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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 00:03

 

 

 

 

Bozizé ailleurs

Zama-Javan-Papa.jpg

 

Zama Javan Papa


 

Le fait pour les douaniers de l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle d’avoir saisi et détruit le 25 septembre 2012 dernier les aliments de tous les passagers en provenance de Bangui dont le Président du MLPC, Martin Ziguélé qui a voyagé sur ce vol, dans le cadre d’une campagne de protection de certaines espèces animales, vous a donné l’occasion à travers les antennes de radio Centrafrique que vous vous êtes appropriée, de mettre sur la place publique vos pensées profondes ainsi que celles de votre mentor et maître à penser, le général François Bozizé.


Je m’étonne que les incidents de cette nature dont ont pourtant été victimes bien avant Martin Ziguélé, beaucoup de personnalités anciennes et actuelles ainsi que nombre de compatriotes – par exemple Mlle Nadège Bafatoro, sœur cadette de Renée Madeleine Sambo Bafatoro, députée KNK de Carnot 1, compagne du Président et député François Bozizé, le 18 septembre 2012 et dont la totalité des viandes destinée à la vente – n’aient pas donné lieu à autant de publicité négative.


La liberté d’aller et venir, de s’organiser en association ou en parti politique, le droit à la différence et d’appartenance à l’Opposition politique, sont autant de valeurs consacrées par la Constitution du 27 décembre 2004 de la République Centrafricaine et les textes réglementaires. L’ère de la pensée unique, du parti unique et de la dictature est à jamais révolue en République Centrafricaine. Il faut le savoir.


La campagne de dénigrement du Président du MLPC, à la lumière des termes, des idées, des images et du niveau de langue employé, a surtout permis de savoir que c’est le fait pour ce dernier de jouir de sa liberté d’aller et venir et de son droit à la différence et au libre choix de ses amis, qui vous choque et qui n’est pas toléré par le régime et ses porte-voix. Car si tant est que les relents des viandes boucanées étaient si répugnants et délictueux, tout autant qu’ils font la honte de ceux qui le transportent, que diriez-vous du général François Bozizé qui les hume depuis plus de dix ans, compte tenu de la proximité de sa résidence avec le plus grand marché de viande boucanée de Bangui ?


Plus grave, la décision du général François Bozizé d’aller commémorer à Paris le 52ème anniversaire de l’indépendance de la République Centrafricaine le 13 août 2012 dernier, a entraîné le convoyage par lui-même et la délégation qui l’a précédé d’une très importante quantité d’espèce faunique centrafricaine, notamment les chenilles, les singes, les antilopes, les gazelles et autres rats palmistes. Bonjour la protection des espèces !


Que je sache, ce convoyage ainsi que la bamboula à laquelle il a servi, au grand bonheur des compatriotes ayant pris part à ce banquet, n’a pas fait les choux gras de votre émission fétiche. Bien au contraire. C’est cela l’hommage du vice à la vertu ou mieux ou l’art du deux poids deux mesures.


Il y a bientôt dix ans que le général François Bozizé est au pouvoir. Dix ans au cours desquels sa mal gouvernance des affaires de l’Etat est unanimement décriée. Elle a eu pour conséquences, la malnutrition, la famine, la flambée des prix des produits agricoles et denrées de première nécessité, la faillite des systèmes de l’éducation et de la santé, la corruption, l’impunité, l’insécurité et j’en passe.


Il est tout de même surprenant et scandaleux qu’après presque dix ans de pouvoir, vous n’expliquiez tous les échecs enregistrés par votre régime – et ils sont nombreux – que par l’intervention des « Banyamuléngués » et l’exercice du pouvoir par le MLPC, exercice auquel le général François Bozizé a mis fin par son coup d’Etat le 15 mars 2003. On voudrait prendre les Centrafricains pour des canards sauvages qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Jusqu’à quand ?


Que le général François Bozizé se souvienne de ses conspirations et l’insécurité que son obsession pour la pouvoir l’amenait à entretenir régulièrement pour empêcher le MLPC de gouverner car il risque d’améliorer les conditions de vie du Peuple centrafricain et gagner la sympathie au leader d’alors et à sa politique.


