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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:20

 

 

 

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Cartes sur table avec le livre d’Adrien Poussou

Par journaldebangui.com - 18/07/2011

Comme un militant infatigable des droits de l’homme il dit n’avoir jamais renié ses convictions et par souci d’indépendance, il refuse d’appartenir à un parti politique

 

Il neige sur Bangui…est le titre de votre ouvrage. N’est-ce pas incongru?

On peut voir ça comme ça. Puisqu’il est quasiment impossible d’apercevoir de la neige dans un pays africain au climat tropical comme c’est ici le cas de la République Centrafricaine. Même s’il faut admettre après coup qu’avec le réchauffement climatique, les scénarios les plus invraisemblables sont envisageables. Au départ j’avais choisi comme titre du livre, «où va le Centrafrique de Bozizé?» Cependant, je dois à la vérité de dire que le titre retenu m’avait été proposé par une amie des époux Massi, tombée sous le charme de notre pays et qui a été meurtrie par leur disparition tragique. J’ai finalement accepté son titre avec cœur, parce que j’ai écrit ce livre en hommage aux époux Massi et à feu Maître Goungaye Wanfiyo, ancien président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme, juriste émérite et combattant de la justice sociale.

Vous connaissant, on imagine que ce livre est un véritable réquisitoire contre le régime du président Bozizé?

 Celui qui gouverne notre pays en ce moment, s’appelle bien M. François Bozizé. Et de ce fait, me semble-t-il, face à la situation du pays, c’est à lui que nous sommes tenus de demander quelques comptes. Il se trouve que depuis le 15 mars 2003, nous avons attendu et continuons d’attendre que les mirages qui nous ont été promis, se muent enfin en miracles pour que nous sortions du marasme économique et de la misère. Nous attendons toujours que les recettes publiques servent à combattre la misère et nous assurent les deux repas quotidiens. Nous sommes fatigués d’attendre que l’Armée nationale redevienne républicaine, et qu’elle protège enfin nos vies, celles de nos proches, ainsi que nos biens. Nous espérons toujours renouer des liens de confiance avec la justice de notre pays, et que notre Constitution soit réellement respectée. Nous attendons encore et toujours que le bois, le diamant, l’or, l’uranium, demain le pétrole, et toutes les autres richesses dont regorge notre pays, nous servent à quelque chose, par exemple à nous sauver de la maladie, de la misère et de la famine.

Mais l’actuel chef de l’État ne l’entend pas de cette oreille. Il faut être de son cercle familial, ou à défaut de sa région natale, pour espérer prétendre à des fonctions civiles ou militaires significatives: le quart des membres du gouvernement à commencer par son fils aîné, son neveu Sylvain Ndoutingaï, presque la totalité des directeurs de cabinets ministériels, la totalité des directeurs généraux des sociétés d’État d’économie mixte et d’offices publics, les préfets, les responsables militaires et des services de sécurité, appartiennent à l’ethnie Gbaya dont il est issu.

 

Vous reconnaissez tout de même que le régime actuel n’est pas le seul à l’origine de ces maux?

Malheureusement non. Je suis obligé de l’admettre. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai mélangé, volontairement, la réalité avec la fiction, faisant en sorte qu’une bonne partie du bouquin se déroule dans une chambre d’hôtel à Brazzaville où, malgré moi, je me retrouve en compagnie de l’ancien président de la République David Dacko, de son tombeur Jean-Bedel Bokassa ainsi que son ennemi politique, le professeur Abel Goumba. Je fais parler tout ce beau monde en laissant une grande marge à l’ex empereur Bokassa pour juger, sur pièce, son ancien garde du corps, François Bozizé, qui l’imite.

Un dernier mot…

Je ne crois pas une seconde que notre pays a vocation à demeurer éternellement dans la misère et la pauvreté. Il ne faut pas que cette illusion se prolonge. C’est pourquoi je nous invite à la réflexion pour sortir de ces agissements archaïsants et régressifs. Ils nous maintiendraient dans ce chao dont il faut vite sortir. J’invite également tous ceux qui aiment le débat d’idée, arguments contre arguments, à acheter ce livre qui est déjà disponible sur la librairie en ligne Amazone.fr. Les compatriotes de Bangui le trouveront début août à la Maison de la Presse ou au siège des Éditions Bêafrika au quartier Gobongo.

 

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