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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 01:25

 

 

Laurent-Gbagbo.jpg

 

 

Gbagbo aux Ivoiriens : «Tout va rentrer dans l’ordre»

Le Président de la République, Laurent Gbagbo, a saisi, mercredi, l’occasion de la visite que lui ont rendue les populations de la région du Sud-Comoé, pour rassurer les Ivoiriens face à la situation qui prévaut dans son pays. Le 2 décembre, le président de la Commission électorale indépendante, Youssouf Bakayoko, a proclamé Alassane Ouattara élu Président de la République à l’issue du second tour de la présidentielle du 28 novembre. Une proclamation en dehors du délai de trois jours que lui donne le texte électoral ivoirien pour le faire. En outre, le président de la Cei a fait cette déclaration au quartier général de campagne de Alassane Ouattara mais aussi Qg des Forces nouvelles depuis leur installation à Abidjan après l’accord de Linas Marcoussis. Une proclamation qu’il a faite seulement en présence des partisans du candidat du Rdr soutenu par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Sans aucun représentant de Laurent Gbagbo.

Alors que le même jour, quelques instants avant, le Conseil constitutionnel avait relevé que le délai accordé à la Cei pour proclamer les résultats provisoires de l’élection était expiré et s’était saisie de la question. Non sans prendre en compte les recours en annulations des résultats de plusieurs régions où il a dénoncé des fraudes massives et des violences perpétrées par les Forces armées des Forces nouvelles sur ses électeurs. Au bout du compte, Paul Yao N’Dré proclame Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle. Et le 4 décembre, le candidat de La majorité présidentielle (Lmp) est investi en grande pompe Président de la République, au palais présidentiel. Ce que contestent Alassane Ouattara et le Rhdp conduit par l’ancien président Henri Konan Bédié.

«N’ayez pas peur. N’ayez pas peur. C’est notre pays. Il y a certes des secousses mais c’est notre rôle d’amener la pirogue à avoir des vents favorables et à naviguer sur des eaux calmes», a dit mercredi Laurent Gbagbo aux populations du Sud Comoé et par ricochet aux Ivoiriens. Il recevait les populations des départements d’Aboisso, Adiaké, Tiapoum et Grand-Bassam, conduites par le corps préfectoral, les élus, les rois, les chefs traditionnels et coutumiers et venues nombreuses le féliciter pour sa réélection et lui dire leur soutien. «Ne vous inquiétez pas, n’ayez pas peur. Reprenez votre travail normalement. Les Abidjanais ont repris le leur. Le temps, c’est l’autre nom de Dieu. Avec le temps, les écailles qui sont sur les yeux des gens tombent et ils voient clair. Avec le temps, les bouchons qui sont dans leurs oreilles s’enlèvent et ils entendent et ils comprennent. Sinon, ce qui arrive à la Côte d’Ivoire est quelque chose de ridicule. N’ayez pas peur. N’ayez pas peur. En tout cas, je suis ici (au Palais présidentiel. Ndlr), je suis tranquille. Et le temps fera son œuvre. Les explications feront aussi leur œuvre», a répété le Président Gbagbo.

«Hier (mardi 7 décembre. Ndlr), nous avons commencé à travailler avec le gouvernement. Aujourd’hui même (mercredi 8 décembre. Ndlr), certains ministères ont fait les passations de service. Tout va rentrer dans l’ordre», a rassuré le Chef de l’Etat. Aussi a-t-il appelé les Ivoiriens à reprendre le travail sans crainte. «On y va, on avance. N’ayez pas peur. En retournant dans les villages, dans les départements, dans les sous-préfectures, dites là-bas que Gbagbo dit de vous tranquilliser et que chacun aille faire son travail», a-t-il dit.

 Le Président de la République, qui recevait les populations d’une région pour la première fois depuis son investiture, a insisté sur la nécessité pour les Ivoiriens de respecter les règles et la loi de la République. «Je voudrais insister auprès de vous pour dire que dans un pays, il y a la pagaille quand on ne suit pas la loi… Dans la République, il y a des règles. Et celui qui ne les respecte pas se met en dehors de la société», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Je voudrais inviter les Ivoiriens à apprendre les lois qui gouvernent la Côte d’Ivoire, à les connaître et à les respecter. Dans une République, on ne fait pas ce qu’on veut. On ne fait pas ce qu’on a envie de faire. On ne dit pas : «comme je suis fatigué et qu’il y a longtemps que je veux être Président, aujourd’hui, c’est mon tour».

Le Chef de l’Etat a par ailleurs indiqué que sa priorité est la lutte contre le chômage des jeunes. «Nous avons un seul adversaire maintenant, c’est le chômage des jeunes. Notre priorité, c’est la lutte contre le chômage. Notre priorité, ce n’est pas ce qui se passe ici ou là, dans tel coin ou dans tel autre coin. Mais notre priorité, c’est qu’il faut mettre nos jeunes au travail. Je m’y engage», a annoncé Laurent Gbagbo.


Kapolodjo, Koaci.com Abidjan

 

ADO s’isole, Gbagbo deal et jubile

Par DL | 08/12/2010 | 17:23:26 Source : Koaci.com

Au lendemain de la formation du gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a convoqué la presse pour tenter de convaincre les plus pessimistes quant à son avenir politique.

Toute la famille RHDP était réunie au golf hôtel de la rivera de Cocody, lieu de retranchement du camp Ouattara sous protection de l’ONU, pour soutenir celui qui avait porté les couleurs du rassemblement durant la campagne du second tour de l’élection présidentielle. L’ambiance n’était ni à la joie ni à la décontraction, une atmosphère pesante qui en dit long sur l’enthousiasme de ceux qui espèrent encore, ce que de plus en plus considèrent, comme un miracle.

L’appel lancé une nouvelle fois depuis l’annonce de sa défaite, par Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, fort d'un soutien de la CEDEAO, fut bien sourd. Du déjà entendu qui avec les multiples prises de parole semblent au fur et à mesure fragiliser le personnage et la portée des revendications de sa victoire.

A cinq jours de l'annonce de la victoire de Gbagbo par le conseil constitutionnel, les soutiens paraissent de moins en moins francs et on évoque déjà, dans les couloirs du golf hôtel ce midi, une crainte de lâchage progressif des puissances, notamment américaines et françaises en raison de la protection de leurs intérêts, dans le pays, toujours à cette heure dans les mains du président Gbagbo. En effet, selon nos informations, en dehors de tout ce protocole politicien, se mène une bataille sans merci au niveau des lobbys agricoles et miniers. Les barons du FPI, exemptés temporairement de charges ministérielles seraient actuellement à la manœuvre avec une mission très claire obtenir par le chantage liés aux contrats d’exploitations des ressources un soutien voire une distance des puissances occidentales avec Alassane Ouattara. Déjà la Chine et la Russie, qui dans l’ombre soutiennent Laurent Gbagbo, sont à l’affût des futures opportunités. La menace de rupture des contrats existants, notamment français et américains sur le pétrole et le cacao, inquiètent au plus haut point les diplomates de ces pays présents en Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo faisant fit d’ignorer la « République du Golf », continue en façade d’afficher la confiance et la sérénité. Tout sourire et toujours en campagne, après avoir satisfait les Atiés (ethnie Akan du sud-est), et l’Agneby (region qui l'a voté à plus de 85%), très présent dans l’armée et la police, avec la nomination de N’Gbo Aké, il recevait ce mercredi les populations du nzi Comoé au palais de la présidence.

À l’analyse, l’anticipation pré-électorale de Gbagbo pourrait avoir raison sur la réaction post-électorale de Ouattara malgré les menaces, tant de fois lancées depuis 2002 sans suite, de Soro et des rebelles sur un futur conflit militaire. Gbagbo qui apparaît désormais comme le défenseur de la souveraineté africaine face à l’impérialisme occidental a plus que jamais démontré que la politique est un art dans lequel il faut toujours devancer son ou ses adversaires.

Ce mercredi, la vie a bel et bien repris son cours en Côte d’Ivoire, les marchés sont remplis et la circulation dense, les Ivoiriens toujours privés de sms et de chaînes occidentales, sous couvre-feu, reprennent goût aux bouchons et aux odeurs des gaz d’échappement.

Laurent Despas, Koaci.com à Abidjan

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