’Afrique Centrale a démarré depuis le 7 décembre avec les travaux du comité inter-États, et les fonctionnaires de la Communauté des États de l’Afrique centrale (CÉMAC) retiennent leur souffle. Et pour cause !


En principe, à l’issue du conseil des ministres, si tout va bien, la Commission de la  CÉMAC se sera doté d’un nouveau président (du moins en théorie puisque la décision revient aux chefs d’États) en remplacement du camerounais Antoine Ntsimi, qui s’est fait attribuer début 2011, des indemnités aux allures de solde de tout compte alors qu’on ignore quand prendra fin de son mandat. Les ministres réunis à Brazzaville devaient se mettre d’accord sur le nom de la personnalité qui prendra les reines de la commission pour les prochaines années, en vertu du principe de rotation, décidé lors du sommet de Bangui début 2010. En vertu de cette règle, la présidence de la commission de la CÉMAC doit revenir à la République Centrafricaine pour les prochaines années.

Mais rien n’est aussi simple.


Mensonges et manœuvres au sommet

 

Le processus de désignation du prochain président de la Commission de la CÉMAC qui s’annonce n’a rien d’une partie de plaisir. En cause, la rivalité entre les États membres qui ont cédé à la tentation de la préférence nationale. Chaque État évoluant dans son couloir aérien.

Antoine Ntsimi, tout d’abord. Comme l’a révélé l’hebdomadaire Jeune Afrique en mai dernier, ce dernier qui avait fait signer au président en exercice de la Conférence, Denis Sassou Nguesso, un acte additionnel prévoyant de lui verser entre autres, une indemnité pour services rendus d’un montant équivalant à 30 mois de son dernier salaire brut, fait feu de tout bois pour empêcher qu’un Centrafricain soit désigné à la tête de la commission.

 

Pour y parvenir, il use de procédés à la limite de la légalité, oscillant entre mensonges et calomnies. Selon des informations d’une source crédible, durant le dernier conseil des ministres, Antoine Ntsimi aurait déclaré que si « son pays honore encore ses cotisations dans le budget de la Cémac, c’est parce que c’est son cousin qui est le ministre des finances du Cameroun ». Autrement dit, c’est grâce à lui que le Cameroun verse sa cotisation. Ensuite, il aurait accusé François Bozizé « de toujours lui faire des appels de fonds à la moindre fêtes. Ce qui a pour conséquence de plomber le budget de l’institution s’il avait accédé à toutes les demandes du président centrafricain. En conclusion, affirme-t-il, si la présidence de la commission revenait à un ressortissant centrafricain, cela laisserait libre champ à François Bozizé qui utiliserait les fonds de la CÉMAC à sa guise ». Arguments aussi risibles que spécieux.

 

La vérité, c’est que Ntsimi a un mépris atavique pour le Centrafricain. À preuve, il a déserté son poste depuis plusieurs mois et passe le clair de son temps dans son pays natal. À charge de l’institution de lui faire parvenir les parapheurs pour la signature. Ce qui revient à payer un billet d’avion à l’un de ses nombreux parents qui truffent la CÉMAC qui doit se rendre à Yaoundé chaque mois. Pendant ce temps, la villa au loyer surfacturé que paye la CÉMAC pour lui à Bangui reste inoccupée depuis des mois.  

 

Sylvain Ndoutingai à l’offensive ?

 

Après avoir perdu la présidence de la Banque de développement des États de l’Afrique centrafricaine au nom du principe de rotation, les Centrafricains refusent de voir s’envoler la présidence de la commission de la CÉMAC. L’objectif est clair : reprendre la main.

 

Même si les arguments de droit, notamment le paiement des cotisations pour l’exercice en cours,  sont en défaveur de la République Centrafricaine, Sylvain Ndoutingaï est passé à l’offensive pour exiger que la présidence de la CÉMAC revienne à son pays. Selon nos informations, au cours du conseil des ministres de Brazzaville, à ceux qui rappelaient que pour l’exercice 2011 par exemple, la République Centrafricaine n’a versé aucun rond au budget de fonctionnement de l’institution sous régionale alors que les autres pays se sont acquittés de leurs cotisations, à raison de 12 milliards pour le Cameroun, 6 milliards payés par le Congo, 3 milliards versés respectivement par le Tchad, le Gabon et la Guinée Équatoriale, Ndoutingaï aurait opposé le principe de la solidarité entre les États de la CÉMAC.  De la part de Ndoutingaï, c’est plutôt bien joué.

 

Toujours selon la source, Sylvain Ndoutingaï se serait par ailleurs insurgé contre les propos de Ntsimi à qui il aurait demandé de « rembourser » les l’indemnités qu’il s’est fait payer au titre de solde de tout compte alors qu’il est encore en fonction et continue de toucher son salaire. « On ne touche pas des indemnités de départ tout en restant en fonction », aurait-il dit à Ntsimi. De l’avis de la source, le turbulent ministre de Bozizé se serait battu pour arracher la présidence de la Commission de la CÉMAC.

 

Mais le problème, c’est que Sylvain Ndoutingaï, instinct tribaliste oblige, aurait présenter la candidature  d’un certain… Albert Besse avec tout ce que ce nom a de fantasque, de médiocre et d’incompétence maladive.

 

Commentaires du président en exercice de la Conférence sur cette candidature : « la présidence de la Commission de la CÉMAC est trop sensible pour être confiée à un « voyou ». Ce qui aurait poussé les ministres à renvoyer la question à la prochaine cession du conseil des ministres qui se tiendra probablement en février 2012.

 

Il appartient désormais aux autorités de Bangui de mettre de côté leur proportion à voir les autres Centrafricains comme des ennemis et à vouloir coûte que coûte attribuer les postes juteux aux gbayas pur jus, pour présenter un candidat de poids. Ce n’est pas ce qui manque parmi les 4 millions de Centrafricains. Il existe en Centrafrique plein de cadres, capables de diriger la Commission de la CÉMAC, contrairement aux insinuations d’Antoine Ntsimi qui préférerait que lui succède un autre Camerounais.

 

Une chose est cependant certaine : les Centrafricains n’accepteront pas que leur échappe  la présidence de la CÉMAC comme leur a échappé bêtement, celle de la BDEAC. 

 

L’Indépendant.

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