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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 00:18

 

 

 

 

passeport

 

La République Centrafricaine à l’instar de tous les pays du monde exige l’utilisation du passeport biométrique depuis le 31 mars 2012 pour la circulation de ses ressortissants. Quelques jours avant la date d’expiration du passeport ordinaire, le Directeur de l’immigration et émigration appelait tous les centrafricains résidant à l’étranger à  se rendre à Bangui la capitale, seul endroit où l’on peut se procurer de ce fameux sésame.

 Visiblement  cette décision  prise à la hâte au détriment du peuple centrafricain commence à produire des effets désastreux. M. Lucien Kakobanga  ingénieur en électronique exerçant dans un groupe de renommée internationale, vient de se faire licencier,  faute de documents de voyage valable pour effectuer une mission au Canada.

 François Tibanda, diplômé de l’Université de Paris 6, victime de la circulaire Guéant qui limite la possibilité des étudiants étrangers d’avoir une première expérience en France, qui veut tenter sa chance aux USA, a dû dilapider toute son économie en faisant un aller retour entre Bangui et Paris, pour se faire délivrer ce document de voyage.

En gros, en demandant  aux Centrafricains de se rendre à Bangui pour se faire délivrer un passeport biométrique, les autorités feignent d’ignorer qu’il faudra débourser 2 à 3000 euros au minimum sans compter ce qu’il faudra pour le séjour au pays et le soutien aux parents etc…. Le gouvernement centrafricain est à la traîne et joue la mauvaise foi, quand tous les pays de la zone CEMAC essayent  tant bien que mal de prendre les empreintes de leurs ressortissants dans les ambassades de leurs pays de résidence et de les acheminer dans leurs capitales pour la confection.

 A titre d’informations, les gouvernements centrafricains de l’indépendance à nos jours, ont toujours fait de la délivrance de ce petit papier une affaire d’Etat. Le président Bozizé arrivé par effraction en 2003 ne fait qu’aggraver tous les problèmes liés à la liberté et la libre circulation des personnes et des biens. Les opposants centrafricains qui résident à l’étranger n’osent pas se rendre sur place pour éviter  des arrestations arbitraires de la part de la police politique bozizéenne.

 Toutes ces complications amènent aujourd’hui beaucoup de Centrafricains à se poser des questions sur la fierté de leur centrafricanité. Pendant que certains sont privés de ce droit, des proches et amis du régime pas toujours très recommandables, peuvent circuler librement avec des passeports biométriques diplomatiques. Les ressortissants libanais qui ont toujours baigné dans la mafia en Afrique, ont une place prépondérante en Centrafrique où ils détiennent presque tous la nationalité centrafricaine et sont titulaires de ce précieux papier.

Le président Bozizé et sa famille biologique qui contrôlent toutes les institutions importantes du pays, ont également la main mise sur ce domaine très juteux et sensible. En effet M. Socrate Bozizé, député qu’on cite souvent comme possible héritier du trône, préside depuis 2010 le centre d’émission du passeport biométrique et en tire de juteux profits. Les Centrafricains épris de liberté sont donc avertis.

Wilfried SEBIRO

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