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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 03:33

 

 

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Les Centrafricains ont appris sans doute avec écoeurement que le lundi 6 juin dernier, soit le même jour et pendant que le médecin-chef de l’Hôpital d’Obo et son chauffeur se faisaient lâchement canarder comme du gibier dans leur véhicule en train de faire leur travail par les assassins de la LRA, leur président François Bozizé se trouvait tranquillement non loin de là dans la ville de Bangassou en train de procéder à l’inauguration d’une station d’essence.

Dans un pays comme la RCA, un médecin tué représente non seulement plusieurs vies humaines qui ne pourront plus être sauvées mais c’est surtout une perte énorme au regard des sacrifices consentis pour former un médecin. Cela souligne d’autant plus le côté dérisoire voire indécent de la présence de Bozizé à une cérémonie d’inauguration d’essence alors que les Centrafricains qui attendent leur président, qui se dit général d’armée, dans les endroits ou zone où sévissent des rébellions sanguinaires comme la LRA, ne l’y voient guère.  

On peut beau expliquer l’importance et l’utilité d’une station d’essence pour la ville de Bangassou mais on justifiera difficilement qu’un chef d’Etat puisse se déplacer sur près de huit cent kilomètres, juste pour inaugurer une station d’essence. En réalité, des liens que seule la psychanalyse pourrait expliquer, existent entre Bozizé et les hydrocarbures ou plus prosaïquement, le pétrole.  Sans une connaissance de certains éléments d’appréciation dans le parcours personnel de Bozizé, on ne peut qu’être sidéré par le comportement de ce monsieur. En effet, le pétrole est son véritable péché mignon.

C’est un secret de polichinelle que c’est notamment avec l’argent que lui a rapporté la vente à la station du quartier BEA REX (PK 4 sur l’Avenue Boganda) du carburant de l’armée qu’il détournait lorsqu’il était chef d’état-major des Faca et du stock de PETROCA que lui et son complice Sani Yalo siphonnaient sur le dos de l’Etat à travers ses sociétés bidons SICOTRANS et ZONGO-OIL, que Bozizé s’est constitué le magot qui lui servi et permis de recruter des mercenaires tchadiens et de tenter à plusieurs reprises des coups d’Etat pour renverser le président Patassé et s’emparer du pouvoir.

Son goût immodéré pour la vente du pétrole date de cette époque où il a su et pu tirer un grand profit financier. Le coût du carburant, il l’a aussi mesuré pendant sa période de traversée du désert où il faisait le taxi-brousse. Même devenu chef d’Etat, Bozizé n’a nullement renoncé à vendre du pétrole bien au contraire. Il a mis en coupe réglée le pays et le parc des stations d’essence à travers l’ensemble du territoire national et réussi à mettre en place un astucieux système de prédation qui lui permet de percevoir également à son profit personnel une bonne partie de la taxe sur les produits pétroliers qui devrait aller dans les caisses du trésor national.  

Plusieurs stations d’essence de la capitale (station BEA REX, station carrefour du 4ème arrondissement, station du Lycée des Martyrs,  station Hôtel Oubangui ex SOFITEL, station du Marché central, etc…) et aussi dans certaines villes de provinces (station Damara, station de Bossangoa, Bossembélé, Yaloké, etc…on ne pourrait les citer toutes) lui appartiennent ainsi qu’à son fils Francis, ses sœurs, ses neveux et autres parents et amis. Tant et si bien qu’il ne pouvait à un moment donné qu’entrer dans un sérieux conflit d’intérêt avec TOTAL CENTRAFRIQUE dans la commercialisation des produits pétroliers dans le pays. On a aussi encore en mémoire le long bras de fer engagé par Bozizé avec TOTAL via son argentier Sylvain Ndoutingaï  et SOCAPS et la Cour constitutionnelle que TOTAL a dû saisir avec ce contentieux.  

A ce jour, la RCA qui n’est pas encore un pays producteur de pétrole est dirigée par un président qui est déjà un grand vendeur de pétrole et possède aussi plusieurs stations d’essence. On s’explique aussi pourquoi il est si pressé, se pourlèche les babines et espère que le pétrole centrafricain de Birao à la production duquel s’affairent actuellement les Chinois depuis quelques mois déjà, jaillira vite pour qu’il puisse profiter des royalties avant de quitter éventuellement le fauteuil du pouvoir.

Rédaction C.A.P

 

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