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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 13:35

 

 

 

Ntsimi-et-Boz.jpg

Afrik.com jeudi 23 février 2012 / par Éric Essono Tsimi

La lutte des places : tels nous ont paru être le vrai sens de l’intervention du président centrafricain et sa motivation unique. Toute sa technique insurrectionnelle y est passée, rompu qu’il est aux coups de force (c’est à la suite d’un coup d’Etat en 2003 qu’il a renversé Patassé dont il était l’un des fidèles).

Pressé par son désir de remplir une promesse faite à l’un de ses collaborateurs, le président Bozizé, qui avait déjà envoyé à ses pairs une short list, essaie de hâter le départ d’Antoine Ntsimi. Dût-il pour y arriver faire de la commission une institution prébendière. Ses calculs, ses plans, ne sont pas partagés par ses homologues qu’il a publiquement outragés par sa démarche peu diplomatique qui s’apparente à une grossière tentative de coup d’état. Il a effet, par le biais de Vox Africa, descendu en flammes le président de la Commission de la CEMAC (Communauté Economique et monétaire de l’Afrique centrale).

Celui-ci jouit de l’entière confiance des présidents Biya et Sassou Nguesso, la Guinée équatoriale est tranquille qui assure le gouvernorat de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale et le Tchad se garde de râler bien haut. Y a-t-il eu un audit institutionnel pour accréditer les Etats d’âme de Bozizé, au sujet de la Commission ? Que gagne-t-il à s’isoler contre tous dans sa quête aveugle et impatiente. Pour imposer ses vues, il faut de la crédibilité, c’est politique et logique, la RCA ne peut rien, toute seule, contre la « puissance » camerounaise.

Tout simplement ubuesque

Quand l’un des dictateurs les plus froids d’Afrique s’en va pleurnicher, sur la chaîne d’une Camerounaise, Rolande Kammogne, qu’une personnalité réputée avoir été nommée par ce même chef d’Etat accapare l’institution… Quand cela arrive, sous les chaumières camerounaises, ça rigole de bon cœur.

Il n’était pas loin de se prendre pour un persécuté, un authentique martyr… La hauteur de Ntsimi agace Bozizé ; c’est tout juste si le militaire centrafricain monté en grade n’en veut pas à l’intelligence d’avoir habité le banquier Eton promu à cette fonction de prestige, qui n’est fondamentalement qu’une fonction d’exécution. Le président de la Commission de la CEMAC n’est-il pas nommé par la Conférence des Chefs d’Etats dont il assure par ailleurs le secrétariat ?

Antoine Ntsimi est un ancien vice-président de l’Assemblée Nationale camerounaise, ancien ministre des finances, sans doute le plus populaire qui ait jamais occupé ce poste dans les trente dernières années… Antoine Ntsimi, alias « chicago boy », c’est tout cela, mais c’est surtout, comme précédemment relevé, un Eton, c’est-à-dire quelqu’un qui ne s’en laisse pas conter. Les Eton (peuple de seigneurs, autrefois vendeur d’esclaves) sont connus pour leurs manières cavalières, presque brutales (cf. André-Marie Mbida, Calixthe Beyala, etc.). Il va sans dire que les potentats africains n’aiment généralement avoir affaire qu’à ceux qui savent faire profil bas, ceux qui sont souples de l’échine.

Maillon faible de la CEMAC

La RCA (République Centrafricaine) abrite la CEMAC, mais il reste qu’elle est, c’est purement factuel, le pays le plus pauvre et le plus enclavé de la Communauté. C’est de la solidarité des autres Etats membres qu’elle tient sa place. La RCA devrait s’astreindre à plus de modestie. Si l’organisation ne lui convient pas, qu’elle la quitte. Les Camerounais, les Guinéens, les Tchadiens, les Gabonais, les Congolais, sur les impôts desquels sont prélevées les contributions qui font vivre cette institution ne vont pas trinquer pendant que les dirigeants centrafricains se refusent à remplir leurs obligations financières.

La RCA pourra-t-elle faire pour la sous-région ce qu’elle n’arrive pas à faire à l’intérieur de ses propres frontières (La difficile intégration entre ‘’Nordé’’ et ‘’sudé’’) ou l’enclavement chronique) ?

Les non-dits d’un discours

La sortie du président centrafricain intervient un peu plus d’un mois après celle de son ministre des finances qui, le 27 décembre 2011, a déclaré fort imprudemment qu’« Il n y a aucun argument juridique qui empêche un Etat membre d’occuper sa fonction au sein de la Commission de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). La République Centrafricaine s’apprête donc à remplacer le Cameroun à ce poste » A l’en croire, les arriérés de contribution de sont exclusivement économique sans incidence politique…

Comment peut-on prétendre à des droits si l’on ne remplit pas ses devoirs ? Que les autorités centrafricaines aillent donc expliquer sur CNN que la présidence de la Banque Mondiale ne devrait plus, après Robert Zoellick, revenir aux Américains, qu’ils aillent ensuite suggérer à la Grèce de réclamer sans délai la démission de Barroso qu’ils apprécient fort peu, pour lui substituer un Grec, à la tête de la commission européenne.

Ce lynchage médiatique en règle a lieu alors qu’une conférence des chefs d’Etats devait avoir lieu ce mois de février. Le président Biya ayant pris des vacances suisses, il a été reporté sine die (en mai selon les plus optimistes) au grand dam du voisin centrafricain qui présentait déjà Antoine Ntsimi comme président sortant (http://journaldebangui.com/article.php ?aid=2164) : pourquoi pas, après tout ? Il devra bien sortir un jour, sitôt que l’on est rentré dans une fonction, on est appelé à en sortir.

L’avidité des autorités centrafricaines s’explique d’autant moins que c’est un ancien premier ministre centrafricain qui occupe sans discontinuer la présidence de la BDEAC (Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale) depuis plus de dix ans, Georges Anicet Dologuélé… Faudrait-il, au motif de satisfaire le désir de grandeur de François Bozizé, donner de l’écho à ses basses attaques ?

Le peuple camerounais doit dire non

Les Camerounais accueillent chaque année des milliers de réfugiés centrafricains. Il n’y a donc aucune espèce de mépris vis-à-vis du peuple centrafricain, frère. Simplement, ce pays a un retard de tous les points de vue qu’il doit combler, pour n’être pas un boulet collectif, que les Etats traineraient en sus de leurs difficultés respectives. Ce sont des dirigeants qui sont en cause, non leur peuple. François Bozize regarde Antoine Ntsimi comme un dangereux prodige, il a été incapable d’attaquer précisément son bilan et s’est contenté d’affirmations générales, invérifiables… Surprenant !

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