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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 12:04

 

 

 

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13/04/2011 à 11h:46 Marianne Meunier Jeune Afrique

L’ancien chef de l’État centrafricain s’est éteint, le 5 avril, à Douala (Cameroun). Il était arrivé en deuxième position à la présidentielle du 23 janvier.

Ange-Félix Patassé avait quitté Bangui le 2 avril, à bord d’un vol Kenya Airways. Il devait subir des soins pour son diabète dans une clinique de Malabo (Guinée équatoriale). Mais l’ancien président centrafricain n’est jamais arrivé à destination. Il est mort le 5 avril à Douala (Cameroun), où il avait fait escale trois jours plus tôt. Il avait 74 ans.

Le 21 janvier dernier, cet ancien ingénieur agronome, formé en France, paradait dans Bangui, le buste dépassant du toit ouvrant d’un Hummer. Le regard encore vif caché derrière de vieilles lunettes de soleil, affublé de son inséparable nœud papillon, il brandissait une bible devant une foule de partisans. C’était l’avant-veille de la présidentielle, à laquelle il était candidat. Deux fois élu chef de l’État – en 1993 et en 1999 –, il arrivera en deuxième position, avec 20,1 % des voix, face au président sortant, François Bozizé, vainqueur dès le premier tour d’une élection dont les conditions ont été contestées par l’opposition et critiquées par les observateurs.

Exil au Togo. Les deux hommes étaient de vieux adversaires : le 15 mars 2003, le général Bozizé, alors chef d’état-major, renversait Patassé après une longue rébellion. Ayant « rencontré Dieu » pendant cinq années d’un exil au Togo d’où il était rentré en décembre 2008, Patassé confiait à Jeune Afrique, le 24 janvier : « Bozizé est mon petit frère, je prêche la repentance et la réconciliation. »

Méfiant, François Bozizé aura empêché à plusieurs reprises l’ancien chef de l’État d’aller se faire soigner en Guinée équatoriale. Le 2 avril, la pression populaire et diplomatique – notamment celle du président congolais (Brazzaville) Denis Sassou Nguesso – a finalement eu raison de son obstination. La famille de Patassé refuse néanmoins l’organisation d’obsèques nationales.

Né à Paoua, dans le nord-ouest du pays, en 1937, Patassé entre en politique sous Jean-Bedel Bokassa. Ministre du Développement rural, puis du Tourisme, il est nommé Premier ministre en décembre 1976. À ce poste, il organise le sacre de l’empereur, un an plus tard. Mais en 1979, il se retournera contre ce dernier en créant un parti d’opposition, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC). Bokassa est débarqué par la France lors de l’opération Barracuda la même année. En 1982, le chef du MLPC tente de renverser le chef de l’État, André Kolingba. Ses compagnons d’armes sont alors deux généraux, François Bozizé et Alphonse Mbaïkoua. Tandis que le premier se réfugie au Tchad et le second dans son village natal, Patassé, vêtu d’un large boubou, se présente à l’ambassade de France qui, à l’époque, tire les ficelles à Bangui. Protégeant Kolingba, l’ancienne puissance coloniale est embarrassée. Sa solution : un exil de Patassé au Togo – déjà.

Accents mystiques. L’« Ange » reviendra dans le jeu politique avec le multipartisme. Il remporte la présidentielle de 1993, considérée comme démocratique, une première depuis l’indépendance. La suite est moins rose. Elle est marquée par des mutineries à répétition, un tribalisme exacerbé – au sein de sa garde notamment, dominée par sa famille ethnique – et de nombreuses tentatives de coups d’État. Les crimes des troupes du Congolais Jean-Pierre Bemba, qu’il appelle à la rescousse fin 2002, entacheront aussi son image. Les avocats de Bemba, actuellement jugé par la Cour pénale internationale, ont souvent réclamé la comparution de Patassé. À Bangui et dans son fief, il reste cependant populaire.

D’éducation catholique, Patassé était rentré évangélique de son exil togolais. Arguant de sa stature d’homme d’État et d’expérience, il cherchait à se placer au-dessus de la mêlée. Dans des discours aux accents mystiques, il citait la Bible, promettait des miracles et assurait que la Centrafrique était « bénie des dieux ».

 

 

RCA : La mort de Patassé laisse Bemba seul face à la CPI

Par Christophe Rigaud - 07/04/2011

«Les troupes de Bemba étaient venues défendre Ange-Félix Patassé d'un coup d'Etat. Patassé ne pourra même plus témoigner»

 

L'ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé est décédé à Douala au Cameroun à l'âge de 74 ans. Il était le grand absent du procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI), accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003. Les troupes de Bemba étaient venues défendre Ange-Félix Patassé d'un coup d'Etat. Patassé ne pourra même plus témoigner. Homme politique centrafricain né à Paoua le 25 janvier 1937, Ange-Félix Patassé est diplômé de l'Académie supérieure de l'agriculture tropicale de Nogent-sur-Marne (France). Il est nommé en 1965 au cabinet du ministre de l'Agriculture et du développement. Sous la présidence de Jean-Bédel Bokassa, il est plusieurs fois au gouvernement et devient Premier ministre le 8 décembre 1976 jusqu’en juillet 1978. Devenu président de la République le 22 octobre 1993, réélu en 1999, auteur des mutineries et de la mort de plusieurs personnalités de la RCA. Il est renversé par un coup d’État de François Bozizé le 15 mars 2003. Accusé d'avoir détourné 70 milliards de francs CFA, Patassé a été condamné par contumace le 30 août 2006 par la cour criminelle de Bangui à 20 ans de travaux forcés.