Les réalisations anarchiques et toujours intéressées qui font illusion aujourd’hui mais qui résultent toutes d’une gestion clanique, affairiste, mafieuse et à la petite semaine – sans planification – ne peuvent être assimilées à un changement moins encore à un développement. Il suffit de constater l’état des infrastructures du pays et les divers classements mondiaux de la République Centrafricaine pour s’en convaincre.


Est-il besoin de rappeler aux « bâtisseurs » actuels de la RCA qu’une politique bien articulée donne des résultats probants à moyen terme, c’est-à-dire à partir de la 3ème année. On n’a pas besoin de s’éterniser au pouvoir pour cela.


Si après dix ans, la famine est confortablement installée dans le pays, que des cas de malnutrition sévère sont constatés à grande échelle, que des directeurs des hôpitaux en soient réduits à faire fouiller dans les vestiaires de leur personnel pour saisir des lots de médicaments de la rue qu’il vient vendre pendant ses tours de service, que les rues et routes sont toutes dégradées, que les ponts sont tous effondrés, une vérité s’impose, implacable : Bozizé a échoué sur toute la ligne !


Il est particulièrement indigne et cynique que ce soit vous, jeunes issus de la génération sacrifiée qui auriez pu devenir, n’eût été votre griotisme forcené, au mieux des soldats indisciplinés, des vigiles ou des conducteurs de moto-taxi, au pire des drogués au tramadol (tramol), au chief ou à l’Officer qui en soient réduits, après tout, à vanter les mérites de Bozizé votre bourreau. Comble de paradoxe.


L’incapacité de l’un (Séverin VELE-FAÏMINDI) à exercer comme rédacteur de débat à l’Assemblée nationale et de l’autre (Abakar PIKO) comme Préfet de la Lobaye (où le racket des sociétés et commerçants au nom du Général François Bozizé était devenu son exercice de prédilection) vous a valu à tous les deux d’être débarqués de ces fonctions auxquelles votre promoteur a cru un instant que vous seriez capables de les assumer. C’est pourquoi, le seul refuge qui vous est possible, parce que ne requérant aucune qualification particulière que celle de déblatérer sur les personnalités de l’Opposition avec le feu vert de votre mentor, reste la Cellule de la Communication de la Présidence de la République et l’émission Yé so é lingbi ti hinga sur le média d’Etat qu’est Radio Centrafrique.

 

Quant à Zama Javan Papa (Monsieur vous mentissez) et sa kleptomanie, on se souvient encore après son tour à la Section de Recherches et d’Investigations (SRI). Tous trois sachant à peine conjuguer un verbe du 1er groupe au présent de l’indicatif en Français mais surtout eu égard à votre passé bien connu de beaucoup de Centrafricains – sur lequel par décence je me tais mais y reviendrai avec force détails au cas où vous vous entêteriez à persister dans votre sordide et indigne entreprise - on comprend mal que vous puissiez à ce point être responsabilisés, qui plus est, à la Présidence de la République, réservée en principe à la crème de l’intelligentsia nationale. Retenez que le jugement de l’Histoire vous attend un jour pour vous donner l’occasion de rendre compte de vos actes, comportements et propos.


La jeunesse centrafricaine dont vous faites pourtant la honte mais que vous poussez, du fait de votre engagement aveugle à défendre l’indéfendable, se moque royalement de vos agissements et réprouve ce que votre mentor et sa progéniture lui fait subir. Il n’y a pas meilleure illustration que les événements du 2 août 2012 résultant de l’engagement payant dans l’armée centrafricaine, en réalité une vaste escroquerie qui a laissé sa marque indélébile sur le corps de la Jeunesse centrafricaine qui attend toujours d’être remboursée. Malheureusement, face à la détresse de celle-ci, votre régime fait le sourd et joue à l’aveugle. Jusqu’à quand ?

 

Sous ma plume désormais, étant entendu que la Présidence de la République dont vous êtes issus et d’où vous prenez vos directives de calomnies, le ministère de la communication qui vous donne libre accès à son antenne en y empêchant les autres, le Haut Conseil de la Communication qui vous bénit mais qui réprimande les autres, vous trouverez coup pour coup, une réplique en règle à vos campagnes contre les leaders politiques de l’Opposition empêchés par votre régime d’accéder aux médias d’Etat mais monopolisés par vous leurs détracteurs. Ce ne sera que justice. A bientôt.


Bangui, le 12 novembre 2012

 

Un Centrafricain Indigné

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion