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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 17:47

 

 

 

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LE MONDE | 01.01.2013 à 17h15Par Christophe Châtelot

 

Si les rebelles du Séléka veulent s'emparer de Bangui et faire tomber le régime de François Bozizé, comme ils le prétendent à coups de communiqués, il faudra qu'ils livrent une autre bataille que celle de la communication. Depuis le début de leur offensive éclair, le 10 décembre 2012, il n'a fallu que quelques jours à cette coalition hétéroclite pour traverser le pays du nord au sud sans rencontrer beaucoup de résistance de la part d'une armée centrafricaine en débandade. Presqu'une promenade de santé de plus de 300 kilomètres, qui a mené ces combattants que l'on dit bien armés et disciplinés jusqu'à la ville de Sibut, à 160 kilomètres au nord de Bangui.

 

Il n'est pas sûr que les rebelles puissent aller beaucoup plus loin. Le président tchadien, Idriss Déby le leur a signifié, lundi 31 décembre 2012, en haussant le ton. "La Communauté économique des Etats d'Afrique centrale [CEEAC] a décidé de faire respecter la cessation des hostilités. A cet effet, la ville de Damara constitue la ligne rouge à ne franchir sous nul prétexte", écrit le chef de l'Etat tchadien dans un communiqué. Damara, c'est le dernier verrou militaire avant Bangui, distant de 75 km. C'est une ville où s'est regroupée une partie de l'armée centrafricaine, renforcée par des troupes de la Micopax (Mission de consolidation de la paix en Centrafrique) déployée par la CEEAC depuis 2008, au lendemain d'une autre de ces rébellions récurrentes dans le pays.

 

Les forces prêtes à défendre "la ligne rouge" ont aujourd'hui atteint une taille critique pour le Séléka. Il y a quelques jours, le Tchad, véritable parrain de Bangui, avait déjà envoyé des renforts en Centrafrique. Leur nombre est inconnu, mais la réputation combattante des soldats tchadiens n'est plus à faire. Lundi, 150 soldats congolais sont arrivés de Brazzaville. Quelque 120 Gabonais et autant de Camerounais étaient attendus mardi à Bangui. Ce qui portera à près de 800 le nombre de soldats de la Micopax déployés en Centrafrique, auxquels s'ajoute le contingent français basé à Bangui, porté de 250 éléments à 600 au cours des derniers jours.

 

"BOZIZÉ DOIT PARTIR, C'EST CLAIR"

 

Leur mission, a rappelé François Hollande, n'est pas de sauver le régime chancelant de François Bozizé, il est de protéger les ressortissants français vivant en Centrafrique. Mais il constitue une réelle force de dissuasion contre la rébellion si celle-ci, forte de 1 000 à 2 000 hommes selon certaines estimations, décidait de lancer la bataille de Bangui pour déloger le président.

 

Lundi, le Séléka continuait toutefois de se dire prêt à partir à l'assaut. "Bozizé doitpartir, c'est clair, on réclame son départ, qu'il quitte le pouvoir", déclarait à l'AFP l'un des porte-parole de la coalition rebelle du Séléka, Eric Massi, qui se disait prêt à "sécuriser Damara" avant de fondre sur Bangui.

 

Intoxication ? Il est difficile de dire si le Séléka dispose de la force de frappe nécessaire pour faire tomber Damara puis la capitale. A supposer que ce soit le cas, la rébellion est aujourd'hui soumise à une pression diplomatique croissante qui pourrait bien l'amener à s'asseoir à la table des négociations, comme le lui demandent expressément la CEEAC, la France – l'ancienne puissance coloniale – et les Etats-Unis.

 

Ce ne serait pas nécessairement un mauvais calcul. La coalition a déjà atteint l'un de ses objectifs : exposer au monde la faiblesse du régime de François Bozizé, régime clanique et corrompu auquel le Séléka reproche notamment d'être revenu sur l'accord global de paix signé en 2008 à Libreville, qui prévoyait une indemnisation pour les anciens rebelles qui décidaient de déposer leurs armes.

 

Le chef de l'Etat, lui-même arrivé au pouvoir en 2003 à la tête d'un mouvement armé, va d'ailleurs de reculade en reculade. Après avoir accusé le Séléka d'être une fabrication étrangère, il a fini par admettre son caractère centrafricain, jusqu'à proposer des négociations immédiates et sans condition, puis de l'inclure dans un gouvernement d'union nationale.

 

Ces propositions, qui ressemblent à une capitulation ou à une manoeuvre dilatoire, ont reçu un certain écho au sein du Séléka. "Cette coalition regroupe au moins trois anciens groupes de rebelles, le CPJP, l'UFDR et le CPSK, qui se sont autrefois combattus", rappelle Michel Lunven, auteur d'un livre relatant ses années passées comme ambassadeur de France en Centrafrique. "Actuellement, il y a des divisions au sein du Séléka. Certains veulent continuer le combat, mais le CPSK est prêt à déposer ses armes et à discuter", a confirmé à l'agence Reuters Nelson Ndjadder, un responsable du CPSK établi en France. Finalement, la bataille de Bangui n'aura peut-être pas lieu.

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