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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 01:15

 

 

Bozize KNK

 

Depuis Paris où il affirmait se trouver, le truculent ministre intérimaire de la Communication, Fidèle Gouandjika, a annoncé, vendredi 10 septembre sur les ondes de Radio Centrafrique, qu'il venait d'expédier à Bangui une cargaison d'insecticide acquise sur instructions du président François Bozizé et destinée à être distribuée gratuitement aux cotonculteurs centrafricains en récompense de leurs efforts qui ont permis la réalisation d'une production de 11 000 tonnes pour la campagne cotonnière 2009-2010.

Ce même jour, le conseiller en communication à la présidence de la République, Henri Pascal Bolanga, annonçait, lors d'une rencontre avec la presse à Bangui, l'organisation, avec l'appui de quelques généreux sponsors (Telecel notamment), l’organisation de jeux concours (jeu radiophonique et composition musicale) sur le thème « bon anniversaire monsieur le président ». En attendant le tirage au sort le 12 octobre prochain sous le très haut patronage du chef de l'Etat, censé fêter son 64ème anniversaire 2 jours après, les participants à ce jackpot radiophonique aux motivations électoralistes inavouées devraient se voir récompenser par la remise de petits « cadeaux » destinés à « renforcer la relation entre la population et le chef de l'Etat ».

Le lendemain, 11 septembre 2010, Dame Monique Bozizé, volait à son tour au secours des victimes des pluies diluviennes de Bossangoa, par l'intermédiaire de sa fondation dénommée Femmes Enfants Solidarité.

En marge des cérémonies commémoratives du 50ème anniversaire de l'indépendance, le lieutenant-colonel Sylvain Ndoutingaï, ministre des Mines et de l'Energie, par ailleurs neveu officiel du chef de l'Etat, avait déjà donné des signes de cette générosité contagieuse qui s'est emparée du « Village Bozizé ». Contraint à un singulier duel électoral pour  les prochaines législatives à Berbérati contre l'ancien président Ange Félix Patassé, Ndoutingaï s'est rappelé au bon souvenir des artisans miniers qu'il avait littéralement « braqués » quelques mois plus tôt en confisquant leurs diamants, leur argent, leurs outils de travail et leurs biens par une remise de matériel agricole à ceux parmi eux qui se sont  reconvertis dans l'agriculture.

Il faut dire qu'il a de qui tenir puisqu'avant lui, son président d'oncle a posé, coup sur coup, la première pierre d'une cimenterie dans la commune de Bimbo (sud-ouest de Bangui) ainsi que celle de deux lycées scientifiques à Benzambé (chez lui, dans l'Ouham) et à Boyrabé, dans le 4ème arrondissement de Bangui où il est candidat à l’élection législative.

Même si ces largesses présidentielles interviennent à la veille d'élections qui le mettent aux prises à de redoutables adversaires, tels que l'avocat Nicolas Tiangaye aux législatives dans le 4ème arrondissement de Bangui, l'ancien président Ange Félix Patassé et surtout son ancien Premier ministre Martin Ziguélé pour la présidentielle, quiconque les assimilerait à des promesses électorales serait de mauvaise foi et manquerait de suite dans les idées.

 Ce n'est pas la première fois que François Bozizé pose en effet des premières pierres. Les Centrafricains se souviennent sans doute encore qu'en 2004 il avait posé à Bangui celle du futur siège de la Confédération africaine de la soie, suivie de celle d’une centrale hydroélectrique à Toutoubou, dans la Mambéré Kadéï et de celle d’un complexe touristique sur l'île de Mbongossoua, près de Bangui en 2008.

Mais problème : 6 ans après, le siège de la Confédération africaine de la soie et la centrale de Toutoubou n'ont toujours pas vu le jour, tandis qu'aux dernières nouvelles, les habitants expropriés de Mbongossoua auraient regagné leur terre, convaincus d’avoir affaire à une bande d’escrocs dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Il faut donc craindre qu’au village du pasteur Bozizé, les poses de premières pierres se suivent et se ressemblent...sur l'air de « laissez venir à moi les petits électeurs centrafricains. Le royaume de mon père… ».

Si elles venaient à se tenir, comme prévu, le 23 janvier prochain, les élections législatives et présidentielles devraient offrir aux « petits électeurs centrafricains » l’occasion de poser au bon pasteur, homme d’affaires et trésorier payeur général François Bozizé ainsi qu’à ses ouailles un certain nombre de questions naïves : d’où vient et où est passé l’argent destiné à la construction des infrastructures promises ? D’où vient l’argent distribué à tour de bras ? Les largesses présidentielles de ces derniers temps figurent-elles dans la loi de finances 2010 adoptée par les députés ?

En décidant de se jeter tous à la conquête du suffrage de leurs compatriotes qu’ils veulent payer cash avant les élections, Bozizé, ses rejetons et ses acolytes, dont le général d’opérette Ouandé est un exemple, donnent ainsi la preuve que la démocratie reste une valeur qui transcende les gâchettes de leurs armes et contre laquelle il est difficile de déroger. Seulement, les moyens d’y parvenir ne sont pas laissés à l’appréciation de chacun. Elle nécessite une conviction et une morale sans lesquelles on fait tout sauf  la démocratie. De la rébellion aux élections, il y a un pas que Bozizé et les siens veulent franchir au mépris des valeurs et des principes, reconnaissant de ce fait les limites de leurs armes que de tout temps, ils croient être la solution à tous les problèmes au point de les retourner contre leurs compatriotes aux mains nues pour les tuer et se créer d’autres problèmes.

La démocratie est un produit rare et à très forte valeur ajoutée que seuls les démocrates savent apprécier car faisant partie de leur être. En voulant le devenir coûte que coûte, Bozizé et les siens débouchent sur des situations loufoques et grotesques qui comblent de honte notre pays. Il est temps qu’ils s’arrêtent si tant est qu’ils éprouvent ce sentiment.

 

Rédaction C.A.P

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique