Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 00:09

 

 

 

 

Biya-a-Bangui-avec-Boz.jpg

 

D’après des sources diplomatiques centrafricaines, le chef de l'Etat centrafricain a joint son homologue camerounais après l’expulsion violente, de Bangui, du Camerounais Antoine Ntsimi, président de la commission économique de l’Afrique centrale (Cémac).Le président centrafricain, l’ex-chef de guerre, François Bozizé, a eu le courage de ses actes. Après avoir ordonné personnellement le refoulement du président de la commission de la Cémac dès son arrivée dans la capitale centrafricaine le 21 mars 2012 par de hauts gradés de l’armée, est entré aussitôt en contact avec Yaoundé (d’après des responsables des services de la communication de la présidence de la République centrafricaine ayant requis l’anonymat) pour « expliquer au président de la République camerounaise, son cher ainé Paul Biya, les raisons de cette attitude inélégante, voire anti-diplomatique ». D’après nos sources, le président centrafricain qui aurait eu de vive voix, au téléphone, son homologue camerounais, aurait expliqué cette attitude par « l’arrogance impétueuse » du président de la Commission qui commençait à remettre son autorité en question. Le président centrafricain aurait également, d’après les mêmes sources, fait savoir qu’en dehors des raisons purement personnelles, il lui a été donné de remarquer de concert avec deux autres chefs d’Etat de la sous-région que les dossiers piétinent depuis plus de quatre mois que son mandat est échu. Et que le patron exécutif de la Cémac est plus porté sur les commodités que lui confèrent sa fonction que sur les «vrais dossiers de la Cemac».

Pour le moment, aucune source diplomatique camerounaise n’a confirmé ni infirmé l’information. Mais les sources centrafricaines autorisées indiquent que Paul Biya qui a condamné cet acte de barbarie a indiqué à son homologue qu’il emploierait des voies de recours que prévoient les statuts de la Cemac, en donnant à cet évènement, une tonalité multilatérale avant d’en faire éventuellement une affaire bilatérale. C'est-à-dire par exemple, procéder au rappel du chargé d’affaire de l’ambassade du Cameroun à Bangui ou encore à la convocation de l’ambassadeur de Centrafrique à Yaoundé. Ceci a pris corps avec la saisine du président en exercice de la Cemac, le Congolais Denis Sassou N’Guesso et un communiqué du gouvernement camerounais dénonçant l’expulsion d’Antoine Ntsimi, signé du ministre des Relations extérieures Pierre Moukoko Mbonjo, jeudi dernier, 22 mars 2012.

Condescendance

Sous cape, les autorités centrafricaines se plaignent de l’extrême insolence d’Antoine Ntsimi qui se faisait passer « pour le président des présidents de la Cémac ». La presse locale rapporte que plusieurs fois en public, Antoine Tsimi a posé des actes de zèle vis-à-vis du chef d’Etat centrafricain. Même la presse dite officielle, plus encline à la réserve s’est montrée quelques fois outrée par la « condescendance d’Antoine Tsimi » qui, malgré plusieurs demandes de François Bozizé, n’a jamais voulu notamment convoqué les conférences des ministres de la Cémac, préparatoires à la désignation d’un nouveau président de la commission de cette institution sous-régionale. Dans tous les cas, face au cas Ntsimi qui était devenu une question d’orgueil national dans les cercles de pouvoir, le président Bozizé a choisi, d’opposer la violence au silence de Yaoundé. Quitte à violer les accords de Fort-Lamy (Ndjamena) qui créaient l’Union douanière des Etats de l’Afrique centrale (Udeac), ancêtre de la Cémac. Ces accords stipulent notamment que Bangui héberge le siège de l’organisation sous-régionale et que le poste de son patron exécutif revienne au Cameroun qui y désigne un ressortissant de son choix.

N’empêche ! Très remonté contre Ntsimi, François Bozizé menait déjà une campagne depuis plusieurs mois pour obtenir son limogeage. « La Cémac fait du surplace depuis deux ans, a jugé Bozizé le 15 février sur la chaîne Voxafrica. Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses. » Et d'enfoncer le clou : « Il faut qu'un sommet des chefs d'État ait lieu pour prendre enfin de grandes décisions. La Cemac doit fonctionner comme les autres institutions sous-régionales d'Afrique. On tourne en rond. Je dois le dénoncer ». De fait, depuis les deux sommets de 2010, en janvier à Bangui et en juin à Brazzaville, les dirigeants des six pays de la Cemac ne se sont plus réunis, laissant en panne plusieurs grands chantiers : le rapprochement des Bourses de Libreville et de Douala, le passeport biométrique, le lancement de la compagnie sous-régionale Air Cemac.

