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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 00:48

 

 

 

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Bangui, 5 juin (C.A.P) - Mgr Edouard Mathos que la rédaction de Centrafrique-Presse a réussi à joindre au téléphone a déclaré avoir pu rejoindre Bria chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto aux premières heures de la matinée ce dimanche. L’évêque de Bambari et aussi et surtout le président de la Conférence épiscopale de Centrafrique avait l’air tout à fait serein et nous a confié souffrir néanmoins de quelques douleurs aux chevilles et aux genoux. Il semblait aussi ravi de prendre quelque repos à la mission catholique de la ville de Bria après la mésaventure qui lui est arrivée.

D’après le prélat, son véhicule et celui des prêtres jésuites de l’ONG Caritas qui l’accompagnaient et qui revenaient de Sam-Ouandja, ont été arrêtés aux alentours de 17 heures (heure locale) vendredi dernier dans la petite localité de Mouka, à environ 80 km de Bria. On se souviendra que c’est aussi dans ce village qu’en janvier dernier, les candidats du MLPC aux élections législatives dans la Vakaga et Dieudonné Koudoufara de Ouadda Djallé, avaient été arrêtés par vraisemblablement les mêmes ravisseurs de Mgr Mathos et ses compagnons.

Ceux-ci ont procédé à une fouille minutieuse des véhicules et des personnes et étaient particulièrement intéressés par l’appareil de téléphone satellitaire Thuraya de l’évêque qu’ils n’ont pas pu en fin de compte récupérer. Lors de notre entretien téléphonique, ce dernier n’était pas encore en mesure de nous dire avec précision tout ce qu’on leur a pris de force en définitive. « Nous faisons encore l’inventaire » s’est-t-il contenté de nous dire.

Leurs ravisseurs finissent par sommer les chauffeurs des deux véhicules de partir avec eux vers leur base qui serait située à une trentaine de km dans la brousse. Ces véhicules seront sans doute acheminés au Soudan pour y être revendus. Celui de Mgr Mathos, une 4 x 4 Patrol Nissan assez recherchée dans la région des trois frontières par les bandes armées qui écument le coin, devrait sans doute rapporter assez d’argent aux nouveaux propriétaires.

Dans la journée de ce dimanche, le chauffeur du véhicule des prêtres jésuites a réussi à se sauver et a pu regagner Bria par ses propres moyens. Seul le chauffeur de Mgr Mathos n’avait pas encore été libéré par les ravisseurs et n’avait pas encore rejoint ses compagnons d’infortune. Compte tenu de ses ennuis de santé, Mgr Mathos nous a confié son souhait que les autorités de Bangui puissent envoyer un aéronef pour le ramener à Bangui pour des soins médicaux que son état nécessite.

Ce que Mgr Edouard Mathos vient de vivre donne la preuve s’il en est encore besoin que plus que jamais, il faut concrètement et effectivement réaliser le désarmement de la République centrafricaine, en particulier de toutes ces régions depuis longtemps en proie à des rébellions armées qui sont un cancer pour les populations et le pays. Les roublardises destinées à détourner les fonds du DDR à travers des comités de pilotage sans grande efficacité et qui sont que des vaches à lait pour certains, doivent cesser. Il faut prendre le taureau par les cornes. Le clergé doit aussi s’impliquer et constituer une source de pression sur les politiques afin de le remettre sur le droit chemin.

A cet égard, il n’est pas normal qu’on n’ait pas enregistré la moindre réaction d’indignation du clergé centrafricain face au hold-up électoral de Bozizé et de son KNK alors qu’on était en face d’un grave déni de démocratie en raison des fraudes électorales à vaste échelle. L’Eglise catholique de Centrafrique ne doit pas demeurer indifférente aux privations de libertés, aux violations des droits de l’homme et à toutes ces dérives autoritaires du régime en place. Elle doit les dénoncer car elles sont sources de troubles dans la cité.

Aujourd’hui, même les hommes de Dieu ne sont pas épargnés et deviennent aussi victimes des troubles politico-militaires. Cela doit interroger tout le monde. Mgr Edouard Mathos est évêque de Bambari certes mais aussi président de la Conférence épiscopale de Centrafrique et vice-président de l’Association des Conférences Episcopales d’Afrique centrale. Le Médiateur de la République est actuellement l'ancien archevêque de Bangui, Mgr Paulin Pomodimo. Toutes ces instances doivent réfléchir autour de ces questions afin de trouver les meilleurs moyens de pacifier la RCA.

 

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