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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 00:21

 

 

 

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NEW YORK (Nations unies) - AFP / 08 avril 2011 23h53 - Les troupes fidèles au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo ont regagné vendredi du terrain à Abidjan et sont toujours en possession de chars ainsi que d'"armes lourdes", a indiqué le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Alain Le Roy.

Les forces pro-Gbagbo ne sont plus qu'à un kilomètre de l'hôtel dans lequel le président reconnu internationalement, Alassane Ouattara, a établi son quartier général, a souligné M. Le Roy lors d'un point de presse organisé après une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la crise en Côte d'Ivoire.

"Il est évident", a-t-il dit, que les soldats du camp Gbagbo "ont pris l'accalmie de mardi comme prétexte pour renforcer leurs positions".

Ces troupes "ont toujours de nombreuses armes lourdes à disposition", a affirmé Alain Le Roy, qui a dit avoir vu des photos sur lesquelles apparaissent des chars, des lance-roquettes, des lance-grenades et des véhicules de transport de troupes.

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Côte d'Ivoire: l'ONU n'a pas projet de "couper les vivres" à Gbagbo

NEW YORK (Nations unies) - AFP / 08 avril 2011 23h52 - Les Nations unies refusent d'être impliquées dans toute stratégie visant à "couper les vivres" au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, retranché dans la résidence présidentielle à Abidjan, a indiqué un haut responsable de l'ONU vendredi.

Les forces des Nations unies en Côte d'Ivoire n'ont aucun mandat pour "couper les vivres à quiconque", a indiqué le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Alain Le Roy.

"Nous n'avons rien à voir avec cela. Que les choses soient claires. Nous ne soutenons en rien cela, et nous n'y prenons pas part", a-t-il martelé.

Les forces fidèles à Alassane Ouattara, le président ivoirien reconnu par la communauté internationale, ont évoqué l'idée d'affamer Laurent Gbagbo pour le faire sortir du palais présidentiel à Abidjan où il s'est retranché.

Interrogé sur le fait de savoir si les Nations unies allaient lui apporter des vivres, Alain Le Roy a répondu qu'aucune décision n'avait été prise. "Peut-être bien", a-t-il néanmoins précisé.

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Abidjan: le camp Gbabgo dément l'attaque contre la résidence de l'ambassadeur de France

ABIDJAN - AFP / 08 avril 2011 22h15 - Le gouvernement du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo "dément formellement" que ses forces aient attaqué vendredi la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan, a déclaré à l'AFP son porte-parole Ahoua Don Mello.

"Nous démentons formellement l'attaque de la résidence de l'ambassadeur de France. Toutes les armes lourdes de la résidence du président Gbagbo (qui jouxte le bâtiment, ndlr) ont été détruites, eux-mêmes (les Français) l'ont affirmé. Ce sont des manoeuvres dilatoires pour attaquer (la télévision d'Etat) RTI qui vient de reprendre et la résidence du président Gbagbo", a ajouté le porte-parole.

Auparavant, l'ambassade de France avait annoncé dans un communiqué que la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan - située près de celle du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo - a été vendredi la cible de tirs d'armes lourdes des forces pro-Gbagbo.

"Le 8 avril à 16 heures (locales et GMT) la résidence de France située dans la commune de Cocody a été la cible de deux tirs de mortier et d'un tir de roquette à partir de positions tenues" par des éléments des forces armées toujours loyales à M. Gbagbo, indique l'ambassade.

"C'est la deuxième fois en moins de 48 heures que cette emprise diplomatique fait l'objet d'une attaque délibérée", poursuit-elle. Mercredi soir, la résidence de l'ambassadeur de France avait été attaquée par les forces pro-Gbagbo à l'occasion de l'exfiltration de l'ambassadeur du Japon dont la demeure officielle est située à proximité.

"La France rappelle que conformément à la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU, "les forces impartiales (mission onusienne ONUCI et force française Licorne)" sont en droit de mettre en oeuvre leur mandat afin de prévenir l'usage d'armes lourdes par toutes les parties du conflit", conclut l'ambassade de France.

M. Gbagbo qui refuse de céder le pouvoir se trouvait toujours vendredi soir dans sa résidence défendue par le dernier carré de ses fidèles au sein de l'armée ivoirienne.

La RTI dont le siège est situé dans le secteur de la résidence de M. Gbagbo, au coeur des combats des derniers jours, a repris ses émissions vendredi après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP. Elle diffusait notamment des séries télévisées.

La RTI avait été ciblée lundi soir lors des frappes de l'ONU et de la France sur les dernières place-fortes de M. Gbagbo à Abidjan

En milieu d'après-midi et en début de soirée, des combats à la mitrailleuse lourde et à l'arme légère ont fait rage dans le périmètre qui englobe la résidence de M. Gbagbo, la RTI et l'école de gendarmerie, trois bastions du président sortant, ont rapporté un journaliste de l'AFP et un habitant.

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Comment Sarko a appuyé l’offensive anti-Gbagbo

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre.

Le Canard enchaîné (6/4/2011)

 

L'ENTRÉE en guerre de la France contre les forces de Gbagbo, le 4 avril, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l'ONU, Paris n'a laissé à personne d'autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu'un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en Conseil des ministres comme en privé, le chef de l'Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, « le dictateur sanglant de Côte d'Ivoire ». Au point de s'avouer, le 5 avril, « à bout de patience » (voir page 2).

Outre les nombreuses et violentes exactions de ses partisans, Gbagbo avait aussi ridiculisé Sarko. En décembre 2010, après la victoire, proclamée par l'ONU, de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait donné « quarante-huit heures » au vaincu pour quitter le pouvoir. Un oukase superbement ignoré pendant plus de trois mois...

Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent. N'était-il pas accusé de perpétuer la « Françafrique », ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que Bouygues, Bolloré, Veolia ? Mais, après l'échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l'ancienne puissance coloniale n’était pas la mieux placée » pour intervenir.

En janvier, devant l'Union africaine, il ose même affirmer : « La France ne veut donner de leçons à personne. » Il faut dire que les événements de Tunisie, d'Egypte ou de Syrie n'ont guère fait briller la diplomatie tricolore.

La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d'ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d'officiers supérieurs au « Canard », la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L'un d'eux, proche de l'Elysée, se félicite de « notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan ». Il est vrai qu'en moins de quatre jours les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : «On a fourni des conseils tactiques aux FRCI », mais aussi « des munitions et des Famas (fusils d'assaut). »

Barbouzes aux premières loges

De son côté, le contingent militaire français est porté, le 4 avril, à 1 700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent Licorne ont été notamment renforcés par des Rambo de la Direction des opérations (ex-Service action) de la DGSE et des Forces spéciales.

Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l'entourage de Ouattara. A 19 h 30, quatre hélicos Puma, soutenus par des MI 24 de l'Onuci, commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, « l'ancienne puissance coloniale » bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.

Armement à prix d'or

Cet héroïque canardage, qui, selon l'Elysée, laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan. D'abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches. L'armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l'étonnement des Ivoiriens. Si l'aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d'autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par « Le Canard », des proches de Ouattara ont monnayé en 2009 et en 2010 d'importantes quantités d'or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l'ONU. Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l'état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo.

L'image du camp Ouattara - présenté par certains comme 1'« axe du bien » - restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duékoué, par exemple plusieurs centaines de morts seraient, selon l'ONU et diverses organisations internationales, surtout imputables aux FRCI, les forces de Gbagbo se voyant aussi accusées d'atrocités.

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire de la démocratie.

 

Jean-François Julliard

© Le Canard enchaîné.

 

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