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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 02:24

 

 

 

Bozize-ailleurs.JPG

Il est vraiment affligeant de constater que pour certains compatriotes, dès qu’il est question de dialogue inter-centrafricain, ils voient directement « formation de gouvernement » et ne comprennent pas que d’autres, tirant leçons des roublardises passées de Bozizé, veuillent déblayer le terrain pour la tenue d’un vrai dialogue tout en ne le laissant plus seul maître du jeu afin qu’il ne s’assoie encore sur les résolutions adoptées par consensus. Se hâter pour former un gouvernement sans feuille de route et sans mission précise va conduire encore immanquablement à l’échec.  

Qu’ont apporté et qu’apportent concrètement à la construction du pays et à la résolution de ses difficultés, les gouvernements  successifs de Bozizé depuis son coup d’Etat du 15 mars 2003 ? RIEN ! Quand on sait que ces gouvernements sont composés presqu’uniquement de personnalités plus ou moins opportunistes, égoïstes et sans grande conviction, débauchées ici et là et dont les ambitions personnelles et les points de vue entrent rapidement en contradiction avec les intérêts de Bozizé, le pays ne peut y trouver son compte.

Depuis son arrivée au pouvoir et ce jusqu’à ce jour, Bozizé n’a toujours nommé comme premier ministre, que des personnalités lisses, ineffables, sans saveur, dont le profil et l’objectif recherché par celui qui les nomme, est qu’ils soient tout simplement des béni oui oui et qu’ils ne puissent jamais le contredire. Le cas de Faustin Archange Touadéra est le plus caricatural de ces nominations de premier ministre. Pour avoir été reconduit à deux reprises sans que rien d’objectif et de sérieux ne puisse le justifier, il est celui qui a avalé le plus de couleuvres sans jamais rien dire. Les Centrafricains connaissent à peine le timbre de sa voix mais c’est ce que Bozizé veut. Malheureusement, le pays s’enfonce chaque jour davantage et cela ne doit pas continuer ainsi indéfiniment.

Il faut résolument changer maintenant de politique en abandonnant celle qui a lamentablement échoué jusqu’ici. On doit clairement changer de fusil d’épaule en contraignant Bozizé à ne plus être seul maître du jeu dans le pays en se retranchant derrière la défense d’une constitution qu’il n’a eu de cesse de violer dans plusieurs de ses dispositions. Le fait qu’il donne l’illusion de vouloir dialoguer avec l’opposition tout en cherchant déjà à débaucher certaines figures de cette même opposition est bien la preuve que le dialogue à la Bozizé est aux antipodes de celui que souhaitent et veulent  les Centrafricains comme seule solution pacifique de sortie de crise.

Le fait que le président d’un pays voisin, en l’occurrence Idriss Déby Itno dont on connaît le degré d’implication dans les problèmes centrafricains et l’OIF soient à l’initiative, ne peut qu’être profitable au pays, à l’opposition et cette opportunité doit être saisie au bond. Cela dit, il ne peut pas non plus donner un chèque à blanc à Bozizé dont le souci est de gagner du temps en faisant tourner les choses en rond. Ayant gravement échoué dans la gestion des affaires du pays qu’il a conduit  dans l’impasse, il doit maintenant arrêter d’invoquer à tout bout de champ le respect de la constitution en se retrancher derrière elle. En 2008, à quelques jours de l’ouverture du DPI, il avait déclaré : « après les bavardages, on verra ». Pour lui, tout dialogue est un « bavardage » inutile que cherche toujours à imposer l’opposition, composée d’intellectuels pour qui il a le plus grand mépris. On a vu ce que cela a donné c’est-à-dire RIEN !

Si nouveau dialogue il y a encore, Bozizé doit comprendre qu’il n’est pas légitime parce qu’il émane d’élections bâclées aux résultats frauduleux et contestés qui ont entraîné un long blocage du pays. Dès lors, il doit faire profil bas en renonçant à son projet déplacé de modification de la constitution et permettre que les fils de Centrafrique parlent vraiment de l’avenir de leur pays en tout sérénité afin d’arrêter des solutions consensuelles qu’il doit ensuite mettre en œuvre. Il ne sert à rien de se précipiter, vouloir faire de la fuite en avant ni de chercher dès maintenant à former un gouvernement comme il s’en est formé de multiples fois auparavant sans impact réel sur la catastrophique situation du pays et des Centrafricains.

 La Rédaction

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