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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 01:34
 
 
 
 
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Source : (Le Pays) mardi 10 avril 2012
Le président de la commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Camerounais Antoine Ntsimi, n’en finit pas de défrayer la chronique. Après avoir fait la Une de l’actualité le 22 mars 2012 pour avoir été refoulé de Bangui, en Centrafrique (où se trouve le siège de la CEMAC), il est une fois de plus sous les projecteurs. Cette fois, c’est pour un dîner à la note jugée suffisamment salée, environ 20 000 euros, soit plus de 13 millions de F CFA, qui aurait été organisé le 14 février dans un restaurant parisien à l’occasion de la signature d’une convention de financement entre la CEMAC et l’Agence française de développement (AFD). On en serait resté là sur cette affaire de dîner copieux si, après que l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique s’en est fait l’écho, le directeur général de l’AFD, Dov Zerah, n’avait pas nié avoir été parmi les convives.
Plus grave, il entend saisir la justice pour tirer au clair cette affaire d’utilisation de son nom et de son titre à des fins qu’il ignore. Manifestement, beaucoup de faux transpirent de cette affaire : faux dîner, faux convives, fausse note de restaurant, fausse cérémonie de signature qui, en réalité et selon le directeur général de l’AFD, a eu lieu le 23 février non pas à Paris mais à Bangui en présence du représentant local de l’agence. Un « deal » sans doute mal goupillé qui rejaillit négativement sur le premier responsable et, partant, sur la CEMAC elle-même. Et voilà un organe de l’intégration en Afrique centrale secouée par un scandale de gestion après les détournements de fonds à l’agence parisienne de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), révélés au grand jour par le même Jeune Afrique.
Ce mic-mac tombe mal pour le président de la commission de la CEMAC. En effet, l’affaire éclate au moment où M. Ntsimi fait l’objet de critiques virulentes de la part de la presse et des autorités centrafricaines. Le chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé, ne cache pas son aversion pour ce Camerounais élu en 2007 pour un mandat de 5 ans et qui compte bien rempiler. Son mandat, bien qu’il s’achève cette année, paraît une éternité pour les autorités de Bangui qui ne veulent même plus le voir en peinture.
Antoine Ntsimi est incontestablement une victime de la farouche volonté de la Centrafrique de voir appliqué le principe de la rotation par ordre alphabétique à la tête des organisations régionales, qui lui permettra de prendre les commandes de la CEMAC. Si fait que des personnes pensent à une cabale montée pour débarquer l’indésirable, le salir et compromettre ses chances de réélection au cas où le principe ne serait pas appliqué. Info ou intox ? Il y a un fait qu’au-delà de la CEMAC, les institutions sous-régionales ou régionales africaines sont loin d’être de bons exemples en matière de bonne gouvernance.
Ces institutions se révèlent être beaucoup plus des officines de placement d’amis et de proches de chefs d’Etat que des organes d’intégration. En effet, il n’est un secret pour personne que pour être le premier responsable de ces institutions, il faut d’abord être en odeur de sainteté avec le chef de l’Etat de son pays qui, d’ailleurs, porte la candidature. Des arrangements politiques sont souvent même faits pour confier les rênes de ces institutions à de malheureux candidats aux grandes élections politiques dans leurs pays. Histoire de les éloigner un bout de temps de leur pays pour qu’ils ne « gênent » pas les présidents et autres autorités en place. Les accointances passent d’abord avant la compétence.
La conséquence de cet état de fait est la gestion irresponsable, la gabegie, les détournements de fonds, auxquels n’hésitent pas à se livrer ceux qui sont nommés à la tête de ces organisations d’intégration régionale. Ils sont assurés d’une certaine impunité et n’ont de comptes à rendre à personne sinon qu’à leurs mentors de chefs d’Etat à qui ils se sentent redevables. Ce sont des nids de protégés de chefs d’Etat. Le fameux « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » n’ a pas sa place. Et on ne doit pas être étonné que des scandales émaillent le fonctionnement de ces institutions.
Séni DABO
 
 
 
Cemac  le Tchad et le Cameroun sur le départ ?
 
Afrik.com  10 avril, 2012
 
En marge de la prestation de serment du nouveau président sénégalais, Macky Sall, le Premier ministre tchadien, Emmanuel Ndingar, a, selon le bloggueur, Evariste Koné Djeketé, initiateur du GRAT (Groupe de réflexion et d’Action du Tchad), déclaré que l’adhésion du Tchad « à la Cédéao est en bonne voie ».
 
A strictement parler, le Tchad est bel et bien situé en Afrique de l’Ouest si l’on considère comme telle la région qui, sur le flanc atlantique, s’étend des pays côtiers au nord du golfe de Guinée au Fleuve Sénégal.
 
Le Cameroun est lui aussi situé sur le golfe de Guinée, à la charnière de l’Afrique centrale et de l’Afrique occidentale, il ne peut logiquement pas prétendre à intégrer l’Union européenne ou l’Alena (Accord de Libre Echange Nord Américain). Cela dit, tout militerait en faveur de sa candidature s’il se résolvait à devenir membre de la communauté ouest-africaine, la Cédéao, dont le PIB cumulé, en parité de pouvoir d’achat, en fait la 25ème puissance mondiale.
 
Il n’y a pas dans cette organisation de numerus clausus statutaire. La Mauritanie l’a quittée pour rejoindre l’UMA (l’Union du Maghreb Arabe), le mouvement inverse d’inclusion ou d’élargissement serait plutôt bien accueilli par ses membres permanents.
 
La Cémac brûle, ils regardent ailleurs
 
Si le panafricanisme devait se réaliser, il passerait par-dessus la tête des peuples de la Cémac ; et s’il s’y arrêtait, ce serait sans doute en raison d’une sorte de crash. L’Afrique centrale a échoué dans la création d’un marché intégré, le lancement d’une compagnie aérienne a passé ses forces, la BVMAC (Bourse des Valeurs mobilières) pour laquelle Omar Bongo et son homologue camerounais Paul Biya s’étaient fâchés n’a finalement jamais eu la cote, la libre circulation des biens et des personnes, c’est pas demain la veille qu’elle verra un début d’effectivité, bref rien à se mettre sous la dent.
 
Rien si ce n’est des bisbilles : X veut faire la peau à Y, X a sorti ses muscles pour faire valoir son droit, X croit que la Cémac est une fondation et que de ses bonnes œuvres émergera le développement de la Communauté, X est le plus gros débiteur de la Communauté et se fait accorder des prêts exceptionnels à la BEAC, etc.
 
Que peut Paul Biya, entouré qu’il est par des chefs de guerre ? Que peut-il sinon s’emmurer dans la stagnation ? Plus c’est pareil, plus il est heureux. Trois pays de la Cémac, le Congo, la RCA, et le Tchad, ferment le classement Doing Business 2011 de la Banque mondiale. En Afrique subsaharienne, sur les 46 pays considérés, le Cameroun occupe la peu glorieuse 31ème place, devant néanmoins la moitié des pays de la Cédéao. Il apparaît que la Cémac ne peut que la tirer vers le bas. L’on ne s’associe pas avec les plus mauvais si l’on veut être le plus performant.
 
La RCA (157ème PIB selon le World Economic Outlook Database, 2011 du FMI) par exemple fait ce qu’elle peut, mais n’exporte pas de produits à forte valeur ajoutée, le Cameroun (93ème économie mondiale) ne gagne strictement rien de son association avec ce beau pays, qui ne sert pas ses intérêts, dans le cadre de la Communauté. Alors, c’est priorité à gauche, c’est au Nigeria, c’est-à-dire à la Cédéao, que le Cameroun doit s’ouvrir.
 
Un mariage de raison
 
Si la Cédéao était le paradis que l’on imagine, la Mauritanie l’aurait réintégrée… C’est surtout au plan politique (bras séculier de la France) que les critiques sont les plus cinglantes, quand l’intérêt serait surtout économique, notamment pour les peuples tchadiens et camerounais.
 
La Cédéao, avec ses dictateurs tranquilles et ses démocraties parachutées à coups de canons, ne fait pas forcément envie au plan politique… Le Cameroun pourrait devenir membre de la Cédéao, sans intégrer l’UEMOA. Cette dernière est aussi parfaitement inutile que la Cémac, dont la seule véritable institution pérenne et unitaire est la BEAC. Au moment de la signature de l’accord intérimaire avec l’Union européenne (APE) et lors de la création de la DSX (Douala Stock exchange), le Cameroun avait déjà affirmé la valeur qu’elle attache à son indépendance et ses intérêts.
 
S’il faut donc considérer les seuls intérêts nationaux, il est grand temps de rejoindre une institution sérieuse, qui la dissuadera par exemple, de céder aux appétences des militaires pour le pouvoir, au cas où, après Paul Biya, ses fidèles auraient la mauvaise idée de faire un tour de passe-passe aux Camerounais. Car la Cémac est en feu et la prochaine Conférence des Chefs d’Etats sonnera la révolte ou la débâcle.
 
 
 

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