Encore fallait-il qu'un consensus se dessine au plus haut niveau - le Camerounais Paul Biya s'opposait alors en toute logique au départ de Ntsimi - et qu'un sommet se tienne enfin... Car, initialement prévu en janvier 2012, il a été repoussé à mars, Coupe d'Afrique des nations de janvier février au Gabon et en Guinée équatoriale l’empêchait. Puis, il a été à nouveau remis, à fin avril prochain. Mais en raison du départ du président camerounais vers la Suisse, il a été ajourné, d’après nos sources. Paul Biya et son compatriote Antoine Ntsimi seraient à l’origine de ce nouveau report.

Rodrigue N. TONGUE

Focal. Au coeur de l’incident diplomatique

Antoine Ntsimi se rendait à Bangui mercredi 21 mars 2012 à bord d’un vol commercial d’Ethiopian Airlines assurant la ligne Douala-Bangui-Addis-Abeba. Ce, après un séjour de quelques jours au Cameroun.

Il ne foulera pas le sol centrafricain. A fortiori, il sera contraint de continuer son voyage jusqu’à Addis-Abeba. Et pour cause, la descente du vol lui a été interdite d’abord par le commissaire de l'aéroport international Bangui-Mpoko puis par de hauts gradés de l’armée centrafricaine qui, d’après quelques passagers, l’ont littéralement brutalisé en le tenant brutalement par le collet [cravater, comme trivialement décrit, ndlr] et l’enjoignant « de ne jamais revenir à Bangui sauf ordre contraire ».

La scène odieuse se déroulait en présence du Premier ministre centrafricain et d’autres officiels de ce pays présents dans le même avion. Il y a trois mois déjà, cette guéguerre a été transportée sur le terrain médiatique. C’est un article de presse taxé d’injurieux à l’égard du président centrafricain, publié sur le site Afrik.com qui aurait mis le feu aux poudres et suscitait de vives réactions au sein de la classe politique et sociale centrafricaine, poussant à la rédaction de plusieurs déclarations d’officiels centrafricains et même des sorties médiatiques de Bozizé himself.

Jusqu’à ce qu’après une visite dite de courtoisie à son homologue tchadien, Idriss Déby Itno, François Bozizé a décidé de placer Antoine Ntsimi persona non grata en territoire centrafricain où se trouve le siège de la Commission de la Cémac. Déjà, dimanche 19 mars 2012, le chef de l’Etat gabonais, Ali Ben Bongo, invité sur Rfi, a rappelé la nécessité que dorénavant les institutions de la Cémac (la commission, la banque centrale, le parlement etc.) soient gérées en rotation entre les Etats membres. Il dénonçait également l’attitude du Camerounais Antoine Ntsimi.

Dans le camp camerounais, on a saisi le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso ; est qualité, président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), en vue de servir de médiateur de cet incident consécutif au refoulement par la République centrafricaine du président de la Commission de cette institution, Antoine Ntsimi. Dans un bref communiqué lu sur les ondes de la radio publique camerounaise (Crtv), le 22 mars le ministre des Relations extérieures (Minrext) et publié dans Cameroon-tribune le lendemain, Pierre Moukoko Mbonjo, indique que M. Sassou a été prié de «régler cet incident diplomatique».

© Source : Le Messager

 

 

 

 

ANTOINE NTSIMI: Chicago Boy fait jaser à Bangui

 

 

 

YAOUNDE - 26 MARS 2012

 


© BORIS BERTOLT | Mutations

 

 

 

La gestion de la commission de la Cemac par ce technocrate suscite la polémique.

 

 

Depuis le lancement de la Cemac le 16 mars 1997 à Ndjamena, jamais un haut fonctionnaire ne s'était fait refouler par un Etat membre. Pourtant c'est ce qui est arrivé à Antoine Ntsimi, président de la commission de la Communauté des Etats de l'Afrique centrale (Cemac), mercredi dernier à l'aéroport de Bangui-Mpoko, où il lui a été interdit de fouler le sol centrafricain, sur instruction de son président, François Bozizé.

 

Dans l'interview accordée à Vox Africa le 15 février, le général d'armées devenu président souligne : «La Cemac fait du surplace depuis deux ans. Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses.» Et d'enfoncer le clou : «Il faut qu’un sommet des chefs d'État ait lieu pour prendre enfin de grandes décisions. La Certiac doit fonctionner comme les autres institutions sous-régionales d'Afrique. On tourne en rond. Je dois le dénoncer». A Antoine Ntsimi de répondre à Jeune Afrique «Je ne commente pas les propos de chefs d'Etat».

 

Au-delà du fonctionnement de la Cemac, Bozizé reproche également à Antoine Ntsimi son «arrogance et ses airs de chef d'Etats». Ainsi, il se déplace essentiellement à Bangui en cortège dans de grosses voitures. Selon des sources crédibles, le président de la Commission de la Cemac aurait la fâcheuse habitude de ne pas honorer les invitations de François Bozizé, de refuser de porter les messages de ce dernier à son homologue camerounais, Paul Biya et de se faire servir du "M. le Président" à hue et à dia, infligeant des complexes aux autorités centrafricaines. Ses affaires juteuses sous le couvert de la Cemac irriteraient aussi le président Bozizé.

Un diplomate camerounais confie qu'en juin 2010, au sommet de la Cemac à Brazzaville, une scène se produit entre Paul Biya et Antoine Ntsimi. «Lorsqu'il s'avance pour saluer le président de la République, Paul Biya lui tend la main et lance en souriant: Comment vous allez monsieur le septième chef d'Etat de la Cemac ?», à Antoine Ntsimi de répondre en béti et à voix basse: «A massa ba dug wa, ba dug wa» (chef on te ment, on te ment).

Antoine Ntsimi, affectueusement appelé «Chicago boy», qui selon nos sources passait peu de temps à Bangui dans le cadre de ses fonctions, est l’ainé d'une famille de dix enfants, d'une mère enseignante et d'un père fonctionnaire. Il est né le 31 Mars 1955. Il fait ses études secondaires au petit séminaire Saint Paul de Mbalmayo où il obtient le Bepc (Brevet d'études du premier cycle), au moyen séminaire Sainte Thérèse de Mvolyé et au Collège Vogt où il obtient le Baccalauréat C. Une bourse d'étude Usaid lui permet de poursuivre ses études supérieures aux Etats Unis. Ses camarades du collège Vogt disent de lui qu'il est «un homme vantard et brutal».

 

De 1990 à 1995, Antoine Ntsimi occupe les fonctions gouvernementales de vice-ministre et de ministre des Finances du Cameroun. Ce ministère lui octroie un portefeuille qui englobe à cette époque l'économie, le budget, le commerce et la planification. C'est à cette période qu'il fera bitumer la route de son village Nkomdamba, dans la Lékié. C'est sous son magistère au Minfi que la pratique des 30% va prospérer et que le Cameroun avalera la pilule de la dévaluation du Fcfa en 1994.

 

C'est depuis le 14 mai 2007 qu'Antoine Ntsimi est élu à la tête de la commission de la Cemac. Des élections doivent avoir lieu en mai prochain. N'en déplaise à Bozizé, il est déjà candidat à sa propre succession. Sur son site, il se présente comme «technocrate exemplaire» qui «a de grandes ambitions pour l'économie africaine et l'émergence de l'Afrique Centrale». Cependant, il aura en face de lui deux anciens premiers ministres centrafricains : Élie Doté (65 ans) et, surtout, Enoch Dérant-Lakoué (67 ans), l'actuel président du Parti Social Démocrate (Psd). Issu comme François Bozizé de la région de Bossangoa, on le dit proche de Denis Sassou Nguesso, le chef de l'État congolais, qui assure actuellement la présidence de la Cemac, et à qui Paul Biya s'en est remis pour gérer l'incident de Bangui.

 

 

   

Cameroun: Ce pays qu'on ne respecte plus !

YAOUNDE - 26 MARS 2012


© XAVIER MESSÈ | Mutations

Ainsi donc, Antoine Ntsimi, ressortissant camerounais, exerçant les fonctions de président de la Commission de la Cemac, installé à Bangui en République Centrafricaine, pays qui héberge le siège sous-régional de cette organisation, a été interdit de descendre de l'avion qui le ramenait à son lieu de service. En d'autres termes, ce haut fonctionnaire qui gérait dans le cadre de l'intégration sous-régionale, six Etats dont le Cameroun, a été chassé de son pays d'accueil comme un vulgaire voyou.

Les autorités de Bangui ne se sont pas encombrées des usages diplomatiques pour prier Antoine Ntsimi de ne plus se rendre à Bangui au terme de son séjour au Cameroun. Elles lui ont brutalement signifié de son siège dans l'avion, qu'il était indésirable et qu'il ne lui restait plus qu'à rentrer dans son pays. Cette expulsion inhabituelle fera date dans l'histoire universelle de la diplomatie.

Depuis que cette affaire a été rendue publique, elle est débattue dans beaucoup de cercles politiques et diplomatiques. Le weekend dernier, elle a été au menu de tous les débats sur les chaines des radios et des télévisions. Elle a passionné les différents observateurs, certains condamnant énergiquement le président centrafricain François Bozizé qui a ordonné personnellement l'expulsion du diplomate camerounais ; d'autres observateurs «comprennent» l'action du président centrafricain, en justifiant sa colère par des attitudes qu'ils qualifient «d'extravagantes, d'insubordination» de la part de l'ancien ministre camerounais des finances.

Quelle que soit la position qu'on adopte dans cette humiliante affaire, on doit prendre en compte un certain nombre de faits qui sont indiscutables. Le premier de ces faits est que, avant Antoine Ntsimi, d'autres Camerounais avaient dirigé la défunte Udéac sans encombre, cet ancêtre de la Cemac; ce sont encore des Camerounais qui dirigent la Commission de l'actuelle Cemac, le dernier avant Ntsimi ayant été Jean Nkueté dont la discrétion, l'humilité et l'efficacité sont des caractéristiques qu'on salue à Bangui, même après le départ de ce dernier. Dans l'entourage de François Bozizé, on évoque toujours avec un zeste de nostalgie, le départ de Jean Nkueté dont les méthodes de travail et de coexistence avec les autorités locales, sont aux antipodes de celles d'Antoine Ntsimi.

Le deuxième fait marquant est le peu d'intérêt que les autorités camerounaises actuelles font des regroupements régionaux et continentaux. Ces mêmes autorités ne donnent pas du tout le sentiment d'accorder une quelconque attention à leurs ressortissants, même quand ceux-ci assument des fonctions importantes hors du triangle national. De nombreux honnêtes Camerounais sont régulièrement humiliés et spoliés à l'étranger, sans que le gouvernement de Yaoundé ne lève le petit doit. Résultat, les Camerounais ne sont ni protégés par leur gouvernement, ni respectés à l'étranger.

Qu'elle est lointaine, cette époque où notre compatriote, Nzo Ekangaki, alors secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine en 1978, une fois empêtré dans un scandale dit de la Lonhro, toute l'Afrique se sentit trahie par un de ses fils qui avait pourtant la mission de gérer les intérêts politiques et économiques du continent. La diplomatie camerounaise de l'époque s'était mise en mouvement avec panache. Nzo Ekangki fut écarté des affaires, mais cette diplomatie réussit à replacer aussitôt sans transition, William Aurélien Etéki Mboumoua à la tête de l'Oua, sans la moindre secousse. Peut-on imaginer un pareil scénario aujourd'hui ?

Très proche de nous, à Ndjamena en décembre 2000, alors qu'ils prennent part à un sommet, les dirigeants de la Cemac, les chefs d'Etat, décident de la création d'une bourse des valeurs pour la sous-région. Paul Biya était absent à cette concertation. Son premier ministre de l'époque, Peter Mafany Musonge qui le représentait, fut éconduit du huis clos des chefs d'Etat qui lui rappelèrent sèchement qu'il n'est que «représentant, et non chef...» Pour digérer cette gifle, dans la précipitation, le 18 décembre de la même année, soit seulement trois jours après le sommet de NDjamena, Yaoundé annonça à grand renfort de publicité, l'ouverture de «sa» «Bourse des valeurs mobilières (BCVM) dédiée aux transactions sur les valeurs mobilières privées et les titres publics» à Douala.

L'affaire de la Lonhro avec Nzo Ekangaki et la manière dont elle fut résolue avec l'arrivée d'Etéki Mboumoua à la tête de l'Oua, signifie que le Cameroun était un pays respecté avec une diplomatie existante. L'affaire d'Antoine Ntsimi et celle de la Bourse des valeurs de la Cemac établie à Libreville au détriment de Douala, signifient que le Cameroun n'est plus respecté, et en passant, que son président n'est pas craint.

En définitive, lorsqu'un pays est respecté, ses dirigeants et ses citoyens le sont également. Le cas contraire, ses ressortissants subissent le traitement infligé à Antoine Ntsimi à Bangui, car tout le monde est conscient qu'en face, il n'y aura pas du répondant.

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE