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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 18:18

 

 

Am Nondroko Djotodia

Michel Djotodia 

 

le 4 janvier 2013 15H51 | par Vincent Hugeux


Le Seleka, combien de divisions ? La coalition rebelle qui, ayant conquis sans coup férir les deux-tiers nord de la République centrafricaine (RCA), campe à 160 km de Bangui, apparaît comme un attelage hétéroclite et mystérieux à l’ossature incertaine, secoué de plus par les divergences tactiques et les rivalités d’ego. Point de commandement militaire unifié, pas davantage de direction politique cohérente, mais une foultitude de « commandants » autoproclamés ou de « porte-parole », tous « officiels » et souvent exilés. Un signe : ce vendredi, le plus connu et le plus médiatique d’entre eux, Eric Massi, a indiqué à  l’AFP, depuis son refuge parisien, n’être « pas au courant » de l’ouverture imminente, sous l’égide du Congolais Denis Sassou Nguesso, de pourparlers à Libreville (Gabon). Pourparlers pourtant annoncés par la Communauté économique des Etas d’Afrique centrale (CEEAC), qui le cite parmi les dix émissaires de l’insurrection. Les initiatives du fils adoptif de l’ancien ministre dissident Charles Massi, décédé en détention dans des circonstances plus que suspectes en 2010, suscitent d’ailleurs d’amers griefs. François Nelson Ndjadder, héritier quant à lui d’un général, ex-titulaire du portefeuille de l’Intérieur assassiné en 2001, lui reproche de « rouler pour lui-même » et d’avoir annoncé voilà deux jours, sans consulter les « chefs d’état-major » de terrain -au nombre de quatre semble-t-il-, la « suspension » de l’offensive rebelle. Suspension motivée pour l’essentiel par la mise en garde de la Fomac, force interafricaine d’interposition récemment renforcée, résolue à interdire tout assaut sur la capitale. Si seleka signifie « alliance » en langue sango, nul doute que l’union reste un combat…


Au fil des jours, d’autres noms ont émergé des rangs de la rébellion. A commencer par ceux de Michel Djotodja, présenté comme son « chef », Moussa Mohamed Daffane et Younous Adim Birema. Lequel serait, selon les autorités de RCA, le fils d’un imam de quartier de Bangui, et aurait été formé à l’Université islamique de Médine (Arabie saoudite).  

 

Soucieux de discréditer le Seleka, notamment aux yeux de l’Occident, le clan du président aux abois François Bozizé accuse certains de ses meneurs d’être inféodés au wahhabisme, version ultra-rigoriste de l’islam sunnite, d’obédience saoudienne, et soutient que les soldats perdus des conflits du Darfour et de Libye ou de factions tchadiennes fournissent le gros de leurs troupes. Sans pour autant, à ce stade, avoir livré de preuves convaincantes.


Les dissensions au sein du Seleka constituent à l’évidence, et faute de mieux, le meilleur atout de « Boz ». Lequel vient de procéder à une vigoureuse reprise en main d’une armée frappée par l’opprobre de la débâcle, quitte à sacrifier son fils Jean-Francis, relevé de ses fonctions de ministre délégué à la Défense pour « nonchalance », ainsi que le chef d’état-major Guillaume Lapo. Sur le front politique, l’ « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, qui a senti le vent du boulet, lâche du lest. Ecoutant en cela non seulement les appels du Seigneur, mais aussi ceux de Paris, il promet la formation d’un « gouvernement d’union nationale » et jure de ne pas briguer un nouveau mandat en 2016, terme du mandat en cours. Sur les bords de Seine, on souhaite vivement que les négociations censées s’engager dimanche au Gabon associent au processus, aux côtés des émissaires rebelles, les chefs de file de l’opposition légale, tels les anciens chefs de gouvernement Martin Ziguélé et Jean-Jacques Demafouth. L’un et l’autre candidats malheureux au scrutin présidentiel remporté en janvier 2011, fraudes à l’appui, par l’ex-putschiste Bozizé. En RCA comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, l’Histoire se mord la queue.

 

Source : http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2013/01/04/rca-une-rebellion-cacophonique/

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion