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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 00:49

 

 

 

Brazzaville.jpg

 

Slate Afrique 05/12/2012

Malgré une enquête qui classe le Congo-Brazzaville 183e sur 185 des pays où il est le plus difficile de faire des affaires, des entrepreneurs congolais essaient de faire avancer les choses.

Au Congo-Brazza, certains rapports économiques se suivent et se ressemblent. C’est le cas de l’enquête Doing Business, publiée chaque année par la Banque mondiale, qui, grâce à une dizaine d’indicateurs, mesure le climat des affaires dans les différents pays du monde.

Dans l’édition 2013, le Congo figure à une triste 183e place sur 185 pays, alors qu'il était 177e en 2011 et 181e en 2012.

Malgré une croissance de 4,9%, en 2012 (prévision du Fonds monétaire international), le Congo n’arrive donc pas à décoller dans ce classement, où il se rapproche de pays comme la République centrafricaine ou le Tchad aux potentiels bien différents et dont les richesses ramenées à la taille de la population sont moindres.

Grâce à ses ressources pétrolières, le Congo affiche, en effet, un revenu par habitant de 1.163.000 francs CFA (1773 euros) par an contre 353.000 francs CFA (538 euros) pour le Tchad et 241.000 francs CFA pour la RCA (367 euros).

Le rapport de la Banque mondiale identifie clairement deux points faibles dans ce pays de quatre millions d’habitants: d’une part, le niveau des taxes et du fardeau administratif qu’elles représentent et d’autre part, les difficultés pour importer ou exporter des biens au Congo, tant les tarifs douaniers sont élevés et les formalités complexes.

De nombreux obstacles

Rodrigue est un jeune entrepreneur congolais, qui après avoir vécu en France pendant plusieurs années, a fait le choix de revenir au pays pour monter son entreprise de bâtiment et de décoration intérieure. Il confirme qu’il lui a fallu s’armer de patience pour réussir à faire venir les matériaux nécessaires au lancement de son entreprise:

«J’ai commencé à travailler à Brazzaville, il y a un an et demi. Et je ne démarre véritablement mon activité que maintenant. J’ai eu besoin de tout ce temps pour maîtriser les procédures et dédouaner mes conteneurs de marbre et de pierres qui me permettent d’ouvrir. Il y a un grand nombre de formalités à remplir, il faut passer par différentes chambres et antichambres. Même pour un Congolais, comme moi, cela a été difficile de comprendre les rouages qui permettent de faire avancer le dossier. Il ne s’agît pas du tout de corruption pure et dure comme on l’imagine, c’est plus compliqué que cela. C’est un système personnalisé de services. A chaque étape il faut identifier la bonne personne, avoir son numéro de portable, la connaître et savoir à quel moment il faut donner quelques CFA, des petites sommes, pour que les formalités avancent

Pas question de baisser les bras pour autant:

«J’incite à 150% les entrepreneurs à venir développer des projets au Congo. A l’aune de la crise en Europe, on voit d’ailleurs de nombreux Congolais de la diaspora qui rentrent pour créer des entreprises dans les secteurs en développement comme la logistique ou le bâtiment», explique Rodrigue.

Pour Paul Kampakol, secrétaire général du Forum des jeunes entreprises du Congo (FJEC), le rapport Doing Business «exprime une réalité qu’on ne peut nier».

Le Forum des jeunes entreprises est une ONG qui accompagne les initiatives et la création de petites entreprises grâce à un appui administratif et un système de micro-financement. Selon Paul Kampakol, la question de l’accès au crédit est centrale:

«Au sein du Forum des jeunes entreprises, nous constatons chaque jour à quel point le système de financement des entreprises au Congo est bloqué. Nous avons récemment suivi un projet dynamique de construction de bateaux en lien avec la Banque mondiale. Il manquait 30 millions de francs CFA pour que ce projet puisse se lancer. Aucune banque ne s’est engagée à accorder ce crédit ou alors la quantité de papier et titres fonciers demandée était telle qu’elle rendait impossible l’accès à un prêt. (…) Un certain nombre de voyants sont en train de passer au vert toutefois. Des réformes structurelles sont en cours pour faciliter la création d’entreprise, ou simplifier le dédouanement au port de Pointe-Noire. Mais il faut poursuivre les efforts, notamment dans le domaine de la fiscalité et de la sécurisation juridique des investissements. De nombreuses PME que nous accompagnons ne savent pas précisément quand payer leurs impôts, où et à qui. Cette situation ne pousse pas les activités informelles à se régulariser, et certaines PME qui font les choses dans les règles en vont même parfois à se demander si elles n’auraient pas dû rester dans l’informel».

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