Mais Ange-Félix Patassé est également l'un des personnages clés du procès de l'ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis lors des incursions de ses troupes en République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Les troupes de Bemba étaient effectivement entrées en Centrafrique pour prêter main forte au président Patassé, menacé d'être renversé par François Bozizé. Patassé et Bemba perdront la guerre et François Bozizé s'installe à la présidence centrafricaine. En délicatesse avec Joseph Kabila après sa défaite au deuxième tour de la présidentielle congolaise de 2006, Jean-Pierre Bemba est obligé de s'exiler au Portugal, puis en Belgique après de violents combats avec les troupes de Kabila dans le centre de Kinshasa en 2007. II est arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 suite à un mandat établi la veille par la Cour pénale internationale sur le dossier centrafricain. Mais Bemba récuse les charges qui pèsent contre lui: il n'était pas présent en Centrafrique pendant les exactions de ses troupes et ne commandait pas directement ses hommes sur place… Il manquait donc quelqu'un sur le banc des accusés selon les avocats de Bemba: Ange-Félix Patassé lui-même. Mais l'ancien président n'a jamais été inquiété par la justice internationale… il est désormais trop tard. Ange-Félix Patassé est décédé ce mardi 5 avril 2011, dans un hôpital de Douala au Cameroun.

 

 

La Centrafrique a-t-elle tué Ange-Félix Patassé?

La polémique enfle autour des circonstances de la mort d'Ange-Félix Patassé. L'ancien président de la République centrafricaine s'est éteint à Douala, au Cameroun, le 5 avril 2011 à l'âge de 74 ans. D'après sa famille, il aurait été empêché par deux fois de se rendre en Guinée équatoriale pour bénéficier de soins auxquels il n'avait pas accès en Centrafrique. Comme le rapporte Afrik.com

«L'entourage de l'ancien président, dont la santé s'était détériorée, avait accusé les autorités d'avoir refusé à deux reprises de le laisser quitter le territoire pour des examens médicaux que les infrastructures sanitaires centrafricaines ne permettent pas de réaliser. Une information que le gouvernement a démentie, avançant des problèmes administratifs.»

Le site du quotidien burkinabè L'Observateur ajoute que «selon l'entourage de l'ex-président, il n'avait pu prendre ni le vol affrété par le président Obiang Nguema le 22 mars, ni le vol régulier de Kenya Airways le 30 mars pour Malabo». Souffrant de diabète et d'une fièvre typhoïde, il avait finalement pris l'avion pour Malabo (capitale équato-guinéenne) via Douala le 2 avril. Selon Martin Ziguélé, son ancien Premier ministre, «il aurait raté sa correspondance à Douala et aurait été hospitalisé dans cette ville», où il serait décédé trois jours plus tard.

Les autorités centrafricaines, elles, démentent toute responsabilité dans l'aggravation de l'état de santé de Patassé. Fidèle Ngouandjika, porte-parole du gouvernement Bozizé (le président actuel), pointe du doigt «l'instrumentalisation à des fins politiques des obsèques d'Ange-Félix Patassé par l'opposition», rapporte le site de RFI.

Ce serait donc au nom d'une «restriction de la liberté d'aller et de venir imposée aux opposants et adversaires malheureux de l'élection présidentielle de janvier 2011» que Patassé n'aurait pu quitter le territoire, tel que le souligne le journaliste Séni Dabo dans le quotidien burkinabè Le Pays.

 «Mais l'on ne peut pas dire que l’interdiction de sortir du territoire a été compensée par une prise en charge du patient au niveau national. Non seulement les autorités l’ont retenu mais aussi ne l’ont pas soigné.»

Président de la République centrafricaine en 1993 et réélu en 1999, Patassé avait été contraint à l’exil en 2003 après le coup d’Etat militaire de François Bozizé. C’est en 2009, après six années d’exil, qu’il est revenu au pays afin de se présenter à l’élection présidentielle de 2011.

«Ange Félix Patassé s’est énormément épuisé durant la campagne électorale qui l’a vu parcourir le pays du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Bien plus, déterminé à revenir aux affaires, le président Patassé s’est donné à fond. Au point de solliciter des financements du guide libyen Kadhafi contre une hypothèque sur les diamants de la République centrafricaine. Une ambition à laquelle François Bozizé a mis fin en se faisant proclamer vainqueur du scrutin au terme duquel "le moustachu" (comme on le nommait à Bangui), s’est rallié à Martin Ziguélé l’ancien Premier ministre du pays et candidat malheureux à la présidentielle de janvier dernier», explique le quotidiens camerounais Mutations.  

Mis en cause dans le procès de Jean-Pierre Bemba (qui se tient actuellement devant la Cour pénale internationale) pour avoir participé aux massacres commis en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003, Patassé gardait toutefois de nombreux sympathisants. A l’image de Paul Kakpé, 64 ans, qui confie à l’AFP:

«Le pouvoir a intérêt à corriger l’erreur politique grave qu’il a commise en refusant à deux reprises que le président Patassé sorte pour un contrôle médical. Il doit lui réserver des obsèques nationales dignes de ce nom. On ne peut pas comprendre qu’un pays assassine ses propres enfants en interdisant qu’ils sortent pour des raisons sanitaires.»

Lu sur Afrik.com, Quotidien Mutations, Le Faso.net, RFI, l'Observateur

 

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