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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:38


noirselysee.jpg

Source : Mwinda.org  Mercredi, 10 Février 2010 10:43

La Françafrique s'apprête à fêter avec faste son 50e anniversaire. A Paris et non pas à Brazzaville ou à Dakar, une vilaine idée qui ne traversera jamais l'esprit des chefs de comptoirs coloniaux d'Afrique qui font office de chefs d'Etat africains : ces derniers iront faire allégeance à la " mère patrie ",  s'aplatir aux Champs Elysées où leurs " armées " défileront le 14 juillet 2010 à l'occasion de la fête nationale française.

De rares intellectuels africains patriotes tentent de résister comme ils peuvent. Ci-dessous la modeste contribution de Calixte Baniafouna à ce combat pour la dignité de l'Afrique.

A lire une interview accordée à radio Réveil-FM  à l'occasion de la parution de son livre " Les Noirs de l’Élysée, Des présidents pas comme les autres ".

Extraits

Le 14 juillet 2010, pas moins de 14 armées africaines ex-colonies françaises vont défiler sur les Champs Élysées, qu'en pensez-vous ?



C’est révoltant ! Très révoltant ! Mais, il faut resituer les faits dans leur contexte. En ayant promis la « rupture » avec les dictateurs africains lors de sa campagne présidentielle de 2006-2007, Nicolas Sarkozy qui, acteur lui-même du temps où il n’était que ministre, en voyait tant et tant des pratiques des réseaux françafricains, y croyait réellement. Avant même son accession à l’Élysée, le duo Chirac-De Villepin lui a clairement signifié l’impossibilité de gagner des élections de ce niveau sans l’apport des financiers-dictateurs africains. Comme il tenait à l’atteinte de ses ambitions présidentielles, il était dans l’obligation de tomber dans les bras du « doyen » de la Françafrique, Omar Bongo, qui lui avait donné sa contribution en monnaie sonnante et trébuchante. Ce bakchich n’a rien de nouveau dans les campagnes présidentielles de la Ve République. Simplement, corrompu jusqu’à la moelle épinière avant même l’élection présidentielle au point de n’en plus se voiler la face en l’appelant en premier pour le remercier le jour même de son entrée à l’Élysée, ses tout frais électeurs découvrent aux dépens que le président Sarkozy n’est pas vraiment à l’écoute du candidat Sarkozy. Il n’aura d’ailleurs pas de temps de répit puisqu’il sera d’emblée l’otage des caciques de la droite française et de ses amis hommes d’affaires dont les plus solvables opèrent en Afrique des dictateurs et à qui il s’empressera d’offrir un paquet fiscal. Impuissant face à l’hégémonie incontestée des États-Unis et à la montée vertigineuse de la Chine, celui qui vient de rompre avec la « rupture » ne compte plus que sur la politique intérieure pour un baroud d’honneur. Or, là encore, la crise monétaire met illico au régime le pouvoir d’achat des Français : l’échec est cuisant. Il n’est pas en effet nécessaire de sortir de l’ENA pour qu’en observateur modeste de la politique française on comprenne que chaque discours du président Sarkozy en efface un autre et que, de discours mielleux en discours mielleux, il finit par faire pire que tous ses prédécesseurs qu’il critiquait, en politique africaine de la France tout au moins. Dans ce fourre-tout que représente cette « non-politique intérieure et extérieure » de Nicolas Sarkozy, ce dernier a fait le choix non seulement de foncer dans la continuité mais aussi de gratter le fond du tiroir des pratiques néocoloniales pour essayer de faire tenir à la France un semblant de place dans le monde des puissants. Et la seule façon d’y parvenir, c’est-à-dire de prolonger l’agonie d’une politique africaine de la France désormais sans issue et vouée à être repensée, c’est de se rabattre sur les marionnettes les plus attitrées des anciennes colonies qui, à ce jour, sont les seules au monde à continuer de considérer la France comme une grande puissance. La seule façon de faire oublier aux dictateurs décriés lors de sa campagne présidentielle les propos de vilains petits canards qu’ils étaient à ses yeux, c’est de les percher sur un piédestal encore plus élevé que celui sur lequel l’ancienne métropole les avait placés jusque-là : blanchissement de tout soupçon de vol des biens de leur peuple pour les dictateurs les plus redoutables traduits en justice, revalorisation par des élections arrangées des régimes aux mandats à durée indéterminée, relance des sommets françafricains (en avril prochain à Paris), défilé le 14 juillet sur les Champs Élysées des armées néocoloniales d’Afrique, renforcement du système dynastique en cas de fin de vie d’un guignol affranchi d’amour propre, etc.

Les fils remplacent les pères au pouvoir en Afrique. Les dynasties politiques ne montrent-elles pas les limites des élections sur le continent ?

Le système d’alternance dynastique en Afrique, initié en RDC, puis au Togo, par Jacques Chirac, et poursuivi par Nicolas Sarkozy au Gabon et demain à qui le tour ? est la forme achevée du néocolonialisme français sur ses anciennes colonies d’Afrique noire, et la manifestation éhontée du mépris et du refus de voir le peuple africain s’émanciper par le libre choix de leurs dirigeants. Je ne pense pas qu’il s’agisse là d’une limite des élections en Afrique. Car du fait des élections observées ici et là dans ce pré-carré français, il ne s’agit ni plus ni moins que des arrangements pour donner un semblant de légitimité dans une parodie de démocratie à ceux-là qui ont définitivement tourné le dos à la cause africaine. Les pères ont confisqué l’indépendance de l’Afrique pendant un demi-siècle et parmi eux existent des demi-dieux qui ont encore du parfum de jeunesse comme Sassou Nguesso, Compaoré, Bozizé, Deby et j’en passe. S’il faut que leurs enfants tirent aussi leur demi-siècle et ainsi de suite, vous imaginez les barrières que la France dresse à l’avenir de ce sous-continent ! D’où la nécessité d’une révolution radicale et immédiate des mentalités. Et l’impératif des intellectuels africains intègres de sortir de l’individualisme pour insuffler du courage aux populations en vue d’organiser des forces sociales et culturelles capables de booster dehors ces traîtres-corrompus, de permettre le libre choix des dirigeants et de mettre en place des institutions véritablement démocratiques sans lesquelles aucun décollage, aucun développement ne sera possible en Afrique.

 

 

 

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